‹ De l'action des convulsivants dans les états convulsifs et particulièrement de l'action de la belladone chez les épileptiquesChapitre 4 sur 26 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quelques mots sur la Convulsion et les Etats

convulsifs en général.

Dans son acception la plus générale, la convulsion est, selon Ferrand et Vidal, une perturbation de la motilité caractérisée par un excès de l’activité motrice.

« C’est une hypercinèse », disait Romberg. Ce qui lui donne un cachet tout spécial, c’est que la secousse musculaire remplace l’élément actif du mouvement, c’est-à-dire la contraction.

Le muscle est l’agent essentiel de la motilité; si] dégénère, si sa nutrition est troublée, si ses éléments nobles subissent une perversion quelconque, la contraction disparaît ou n’est plus ce qu’elle devrait être, Mais ce pouvoir du muscle, pouvoir idio-moteur mis en lumière par les travaux d’Haller et de Claude Bernard, serait peu de chose dans l’espèce, si le système nerveux n’aidait à cette contraction même, pour la régir en

rmDEE quelque sorte, pour la favoriser ou pour la modérer. Ainsi des liens étroits existent entre le nerf et le muscle. Tout ke système nerveux, encéphale, mésocéphale, moelle, a pour but de répondre aux excitations du dehors, sous quelque forme que ce soit. D’après les recherches de Schiff et de son élève Herzen sur l’échauffement des centres nerveux, toutes les manifestations de la vie organique ou psychique se réduisent à des mouvements.

Les nerfs centripètes, sensitifs, ne transmettent aux centres nerveux que des variétés de mouvement qu’ils puisent dans les milieux extérieurs. Ces formes du mouvement s'accumulent dans les centres nerveux sous une forme inconnue, puis retournent au monde extérieur sous forme d’actions chimiques, calorifiques et surtout sous forme de travail des muscles striés. La cellule nerveuse est le seul élément où puisse s’accumuler une force nerveuse. Il existe certaines cellules capables d’emmagasiner spécialement cette force. Ce sont les cellules des cornes antérieures que l’on rencontre aussi dans l’encéphale. Il est une zone spécialement affectée au mouvement; c’est la zone psycho-motrice, zone des circonvolutions pariétales et frontales ascendantes, dont les fonctions ont été étudiées par Pitres et Unverreicht; l’excitation de cette partie du cerveau provoque des phénomènes d’épilepsie motrice. Mais cette zone n’est pas comme un îlot de substance cérébrale isolé au milieu du cerveau. Comme nous l'avons déjà dit, le système moteur est étroitement uni au système sensitif. Aussi ne faut-il pas s’étonner de voir des phénomènes sensitifs ou psychiques, tels que les auras, les impulsions, les délires, précéder, accompagner, suivre ou remplacer les attaques motrices. Ge qui caractérise

TA

l’état dit convulsif, ce n’est pas seulement le phénomène moteur proprement dit, la crise motrice chez l’épileptique, par exemple; c’est, si l’on peut dire, l'aspiration à ce phénomène moteur. Il est des épilepsies en puissance, virtuelles. Tel individu sera sujet à des vertiges, des impulsions, des accès de manie aiguë ou chronique, qui n’a jamais eu de convulsions, mais qui peut en avoir, sous l'influence de certaines toxines, ou de certains agents médicamenteux, ainsi que nous le verrons dans la suite. Cest, en un mot, ce que l’on appelle l’épilepsie larvée, cette forme entrevue par Hippocrate, lorsqu'il parle d’individus qui « perdant toute connaissance s’élancent de leur lit et font des fuites hors de leur maison ». Voilà, en quelques mots ce que l’on doit entendre par états convulsifs. Tous ces détails paraîtront peut-être superfius, mais ils sont cependant nécessaires pour la compréhension de notre sujet.

Page 1