‹ De l'action de l'acide nitrique sur l'essence de térébenthineChapitre 3 sur 11 · TROUVÉ, CALCULÉ · texte numérisé non relu

TROUVÉ, CALCULÉ

C’a = Carbone. . . 600,00 — 24,18 — 24,34

H 7 = Hydrogène. . 87,50 — 3,61 - 3,55

Az = Azote. . . . 177,02 — 7,32 - 7,18

O la = Oxigène. . , 1600,00 — 64,89 — 64,93

Un équivalent de sel sec. . . 2464,52 100,00 100,00,

La formule rationnelle du sel cristallisé est celle-ci :

4 (C 2 O 3 ) + Az H 3 4 .4 (H O) 4- 4 aq.

C’est cette quantité d’eau exprimée par 4 ac I- <I ue 1 ° se ^ P e rd à +'ioo°.

E est donc bien établi, d’après ce qui précède, qu’il se forme du quadroxalate d’ammoniaque dans la réaction de l’acide nitrique faible sur l’essence de térébenthine, si je ne me trompe c’est un nouveau cas de production de l’ammoniaque à ajouter à ceux connus déjà. Du reste cela n’a rien qui puisse étonner; en effet il y a les éléments nécessaires, de l’hydrogène et de l’azote tous les deux à l’état naissant, et de plus en présence d’un acide, ce qui est encore line circonstance favorable à la formation de l’ammoniaque. Ce qui donne quelque importance à ce fait, c'est que je le crois susceptible d’être généralisé pour un certain nombre de corps. Je citerai à l’appui de cette opinion la réaction que l’acide nitrique exerce sur l’essence de genièvre. Si on prend pour traiter cette essence les précautions que

j’ai indiquées pour l’essence de térébenthine, on peut aussi obtenir un oxalate acide d’ammoniaque.

Il résulterait de ces expériences que les corps fortement hydrocarbonés, traités par l’acide nitrique, sont susceptibles, dans certaines Circonstances, de donner naissance à de l’ammoniaque.

Nous venons de voir qu’en faisant réagir de l’acide nitrique faible sur l’essence de térébenthine,on obtenait trois substances différentes, une résine, du quadroxalate d’ammoniaque, et une eau-mère brune et sirupeuse. Je reviendrai sur cette eau-mère; avant j’indiquerai la manière dont se comporte l’essence de térébenthine avec l’acide concentré. Quand on chauffe un mélange d’essence de térébenthine et d’acide nitrique du commerce, la réaction se manifeste vers 60' [il faut avoir soin de ne mettre que peu d’essence, car il y aurait une véritable détonation); il se fait d’abord de petites déflagrations, il y a toujours un peu de matièie projetée, la réaction devient extrêmement vive, il se dégage des torrents de vapeurs nitreuses; on ajoute peu à peu de l’essence, en ayant soin d’entretenir un excès d’acide nitrique; vers la fin on laisse bouillir jusqu’à ce que la résine qui s’était d’abord formée soit complètement dissoute. A cet état la liqueur étendue d’eau laisse précipiter une résine jaune safran; cette résine, séparée du liquide aqueux, on évapore celui-ci au bainmarie en consistance sirupeuse; par le refroidissement on obtient une abondante cristallisation d’acide oxalique. Ces cristaux étant séparés, l’eau-mère est étendue de nouveau pour en précipiter une petite quantité de résine, et enfin, par l’évaporation on obtient une cristallisation grenue; si après deux ou trois jours la liqueur sirupeuse n’avait pas donné de cristaux, il faudrait l’étendre de son volume environ d’acide nitrique et chauffer au bain-marie pour la ramener à son volume primitif; en l’abandonnant à elle même on obtiendrait sûrement une cristallisation. Les cristaux recueillis sont lavés avec un peu d’eau distillée, et purifiés par deux ou trois cristallisations. Ces cristaux constituent un nouvel acide dont il me reste à faire l’étude.

Avant je reviendrai un instant sur l’eau-mère dans laquelle a cristallisé le quadroxalate d’ammoniaque, que nous avons étudié au commencement de ce travail; si j’en parle ici, c’est que le résidu brun et incristallisable que renferme ce liquide, soumis à l’influence de l’acide nitrique, fournit à peu près les mêmes produits que l’essence de térébenthine traitée directement par cet acide concentré.

