‹ De l'action des convulsivants dans les états convulsifs et particulièrement de l'action de la belladone chez les épileptiquesChapitre 21 sur 26 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Si nous jetons maintenant un coup d’œil d'ensemble sur les observations ci-dessus, nous pouvons faire les remarques suivantes : La belladone favorise le développement et l’accentuation des crises motrices, quand ces crises existent déjà (obs. I, II, IV, VII, X, XI, XIV) ou leur apparition (obs. V).

Dans certains cas, le nombre et la force des crises n’ont pas varié (obs. XII, XIII) ou ont diminué (obs. VI).

Dans d’autres, il y a eu disparition des impulsions, des vertiges (obs. IV, V, X, XIV).

Le gâtisme et la stupeur ont disparu (obs. VI, VII, XII). ee

L'observation n° VI, notamment, est absolument concluante. Une fois on a constaté de l’agitation sans crise

(obs. XIT).

Partout enfin, nous constatons une amélioration très sensible de l'état intellectuel.

Un fait capital est mis en évidence : c’est la disparition des vertiges et des impulsions, leur transformation en décharges motrices, que l’unité même du système nerveux explique suffisamment.

Les forces accumulées dans les cellules doivent s'écouler au dehors sous quelq e forme que ce soit. Le vieil axiome : « Rien ne se perd, rien ne se crée dans la nature » n’a jamais été plus vrai.

Dans ces cas de vertige ou de stupeur, d’impulsion ou de gâtisme, nous devons, sinon guérir le malade, la chose, hélas ! est souvent impossible, mais du moins améliorer son état, remplacer un mal plus grand par un moindre. Bien pénible, sans doute, est la crise motrice, mais une fois qu'elle s’est produite, quel soulagement pour le malade ! Nous avons interrogé, à l'Asile de Bron, un certain nombre d’épileptiques conscients et presque tous nous ont déclaré que l’attaque était pour eux un signal de délassement et de bien-être consécutifs. Beaucoup l’attendaient avec impatience.

Ainsi, on doit favoriser l'expansion au dehors de ces forces qui encombrent la cellule nerveuse, paralysent son action psychique, et font du malade un être stupide et obnubilé. L’épileptique vertigineux ou impulsif est inutile ou dangereux dans le milieu social. Celui qui n’a que des crises motrices peut vaquer à ses occupations, veiller à ses intérêts, à ceux de sa famille et de sa propre personne. I] peut tenir sa place dans la société. Pour les profanes, peut-être sera-t-il un objet de répugnance, car, il faut bien le dire, le mal caduc, le mal sacré, a toujours frappé

les imaginations populaires, et les gens du mondene con-sidèrent, surtout dans l’épilepsie, quele phénomène moteur, méconnaissant tous autres faits bien plus importants, mais moins palpables.

Et c’est bien là, disons-le dès maintenant, une des raisons pour lesquelles on hésitera à suivre notre traitement.

« J’ai été accusé, dit M. le professeur Pierret, d’avoir rendu épileptiques des enfants qui ne l'avaient jamais été. Sans doute, ils ont eu des crises motrices, mais en même temps, j'ai vu leur intelligence s’éclairer, leur caractère s’adoucir. »

Ainsi, nous donnerons spécialement la belladone dans ces cas de stupeur, de vertiges et d’impulsions, qu'il y ait on non des crises, dès qu’on pourra soupçonner l’état morbide épileptique. Gette puissance de la belladone, vis-à-vis de l’état vertigineux, avait été déjà bien vue par les anciens auteurs dont nous citons les noms plus haut.

Dans d’autres cas où il y a simplement des crises sans troubles intellectuels bien apparents, la belladone est encore indiquée. Sous son influence les crises peuvent diminuer de fréquence (obs. II).

Enfin, comme nous l’avons vu dans l'expérience tentée sur tous les épileptiques du service, si le nombre et la force des attaques motrices ne sont pas modifiées, les malades sont cependant plus vifs, plus alertes. Bref, nous la donnerons dans tous les cas : « Chez certains épileptiques, dit M. le professeur Pierret, après avoir augmenté les crises convulsives, la belladone a rendu plus facile, plus aisée et plus constante la circulation de la force nerveuse, empêchant son accumulation intensive et

PMU a, de ce fait même, diminué le nombre et la force des attaques, soulageant ainsi les malades à tous les points de de vue. »

En terminant, faisons remarquer que la belladone est encore utile en facilitant les selles et en luttant avecavan-

tage contre la constipation toujours à craindre en pareil cas.

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