‹ De l'Actinomycose cutanéeChapitre 16 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il peut être prophylactique ou curatif.

Traitement prophylactique. — Eviter le contact des animaux atteints d’actinomycose cutanée, panser avec soin toute érosion des téguments si l’on doit approcher des bestiaux malades, se défier des écorchures par les végétaux, pratiquer une toilette soigneuse de la bouche et des dents, interdire la vente des viandes infectées, soumettre les viandes suspectes à une cuisson prolongée; telles sont, en résumé, les principales régles de la prophylaxie de l’actinomycose.

Traitement curatif. — Il est, suivant les cas, médical, chirurgical ou mixte.

a) Médical. — Il consiste en l'administration de l’iodure de potassium soit à l’intérieur, soit à l’extérieur sous forme de pommade. L'emploi de l’iodure de potassium a été préconisé en 1885 par un vétérinaire d'Utrecht, Thomassen, chez les animaux atteints de glossite actinomycosique. Plus tard, Nocard, Darier et Gautier, Vitrugo (de Loolle, Néerlande), Von Iterson, de Leyden, Netter,

Poncet relatèrent des cas de guérison avec ce médicament. Sur quatre cas d’actinomycose cutanée, Monestié note trois succès par le traitement ioduré, le quatrième malade étant lui-même en voie de guérison. Mais il faut, d’après cet auteur, administrer l’iodure de bonne heure et à doses suffisantes : 2 grammes par jour à l’intérieur avec ou sans application de pommade au quart jusqu’à guérison complète. Dans les premiers jours, Monestié a noté la production de phénomènes de réaction : les douleurs deviennent très vives, des fistules nouvelles se forment, la suppura tion est abondante; mais bientôt l’état général s’améliore, la tumeur s’affaisse et la guérison survient, parfois tardivement (au bout detrois mois dans certains cas). L’iodure n’exerce aucune action sur la grossesse (Monestié). M. le professeur Poncet administre ce médicament comme dans la syphilis. Il donne au début 2 à 3 grammes et porte progressivement les doses jusqu'a 6 à 8 grammes, taux qu’il maintient pendant quinze ou vingt jours. Puis il suspend le traitement et le reprend une semaine plus tard, si c’est nécessaire.

Comment agit l’iodure de potassium ? Ce n’est pas à titre d’antiseptique qu’il peut amener la guérison, car Nocard a démontré que l’actinomyces se développait très bien dans de la gélatine nutritive additionnée d'iodure de potassium dans la proportion de 1 pour 100. Ilest plus probable qu’il agit indirectement sur la lésion en relevant l’état général. Quant à la pommade, elle a peu d’action ; elle est surtout utile comme agent protecteur.

b) Chirurgical. — Il consiste en débridements, incisions, excisions, abrasions, curetages, cautérisations, avec ou sans irrigations antiseptiques (sublimé, acide

de phénique, teinture d’iode, acide salicylique, nitrate d’argent). Darier et Gautier ont obtenu une guérison par l'électrolyse de l’iodure de potassium injecté dans les tissus malades ; mais des sphacèles se sont produits et ont entraîné des cicatrices. Billroth, à la Société médicale de Vienne (séance du 27 février 1891), a relaté un succès à la suite de 15 injections de tuberculine dans une actinomyÿcose de la partie gauche de la paroi abdominale avec propagation à la vessie. Quatre semaines plus tard, il n’y avait pas de récidive. Mais cette méthode nous parait des plus dangereuses et n’est pas à recommander.

c) Mixte. — Les foyers d’actinomycose sont traités par les moyens sanglants, tandis que l'iodure de potassium est administré à l’intérieur.

Des traitements précédents, le traitement médical ou ioduré semble compter aujourd’hui le plus de partisans. Nocard le préconise. Monestié considere l’iodure de potassium comme un spécifique. Taburet dit en propres termes : « Le traitement de choix était autrefois chirurgical ; il fallait enlever tous les tissus malades par un raclage énergique, en dépassant les limites du mal afin d'éviter une récidive. Aujourd'hui, le traitement interne par l'iodure de potassium semble devoir lui être préféré. Pour Raingeard, « l’actinomycose cutanée est une affection essentiellement curable ; les iodures en sont les médicaments de choix». Nous pensons que la médication iodurée ne saurait être employée indistinctement dans tous les cas. Si elle a donné de nombreux succès, elle est loin d’avoir été toujours active. Elle a ses indications et ses contre- indications. Parmi ces dernières, nous citerons particulièrement les formes torpides, se modifiant, mais

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lentement, par l’iodure, les associations microbiennes, les ulcérations (Raingeard), un organisme dégénéré et aussi un haut degré de virulence de l’actinomyces ou une réceptivité excessive de l'organisme (Poncet et Bérard). Au congrès de Saint-Etienne (1897), M. le professeur Poncet et M. le D' Bérard'ont fait justice de cette prétendue spécificité de l’iodure de potassium à l'égard de l’actinomycose et préconisé le traitement mixte de cette affection.

Maintes fois ils ont constaté l’impuissance de l’iodure, notamment dans certaines actinomycoses malignes par la virulence plus grande du champignon ou la réceptivité plus considérable du sujet infecté. Néanmoins 1ls recommandent l’administration précoce de ce médicament, suivant les mêmes règles que chez les syphilitiques. «Il ne faut pas toutefois, ajoutent-ils, se faire d'illusions sur l'efficacité de ce médicament. Il ne sera souvent qu’un adjuvant utile au traitement chirurgical : débridement, grattage, cautérisations modificatrices, ablation, etc.,

absolument indiqué toutes les fois que le foyer sera accessible à l'opérateur.

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