‹ De l'action de l'acide nitrique sur l'essence de térébenthineChapitre 5 sur 11 · OBTENU. CALCULÉ · texte numérisé non relu

OBTENU. CALCULÉ

C 12 = Carbone. . . 900 — 63,04 — 63,09

H lû = Hydrogène. . 125 - 8,78 - 8,76

Oi = Oxigène. . . 400 - 28,18 — 28,15

Un équivalent d’acide hydraté. . 1425 100,00 100,00

Cette formule exprime la composition brute d’un équivalent d’acide pyro-térébilique hydraté. La formule suivante explique mieux la constitution moléculaire de cet acide : C 14 II o O 5 + IIO.

Il est facile de saisir les rapports qui existent entre l’acide pyro-térébilique et l’acide térébilique ; en effet,

Un équivalent d’acidepyrotérébilique = G12 Ho CM-j- H O Deux équivalents d’acide carbonique = C 2 O '<

Un équivalent d’acide térébilique hydraté = G14 H» O 7 -J- HO.

On sera peut-être étonné devoir brûler d’une seule fois un gramme d’un produit aussi fortement hydro-carboné ; je répondrai aux objections de cette nature en disant que l’admirable appareil de M. Gay- Lussac pour l’analyse des matières hyclro-carbonées permet de brûler cette quantité et même plus sans aucune perte. Il est facile de concevoir, du reste, l’avantage qu’il y a de pouvoir opérer sur une quantité aussi forte de produit.

P yro-térébllntcs.

Dans les pyro-térébilates, l’équivalent d’eau d’hydrate de l’acide est remplacé par un équivalent de base. Les pyro-térébilates s’obtiennent très difficilement cristallisés.

Les pyro-térébilates alcalins ne produisent aucun trouble dans les dissolutions métalliques étendues. Dans les dissolutions un peu concentrées de plomb et d’argent les pyro-térébilates alcalins font naître un précipité blanc. Le pyro-térébilate d’ar jent se décompose à la lumière avec la plus grande facilité, surtout quand il est humide; on peut cependant l’obtenir blanc, si on a soin de le sécher à la température ordinaire et à l’abri de la lumière. Il est très difficile de l’obtenir cristallisé.

Le pyro-térébilate de plomb a beaucoup de tendance à devenir basique quand on le traite par l’eau ; il se fait sans doute un sel plus soluble et aeide, et un sel basique moins soluble, car le sel qu’on obtient en précipitant une dissolution de plomb, étant lavé, représente u n sel basique.

Les produits qui nous restent à examiner pour compléter autant que possible l’étude de l’action de l’acide nitrique sur l’essence de térébenthine sont loin d’être aussi bien définis que les précédents ; ainsi nous avons une résine aæide incristallisable,un corps jaune pulvérulent, etc.

Je dirai d’abord quelques mots d’une poudre jaune amorphe qui se précipite en même temps que la résine, quand on étend d’eau la soluti >n nitrique dans la première partie de l’opération; cette matière peut se purifier de deux manières : ou par sublimation, ou en la dissolvant dans une solution faible d’alcali caustique, et la précipitant ensuite par un acide. Purifié .par l’un et l’autre de ces procédés, ce corps se présente sous forme d’une poudre jaune amorphe, insoluble dansl’eau,très pi u soluble dans l’alcool, soluble dans une solution faible de potasse, en un mot c’est encore un acide; mais, je dois le dire de suite, je l’ai obtenu en trop petite quantité pour le soumettre à l’analyse.

La résine que l’on obtient en assez grande quantité, et dont j’ai parlé au commencement de ce travail, jouit des propriétés suivantes : elle est d’un jaune safran très riche ; soigneusement lavée avec de l’eau chaude, elle colore celle-ci en jaune assez foncé, elle est un peu soluble dans ce véhicule. Si on l’abandonne à elle-même elle ne tarde pas à se boursoufler et à prendre un volume considérable ; cet accroissement de volume est dû à une décomposition particulière qu’éprouve cette résine, il se dégage de l’azote. Il est très probable que cette résine, comme l’a déjà indiqué M. Gérhardt, est une combinaison d’acide hypo-nitrique et d’une résine particulière. Dans cette hypothèse la résine fixerait peu à peu l’oxigène et l’azote serait mis en liberté.

Je n’ai pas cherché à faire l’analyse de cette résine, parce que ce n’est pas un corps homogène et bien défini, du moins l’action que l’ammoniaque exerce sur ce corps mène à cette conclusion. Quand on met cette résine en contact avec de l’ammoniaque caustique liquide en excès, il s’en dissout trois parties sur quatre environ ; le ré-

sidu est inattaquable par cet alcali ; l’ammoniaque prend une coloration rouge de sang très foncée. Si on sature l’ammoniaque par un léger excès d’acide chlorhydrique, la résine se précipite en même temps qu’il se fait un abondant dégagement de gaz azote. On voit donc d’une part que cette résine n’est pas un principe unique, puisqu’elle n’est soluble qu’en partie dans l’ammoniaque ; d’une autre part on voit aussi que la quantité qui se dissout est une résine acide peu stable, puisque quand on vient de l’isoler de l’ammoniaque par un acide plus fort, il se fait une séparation de ses éléments et l’azote se dégage. Cependant je dois dire que tout l’azote n’est pas enlevé de la combinaison, car si on recueille la résine précipitée par l’acide chlorhydrique, de la solution ammoniacale, qu’on la fonde dans l’eau bouillante pour bien la laver, une petite quantité de cette résine fondue avec de l’hydrate de potasse donne des vapeurs ammoniacales, preuve certaine qu’il y a de l’azote.

L’acide nitrique peut encore réagir sur cette résine, et même on peut par une ébullition assez prolongée la détruire cemplétement. Les produits de l’action ultime de l’acide nitrique sur cette résine sont de l’acide oxalique en quantité assez notable et de l’acide térébilique; d’où on pourrait conclure avec quelque vraisemblance que l’acide térébilique est un produit de l’action secondaire de l’acide nitrique sur l’essence de térébenthine, et qu’il vient non directement de l’action de cet acide sur l’essence, mais bien sur la résine qui s’était formée d’abord.

Ici se termine ce que j’avais à dire sur le sujet que j’ai essayé de traiter devant l’école, je ne me dissimule pas qu’il est incomplet ; ainsi, par exemple, il eût été assez curieux de rechercher la composition de l’eau-mère dans laquelle a cristallisé le quadroxalate d’ammoniaque, avant de la traiter de nouveau par l’acide nitrique, on aurait peut-être pu saisir le passage delà résine à l’acide térébilique; mais, outre les difficultés que présente l’examen d’un résidu complexe et incristallisable, je me suis trouvé forcé, ainsi que je l’ai déjà dit, de publier plutôt que je n’avais l’intention de le faire le résultat de mes expériences.

Cependant j’ose espérer que ce travail, quoique moins étendu que je ne l’avais conçu, vu la production du nouvel acide , et le nouveau cas de formation d’ammoniaque par la réaction de l’acide nitrique sur les corps hydro-carbonés que j’ai signalé, appellera l’attention de mes juges et me méritera leur bienveillance.

SYNTHESES

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