‹ De l'action comparée des médicaments cardiaques (digitale, caféine, convallaria, adonidine), précédé d'une étude sur l'adonidineChapitre 1 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’étude clés médicaments cardiaques a été depuis quelque temps en France l’objet d’une attention toute particulière de la part de cliniciens et des physiologistes. Les expériences ont été multipliées, des travaux nombreux se sont succédé ; bien plus, la matière médicale suivant le progrès, s’est enrichie de nouveaux produits.

Pendant longtemps la digitale fut considérée comme souveraine dans les maladies du cœur. Son règne fut long, car depuis 1535, époque où pour la première fois elle fut décrite par Fuchsius, il a fallu attendre jusqu’en 1863 pour que Koschlakoff,de St-Pétersbourg lui opposât une rivale que M. Lépine devait plus tard appeler « son égale » : j’ai nommé la caféine.

Depuis lors le nombre de ses rivaux n’a fait qu’augmenter. En 1878, le convallaria maïalis fut mis sur les rangs par deux médecins russes, les docteurs Bojojawlenski et Troïtski.

Enfin, en 1879, parut Y adonis, dont les propriétés physiologiques et thérapeutiques, d’abord étudiées par Bubnow, ont été de nouveau exposées et discutées à la Société de médecine interne de Berlin en juin 1884.

A peine connus, ces trois derniers médicaments furent l’objet de recherches et d’études attentives. On s’est attaché à démontrer leur action physiologique; on a cherché, et trouvé en grande partie, l’usage qu’on pouvait en faire au point de vue thérapeutique.

L ’adonidine toutefois n’a pas été, que nous sachions,

employée en clinique. Nous avons cru qu’il y avait là une lacune à combler et des recherches intéressantes à faire.

C’est en partant de cette idée, qui nous a été suggérée par notre excellent maître M. le professeur Desplats, que nous nous sommes mis à l’œuvre dès le commencement de juillet 1884.

Nous n’avons pas fait de recherches personnelles sur l’action physiologique de l’adonidine. Cette étude a déjà été Fobjet de travaux spéciaux, tant en France qu’à l’étranger, et /on peut en considérer les résultats comme définitivement acquis à la science, car ils n’ont pas varié avec les expérimentateurs (1).

En raison des nombreux cas où, pendant notre internat chez M. Desplats, nous avons vu employer les médicaments cardiaques : digitale, caféine et convallaria, nous avons pensé qu’une étude comparative de ces agents thérapeutiques entre eux et avec l’adonidine présenterait quelque intérêt.

Afin de donner à cette étude plus de précision, nous avons employé la méthode graphique à l’aide du spliygmographe de Marey. Nous nous sommes attaché à prendre et à rédiger nos observations avec la plus scrupuleuse exactitude.

Voici maintenant quelle sera la division de notre travail :

Dans un premier chapitre, nous dirons quel a été notre mode d’expérimentation.

(1) Voir: Vincenzo Cervello. Travaux du laboratoire |de Schmiedeberg à Strasbourg, in Archives italiennes de biologie, 1882. — Lesage. Travaux du laboratoire de clinique de M. G. Sée à l’Hôtel- Dieu, in Bulletin de la Société de biologie, 1884. — Mordagne. Etude sur l’adonis. — Thèse de l’Ecole de pharmacie, 1885.

Un deuxième sera consacré à l’étude de l’Adonis et principalement de son dérivé Ycidonidine.

Le troisième comprendra nos observations cliniques.

Dans le quatrième, nous comparerons l'action des quatre médicaments sur le cœur.

Le cinquième contiendra l’exposé de l’action comparée des mêmes médicaments sur les reins.

Dans le sixième, nous les envisagerons au point de vue spécial des inconvénients et des dangers pouvant résulter de leur emploi.

Enfin, le septième contiendra l’exposé de nos conclusions.

Avant d’entrer dans notre sujet, nous tenons à remercier notre maître, M. le professeur Desplats de nous avoir laissé toute latitude dans le champ de notre observation. C’est grâce à lui que nous avons pu expérimenter l’adonidine, qn’il reçoive ici l’expression de notre sincère reconnaissance.

Nous remercions aussi M. le professeur Augier de la bienveillance qu’il a montrée à notre égard pendant qu’il suppléait M. Desplats.

Enfin, nous sommes heureux d’adresser à M. le professeur Potain le témoignage de notre vive gratitude pour l’honneur qu’il nous a fait en acceptant la présidence de cette thèse.

in 2015

https://archive.org/details/b21708058

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