‹ De l'Actinomycose cutanéeChapitre 17 sur 24 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Hartmann, Actéinomycose du nez. (Obs. II de Tabouret, thèse, Bordeaux, 1893.)

7 mars 1887. — J..,, dix-huit ans, cultivateur, présente l’état suivant : sur le nez on voit une tuméfaction dure, brun rougeâtre, du volume de la moitié d’une grosse noix, douloureuse. Tout le visage est enflé, très rouge, les yeux presque clos. Pas d’appétit. Fièvre modérée, On note aussi une vive douleur sur la face interne de l’articulation du métacarpien du milieu de la main droite avec la phalange.

Incision de la tumeur’nasale. 11 s'écoule très peu d’un pus granuleux, jaune soufre. On pense alors à de l’actinomycose, Le pus examiné au microscope affirme le diagnostic.

9 mars. — Onincise la tumeur de la main droite,

13 mars. — La fièvre s'allume tout d’un coup ; douleurs violentes dans l’avant-bras droit.

16 mars. — Gonflement des ganglions axillaires; puis tout rentre dans l'ordre, de telle sorte que le malade se trouve guéri vers. la fin du mois.

Le cultivateur avait soigné, peu de temps avant de tomber malade, un bœuf auquel un vétérinaire avait ouvert un abcès du cou. Comme cet abcès avait de la tendance à se fermer, il avait eu

Lil Le mission de le presser chaque jour pour en faire sourdre le pus. La mère du jeune homme estime que pendant cette manipulation il lui aura sauté au visage une goutte de pus ou qu’il se sera inoculé en se mettant le doigt dans le nez,

OBSERVATION II (résumée).

(Obs. du D' Guillemot, de Thiers (Puy-de-Dôme), communiquée par M. le professeur Poncet à la Société de médecine de Lyon, le 12 janvier 1896).

Jeune homme de vingt-trois ans, fait le commerce des fruits du Midi. Vient consulter le D' Guillemot, le 24 août 1895. Trois mois auparavant, traumatisme à la jambe gauche. Un peu de gonflement consécutif. Il y à un mois, douleurs qui depuis quinze jours sont devenues très vives, surtout la nuit.

Actuellement, dans la région génienne intermaxillaire gauche, immédiatement en dehors du sillon naso-labial, se montre une tuméfaction fluctuante, du volume d’un noyau de pêche, à contours irréguliers avec un prolongement qui empiète en avant sur le sillon naso-labial et le dépasse en haut dans la direction de la branche montante du maxillaire (voir fig. 2 et 3). À son niveau, téguments violacés ; pas d’érosions, ni de fistules. Mais les jours précédents, la pression faisait sourdre quelques gouttes de sanie sanguinolente, La collection peut être explorée du côté de la bouche. Haleine fétide. Mauvais état des dents. Tuméfaction des gencives. Le malade n’a jamais souffert de la mâchoire, ni de ses dents cariées, sauf depuis les deux derniers jours qu'est apparue la gingivite (la pommade mercurielle vendue par un pharmacien doit être mise en cause). Cette stomatite s'est d’ailleurs rapidement amendée à la suite de lotions savonneuses chaudes. Outre la collection fluctuante ci-dessus décrite, on constate une légère tuméaction de la branche montante du maxillaire et un empâtement élastique sur la moitié antérieure du masséter; enfin, à la face interne de la joue, en arrière du point de jonction des sillons alvéolaires géniens supérieur et inférieur le doigt reconnaît quelques

Fig. 2 — Actinomycose cutanée de la joue gauche.

joue gauche.

de Ja

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ycose cutané

Inom

— Act

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tractus au niveau desquels la muqueuse manque de souplesse et de glissement et qui pourraient laisser supposer que des fistules ont existé ou existent encore à ce niveau.

A la région cervicale, en dehors et à mi-hauteur du sternomastoïidien, est une tumeur sous-cutanée, arrondie, rénitente et indolore. Elle existe depuis plus de deux ans et a toujours présenté le même volume et la même indolence.

La collection de la joue gauche est ouverte avec une lancette; par une compression assez forte, elle laisse échapper une partie de son contenu qui est très visqueux, mêlé de sang et renferme quelques grains blanchâtres (plutôt que jaunes). Mais le contenu ne s'écoule que très difficilement et, même après des injections phéniquées, la poche ne peut être évacuée en totalité. On croirait qu’une éponge en occupe la cavité, retenant obstinément dans ses mailles les molécules fluides. En outre, les ponctions faites à ce tégument qui paraissait voué au sphacèle se cicatrisent.

Le malade était soulagé; mais le 2 septembre, les douleurs ayant reparu plus vives, il revint trouver le D' Guillemot. Nouvelle ponction avec la lancette. Par la pression sortit une partie du contenu au milieu duquel se trouvait un couple de grains plutôt blanchâtres. Songeant alors à l’actinomycose sans en porter toutefois le diagnostic, le D' Guillemot prescrivit l'iodure de potassium, Les douleurs disparurent très rapidement et ne se montrèrent plus dans la suite, Le 2 octobre, du liquide fut recueilli par une nouvelle ponction à la lancette et adressé au laboratoire de la clinique chirurgicale de M. le professeur Poncet. M. le D' Dor, chef du laboratoire, y trouva des actinomyces.

Le 5 octobre, la petite tumeur sous-cutanée de la région sternomastoïdienne droite présentait des phénomènes inflammatoires très marqués : son centre était ramolli et la peau avait à son niveau une coloration phlegmoneuse.

L'incision fit apparaître des masses jaunes en abondance, les unes collectées, les autres infiltrées dans le derme. Un échantillon de ces masses fut envoyé au laboratoire de M. le professeur Poncet, mais l'examen microscopique de M. Dor n’y révéla aucune trace d’actinomyces.

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