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bande fibreuse allant d’un angle à l'autre de l'œil et siégeant sur la conjonctive rétro-tarsienne, à peu de distance du bord tranchant de la paupière supérieure, D’autres traînées plus petites ne tardent pas à se faire parallèlement à Ia première. A un degré plus avancé des brides cicatricielles gagnent le culde-sac supérieur, l’effacent en partie, et acissant en même temps sur le carüllage tarse, l’incurvent du côté de la cornée. Enfin, à la période ultime, toute la conjonctive palpébrale supérieure est transformée en une bande de tissu fihreux très dense et fortement rétractile, le cul-de-sac a disparu, le cartilage est atrophié, rataliné et le bord de la paupière entropionné,.
Nous ne voulons certainement pas prétendre que ces faits ne soient bien souvent la conséquence de la maladie elle-même, mais ce que nous croyons pouvoir être en droit d'affirmer, c'est que les cautérisations fréquentes et surtout de longue durée ne peuvent qu'aider à la production de l’entropion et des lésions concomitantes à l’entropion.
Tant qu’on ne cautérise que les granulations superficiellement, et surtout au niveau des culs-desac, le mal n’est pas encore trop grand, mais dès queles granulations disparaissent sur certains points de la conjonctive, si par des caulérisations mal faites ces points viennent à être touchés par des caustiques, la rétraction cicatricielle prend de jour en jour plus de puissance et l’entropion se constitue avec la plus grande rapidité,
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Depuis longtemps M. le D° Fieuzal a renoncé, dans la majorité des cas, à l’usage des caustiques dans le traitement de la conjonctivite granuleuse.
Il les réserve spécialement pour les cas où les granulations sont récentes, volumineuses, abondantes, accompagnées d'écoulement muco-purulent et d’épaississement avec induration de la muqueuse el des tissus sous-jacents, quand l’hypertrophie considérable des villosités fait craindre le passage à l'état chronique. Dans ce cas, il se sert d’un cristal de sulfate de cuivre, dont les arêtes sont bien émoussées: puis, les paupières étant retournées, il touche les points malades de la conjonctive en ayant soin d'atteindre les culs-de-sac.L’excès des caustiques est enlevé au moyen de pulvérisations phéniquées. Ces cautérisations sont pratiquées à intervalles assez Jongs et ne sont jamais longtemps continuées. En dehors de ce seul cas, le traitement mis en pratique régulièrement chaque jour à, la clinique des Quinze- Vingts est celui des pulvérisations phéniquées avec la solution de 4/500. S'il survient une complication cornéenne, l'atropine et l’éserine sont mises alternativementen usage. La pommade à l'iodoforme a donné de très bons résultats dans les cas de pannus vasculaire. La marche de la conjonctivite granuleuse est excessivement lente, cela est vrai, mais nous croyons que cette affection guérit la plupart du temps spontanément et que les traitements violents institués contre elle ne sont pas toujours propres à en enrayer la marche. C'est pour avoir mécoanu cette
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terminaison naturelle que les médecins, en voulant juguler l’ophthalmie granuleuse, n’ont fait la plupart du temps que l’exaspérer. Le rôle du médecin consiste à veiller surtout sur les complications qui peuvent survenir du côté de la cornée. Les pulvérisations phéniquées suffiront pour parer à ce danger. nous a paru intéressant de rechercher sur tous les malades atteints de conjonctive granuleuse chronique qui se sont présentés à la clinique des Quinze- Vingts pendant une période de.trois mois, la durée de la maladie, le traitement institué, et la durée de ce traitement, enfin l’état du malade le jour où il venait à la clinique. Nous avons pu ainsi observer 46 cas de conjonctivite granuleuse, tant parmi les anciens malades que parmi les nouveaux, dont le début de la maladie remontait à une moyenne de dix années. Nous ne nous sommes pas occupé de ceux dont l'affection était récente. Parmi ces 46 granuleux, 36 avaient été soignés au moyen de divers caustiques pendant une période de temps ne dépassant pas cinq ans et n'étant pas moindre de trois ans : tous étaient atteints à un degré plus ou moins avancé des divers complications mentionnées plus haut, entropion, distichiasis, staphylome cornéen, etc., etc. Dix autres avaient suivi le même traitement, mais à intervalles très longs et pendant quelques jours chaque fois. Trois présentaient de l’entropion, un seul du distichiasis à une période beaucoup moins avancée que chez les premiers malades.
