‹ De l'Actinomycose cutanéeChapitre 7 sur 24 · HAE · texte numérisé non relu

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1° Pénétration par effraction cutanée. |

2% Pénétration par la muqueuse buccale érodée ou malade.

30 Pénétration par l’appareil respiratoire.

4 Pénétration par le tube digestif.

Premier cas. — Dans l’actinomycose cutanée primitive, une érosion des téguments est nécessaire. Le derme ou les couches profondes de l’épiderme mis à nu, le champignon s’y implante et colonise. Mais d’où vient l'agent contagieux ?

a) Il est transmis de l’animal à homme : Un jeune homme, chargé de presser le pus d’un abcès actinomycosique chez un bœuf, s’inocule au nez avec ses doigts porteurs du contage (obs. I)

b) La transmission s’effectue de l’homme à l’homme. Ex : Un jeune homme contamine sa fiancée en l’embrassant.

c) D'autres fois un support inanimé, un vieux morceau de bois, par exemple (cas de Müller, obs. IV), des débris de végétaux (orge, blé) ou bien la peau d’un animal porteur durant sa vie de lésions actinomycosiques (bouchers, tanneurs, etc.), servent d’intermédiaire et infestent homme par leur contact avec une plaie cutanée.

Deuxième cas. — C'est un des modes de pénétration les plus fréquent. Le champignon s’introduit au niveau des dents cariées ou par effraction en un point quelconque de la muqueuse buccale pour venir coloniser à la face ou à la région sous-maxillaire. |

Troisième cas.— Raingeard a publié une observation remarquable d’actinomycose cutanée consécutive à des lésions pulmonaires(Raingeard, Desmanifestations cuta-

19e nées de l’actinomycose, thèse, Paris, 1896). Il s’agit d'un enfant de six ans depuis longtemps porteur de lésions pulmonaires actinomycosiques. Une chute semble avoir déterminé les localisations multiples observées au niveau de la peau.

Quatrième cas. — On a cité des cas d’actinomycose pharyngienne, œsophagienne (Garde, Actinomycose œsophagienne, thèse, Lyon, 1896) ; d’actinomycose intestinale, typhlo-appendicite, etc. (Chiari, Cromer et Lemann, Feurer!, Van der Strœten ?).

Migrations du parasite. — Lorsqu'il y a effraction cutanée, le champignon détermine au point même d’inoculation les lésions cutanées actinomycosiques. Il n’en est plus de même quand la voie de pénétration est au niveau de la muqueuse buccale, de l’appareil respiratoire ou du tube intestinal. Le tégument n’est atteint qu'après migration du parasite depuis son entrée dans l’organisme. Dans tous ces cas, l’actinomyces procède généralement par envahissement progressif des tissus, creusant des galeries par un travail de taupinière (Poncet et Bérard), avançant le long des gaines vasculaires ou des interstices celluleux pour englober finalement en un même foyer tous les plans d’une même région. Mais ce proces sus est parfois assez lent pour que les lésions se réparent après le passage du champignon et qu'il soit ensuite assez difficile de se rendre compte des dégâts primitifs.

C’est ainsi qu'inoculé au niveau des gencives l'actino-

1 Feurer de Saint Gall, Revue mél. de la Suisse romande, 1891. |

? Van der Stræœten, Bull. de l'Acad, de méd. de Belgique, 1891,

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myces détruit successivement la muqueuse, les muscles, le tissu cellulaire et n’apparaît qu’en dernier lieu au niveau des téguments.

Le parasite est-il primitivement localisé dans les ponmons ? Il s’établit une symphyse pleurale, puis les tissus sous-jacents surtout le tissu cellulaire sont envahis, et en dernier lieu la peau de la région thoracique ou axillaire. Ce mode de propagation se produisit chez le malade de l'observation VI : à l’autopsie on constata l’existence de travées celluleuses dégénérées qui reliaient les volumineuses tumeurs du dos au poumon correspondant. Il en est de même dans les cas d’actinomycose cutanée consécutive.à des lésions intestinales. Exceptionnellement, le champignon partant d’un tissu ou d’un organe infecté (cerveau, foie, etc.) se localise à distance sans lésions des parties intermédiaires. Il faut alors admettre la production d’embolies sanguines ou lymphatiques. L’actino- myces pénètre par effraction dans un vaisseau et vient coloniser en un point quelconque du tégument. C’est par ce mécanisme qu’il faut vraisemblablement expliquer la formation des macules et vésicules observées chez le malade de l’observation VI: bien que les plans sous-cutanés fussent envahis, macules et vésicules semblaient indépendantes de ces altérations.

Les voies de pénétration du parasite, ses modes de migration rendent compte des sièges variés de l’actinomycose cutanée. On a rencontré cette affection au cuir chevelu, à la face, à la nuque, au cou, au thorax, à l’abdomen, aux membres, en un mot dans toutes les régions du tégument. Mais c’est à la face et aux mains qu’elle apparaît de préférence. La fréquence

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