CHAPITRE TI
OBSERVATIONS RELATIVES À LA (CONJONCTIVITE GRANULEUSE CHRONIQUE» =— TRAITEMENT,
La conjonctivite granuleuse est par sa ténacité et ses complications, par la lenteur désespérante de sa
marche, une des affections les plus graves de l’appareil oculaire. Les limites qui nous sont imposées par le sujet même de notre travail ne nous permettent pas de nous étendre sur la description de la maladie elle-même; son histoire complète est trop vaste, Convaineu que le traitement généralement employé, ayant pour base les cautérisations, est dans beaucoup de cas la cause des complications survenant à la suite de la conjonctivite granuleuse chronique, nous nous attacherons surtout à comparer les résultats obtenus parle traitement continu à l'acide phénique, et ceux obtenus par la méthode classique. Encore une fois, nous répéterons à ce sujet ce que nous avons déjà dit en parlant du traitement des conjonctivites purulentes graves: Nous ne voulons pas faire de l'acide phénique un remède unique, exclusif; nous sommes persuadé que, dans bien des cas, les malades atteints de conjonctivite granuleuse se trouveront bien surtout des cautérisations méthodiques avec le sulfate de cuivre. Mais une chose surlaquelle il nous semble bon d'’insister, c’est l'attention soutenue et la délicatesse qu'il est nécessaire d'apporter dans la thérapeutique de cette affection. Il nous à souvent été donné de voir des malades, dont le début de l'affection remontait à plusieurs années, après avoir été soignés pendant longtemps par des cautérisations mal faites, venir désespérés, avec des opacificalions cornéennes, des entropions, des distichiasis, des phimosis palpébraux, lésions pour lesquelles il n’y a plus que des moyens chirurgicaux à
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mettre en œuvre. Ces complications sont, en général, rattachées par les auteurs à la maladie elle-même,
Mais si les rétractions de la muqueuse palpébrale supérieure, si le pannus vasculaire, les ulcères de la cornée sont la conséquence des granulations con- Jonclivales, les taies métalliques, si fréquentes en pareil cas, sont dues aux cautérisations prolongées.
Elles sont formées le plus souvent, dit M. Desmarres, par l'application intempestive de collyres contenant un sel métallique avec du laudanum. Cette combinaison, efficace dans certaines inflammations de la conjonctive, devient dangereuse dans les ulcé- . rations de la cornée, en ce sens qu'un sel métallique vient se fixer dans l’excavation, où il se recouvre bientôt d’une fausse membrane qui en empêche l'expulsion. Les collyres au sous-acétate de piomb seul, sans addition de préparation opiacée, produisent aussi ce fâcheux résultat.
C'est un fait signalé depuis longtemps par Weller etpar M. Stœæber, aucun traitement wagitsur les taies métalliques. [l n'y a qu’un moyen de rendre à la cornée une partie de sa transparence, c’est de gratter la tache, mais la plupart du temps cela ne donne pas de résultat.
« Les cautérisations avec un cristal bien arrondi de sulfate de cuivre, dit M. de Wecker, jouissent avec raison d’une grande réputation : pourtant elles sont moins aisément maniables que les cautérisations par le sous-acétate de plomb, car elles laissent facilement
une jrrilation d’une durée très variable, en sorte Denis, 5
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qu'il faut une assez grande habitude dans l'emploi de ce caustique, tout en surveillant attentivement le malade pour ne pus exciter outre mesure la muqueuse et favoriser l'apparition d’affeétions cornéennes, qui font traîner le traitement en longueur et entraveut d'une facon fâcheuse la marche déjà si lente de cette maladie. Très-souvent, continue-t-il, vous voyez se présenter des granuleux qui ont été traités ailleurs par des cautérisations journalières avec le sulfate de cuivre, et qui se plaignent surtout de la sensibilité extrême de leurs yeux, qu'ils ont peine à laisser entr'ouverts quelques instants; la cornée, recouverte en parlie de pannus, montre çà et là de petites excoriations épithéliales, engendrant un blépharospasme très intense. Vous avez pu conslater que le repos, l'absence de tout moyen irritant, suffisent pour rendre Île calme aux malades, et les faire seulement alors bénéficier d’une irritation artificielle poussée à l'excès,
Le sulfate de cuivre ne rendra donc de réels services qu'à celui qui renoncera à en faire un emploi continu, et qui au lieu d'en faire forcément l'application chaque jour ne reviendra à une nouvelle cautérisation qu'après disparition plus ou moins complète de l'irritation provoqués par les précédentes cautérisations.
L'entropion est une des complications malheureusement trop fréquentes de la conjonetivite granuleuse chronique, Dans ce cas, à la suite d'une abondante proauction de granulations, on voit apparaître une