‹ De l'action des convulsivants dans les états convulsifs et particulièrement de l'action de la belladone chez les épileptiquesChapitre 7 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Albertoni avait démontré, comme nous l’avons vu plus haut, que la belladone avait une action élective spéciale sur certaines parties du cerveau, et notamment qu’elle avait la propriété d’exciter d’une facon particulière la zone psycho-motrice. On fut alors porté à conclure qu’il ne fallait jamais donner de cet agent aux épileptiques.

M. le PROFESSEUR PIERRET, comme il le déclare lui-même dans une communication à la Société des sciences médicales de Lyon, inclina d’abord vers cette opinion. « Mais, dit-il, réfléchissant que l’épilepsie qui ne s’accompagne pas de grands accès moteurs est de beaucoup la plus dangereuse pour lintelligence, je pensai que cet agent pouvait être utile dans certains cas d’épilepsie larvée. Bien des épileptiques affligés de maux de tête, de vertiges, et de cette pléiade de malaises sensoriels et psychiques qui caractérisent le petit mal, soupirent après une grande attaque qui fréquemment les soulage. Les impulsifs souffrent réellement pendant tout le temps qu’ils

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préparent l’impulsion terminale toujours motrice, sinon convulsive, et se sentent soulagés quand ils ont dépensé une force nerveuse qui ne pouvait plus être retenue ».

Nous avons dit plus haut que les cellules nerveuses avaient la propriété d’accumuler en elles des forces nerveuses, forces qui peu à peu s’écoulent sous forme de mouvement. « Or, dit M. le professeur Pierret, les épileptiques retiennent dans leurs centres nerveux les forces qui devraient s’écouler sans cesse et, ne pouvant les dépenser peu à peu, les dépensent en bloc par une décharge toujours motrice. Donc, il faut non réduire au minimum la circulation de la force, mais la canaliser en quelque sorte, en rendant plus viables ses routes ordinaires ».

Ainsi voilà pourquoi nous emploierons dans le traite ment de l’épilepsie les convulsivants en général, et la belladone en particulier. Avant d’aller plus loin, nous allons exposer les observations que nous avons recueillies, donner sur chacune d’elles une juste appréciation, et voir si. la pratique confirme les données théoriques.

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