Par contre, nous avons vu un grand nombre de
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malades venant à la clinique depuis trois ans, soigoés pendant plusieurs années auparavant par M. le D' Fieuzal à sa clinique particulière, avec les seules pulvérisations phéniquées. Chez plusieurs les granulations avaient presque déjà totalement disparu ; il va sans dire que la cornée présentait encore des opacités, des taies, vasculaires chez quelques-uns, mais des faies passibles d’être amendées à la longue avec la pommade au précipité jaune. Chez un seulement nous avons trouvé un entropion au début, Chez les autres, il n'existait que les complications impossibles à éviter, des granulations sa” la cornée.
Ogservarion [.— M.Th... (Henri), âgé de 26 ans, est atteint de granulations palpébrales avec pannus du fiers supérieur de la cornée depuis six ans.
Dès le début de la maladie, il a été soigné par M. le D' Fieuzal; il n'a jamais été cautérisé, il a toujours fait usage des pulvérisations phéniquées cinq ou six fois par jour.
Actuellement, ilse présente environ tous les mois à la clinique des Quinze-Vingte.
Les granulations ont diminué et de nombre et de volume ; il n'y a pas encore trace de tissu cicatriciel, le pannus du tiers supérieur dela cornée à complètement disparu à gauche, a beaucoup diminué à droite, mais revient encore avec une certaine intensité à différents intervalles. Le malade est cordonnier etn'a jamais dû cesser son travail.
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Il n'existe aucune tendance à l’entropion ni aucun rétrécissement de la fente palpébrale.
OsservarioM II.— M, Pell…. (Étienne), âgé de 31 ans, atteint depuis sept ans de granulations palpébrales avec pannus vasculaire occupant au début touie la cornée, puis ayant disparu pour revenir à différentes reprises. |
Le 17 décembre 1881, il se présente à la clinique des Quiaze-Vingts, avec des granulations ancien nes en voie de transformation, et sclérose du tiers supérieur de la cornée.
Depuis cette époque le malade n’a jamais été soigné que par les pulvérisations phéniquées.
Tous les mais environ, il revient à la consultation. Nous l'avons revu pour la dernière fois le 13 février
Les granulations ont disparu en grande partie.
Depuis un an, il n'y a pas eu de poussée inflammatoire du côfé de la cornée. Pas de tendance à l’entropion.
Ogservarion Ill. — M. Rond... (Jean), âgé de 66 ans, atteint de conjonctivite granuleuse chronique depuis sept ans. Au début de la maladie tout travail a été impossible pendant deux mois.
Légères cautérisations au suifate de cuivre, pratiquées par M. le D' Fieuzal, tous les trois jours, pendant un mois et durant la période aiguë,
Depuis, il n’a jamais fait usage que d’eau phéniquée,
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10 janvier 1884. Transformation presque complète des granulations en tissu cicatriciel, mais sans rétractibilité du moins en apparence, car il n'existe pas d’entropion. Légères opacités cornéennes, pas de distichiasis. Pas de phimosis palpébral.
OBservarion IV, — Madame Cor... (Aline), agée de 23 ans, est atteinte de granulations anciennes avec pannus granuleux du tiers supérieur de la cornée depuis cinq ans,
Elle n'a jamais été soignée que par M. le D’ Fieuzal, qui, au début, pendant la période aiguë, l'a cautérisée avec le sulfate de cuivre, à six ou sept reprises différentes, à intervalles de äeux jours, puis a ordonné les pulvérisations phéniquées. Depuis cette époque elle n’a suivi que ce seul traitemer.
Nous avons revu la malade le 15 janvier 1884.
Quelques rares granulations sont disséminées au niveau du cul-de-sac conjonctival de l'œil gauche; à droite elles sont plus nombreuses. Opacité diffuse et peu épaisse de tout le tiers supérieur de la cornée. Pas de menace d’entropion ni de phimosis palpébral.
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