Ce liquide, étendu de son volume d’acide nitrique et évaporé au bain-marie pour le ramener à son volume primitif, laisse déposer par le refroidissement des cristaux d’acide oxalique ; l’eau-mère, séparée des cristaux et abandonnée à elle-même, est prise en masse cristalline après deux ou trois jours de repos; les cristaux sont mis à égoutter sur un entonnoir et lavés avec un peu d’eau froide. Par deux ou trois cristallisations successives on les obtient parfaitement purs; on peut encore en obtenir en traitant de nouveau l’eau-mère par un excès d’acide nitrique. Cet acide est peu soluble dans l’eau froide, beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante, qui en abandonne la plus grande partie par le refroidissement en très petits cristaux groupés en chou-fleur. L’alcool et l’éther le dissolvent très bien, et l’abandonnent par évaporation spontanée. Le meilleur moyen de l’obtenir en cristaux un peu gros consiste à le dissoudre dans l’alcool à une douce chaleur, et à abandonner la solution i\ l’évaporation spontanée : il se forme des petits cristaux incolores et transparents.

Le système dans lequel cristallise cet acide est le prisme droit à base rectangle. En examinant les cristaux avec soin on y trouve le prisme droit à base rectangle, des octaèdres aigus ; mais les plus gros et le plus grand nombre sont des octaèdres cunéiformes.

Sa saveur est franchement acide sans arrière-goût.

Action île» aciilc».

L’acide nitrique n’a pas d’action sur cet acide, même à la température de l’ébullition.

L’acide sulfurique le noircit comme il fait de presque toutes les matières végétales.

Action «le la chaleur.

Si on le soumet à l’action de la chaleur, il fond vers + 200® sans rien perdre de son poids, et ne tarde pas à entrer en ébullition.

En même temps qu’il passe du gaz acide carbonique il distille un liquide oléagineux incolore, qui constitue un nouvel acide pyrogéné. Il ne reste absolument rien dans la cornue. C’est un des exemples les plus remarquables de cette belle loi de M. Pelouze sur la distillation blanche des acides organiques.

Analyses «le l’acide.

Je n’ai pas besoin de dire que l’acide qui m’a servi aux analyses était d’une blancheur parfaite. Je l’avais purifié avec le soin qu’on doit apporter aux produits destinés à être analysés.

0,60 d’acide séché à + 100 0 ont donné :

Eau. 0,338 = H. . 6,25 \

Acide carbonique. 1,370 = C. . 53,18 >== 100,00.

0,70 du même acide ont donné :

Eau. 0,408 = H. . 6,46-,

Acide carbonique. 1,364 = C. . 53,00 I = 100,00.

0,482 du même acide ont donné :

Eau. 0,290 = H. . 6.58\

Acide carbonique. . 0,935 C. , 52,90 ( = 100,00.

Pour avoir le nombre proportionnel de cet acide on peut se servir du sel d’argent. Ce sel s’obtient facilement cristallisé en aiguilles brillantes incolores et parfaitement anhydres.

Un gramme de sel d’argent séché à + ioo°, calciné dans une capsule de porcelaine, a laissé un résidu d’argent métallique qui correspond à 0,489 d’oxide, ce qui donne la composition suivante :

Oxide d’argent.43,9 1 l00

Acide sec.56,1 >

î, î gramme du même sel ont laissé un résidu correspondant à

0,48^6 d’oxide ;

Cequidonne : Oxide d’argent.43,88)

Acide sec.. . , . 56,12'

Ces expériences conduisent au nombre 1 856 , 5 , qui exprime le nombre proportionnel ou équivalent de cet acide. Le calcul exige 1862,5.

0,766 de sel d’argent séché à -f ioo° = 0,4297 d’acide sec, ont donné :

Eau. 0,236 = H. . 6,10)

Acide carbonique. 0,890 = C. , 56,47 j = 100,00.

0,70 du même sel = 0,3927 d’acide sec, ont donné :

Eau.0,218 = 0. . 6,16)

Acide carbonique. 0,890 = C. . 56,20 =100,00.

Ces analyses mènent à la composition suivante :

C 1 4 = Carbone.

Ho = 0ydrogène 0 7= Oxigène.

ün équivalent d’acide sec. . . 1862,5 100,00 100,00.

Cette composition représente l’acide scc, c’est à dire tel qu’il est renfermé dans le sel d’argent; sa véritable formule est donc ; C 14 H 9 O 7 + Ag. O.

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