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Le procédé de HeInTz, qui est le plus employé, est basé sur la précipitation de l'acide urique dans l'urine par un acide.
On prend 200 cent. cubes d'urine que l’on additionne de 10 cent. cubes d'acide chlorhydrique pur et concentré (D = 1,12). On laisse reposer dans un endroit frais pendant trois jours. On recueille le précipité d'acide urique sur un filtre taré de petit diamètre (5 cent.). On sèche et on pèse.
Le filtre doit être séché à l’étuve à 105 degrés avant d’être pesé, et l’on doit prendre le soin de le laissser refroidir sur l'acide sulfurique pour éviter qu’il n’absorbe l'humidité de l'air.
Nous avons eu l’occasion de faire plusieurs dosages avec ce procédé. Suivant l'indication de M. Morressier (1), nous avons ajouté 4 cent. cubes d’acide chlorhydrique à 200 cent. cubes d'urine. |
Nous avons eu le soin de laisser toujours reposer pendant soixante-douze heures dans un endroit frais, comme le dit EsBACEH (2).
Le précipité d'acide urique était lavé avec 30 cent. cubes d’eau distillée froide, et ce lavage était toujours complet; puis il était lavé avec 5 cent. cubes d’eau, comme lindique* Yvon (3).
Comme coefficient de correction, SCHWANERT (4) a indiqué d'ajouter 0 gr. 0048 pour chaque volume de 100 cent. cubes d'urine et d’eau de lavage employée pour compenser la perte d'acide urique restant en dissolution. Les quelques lavages que nous avons effectués par cette méthode nous ont prouvé combien elle était infidèle.
(1) Moitessier, Contribution à l'étude de la créatinine et de son élimination. Thèse de Montpellier, 1891.
(2) Esbach, Bulletin de thérapeutique, 1877.
(3; Yvon, Manuel d'analyse chimique des urines.
(4) Neubauer et Vogel, De l’urine, page 279,
SX, 15.7 et
Tous les auteurs qui ont étudié la question du dosage de l'acide urique dans les urines reconnaissent que, malgré le coefficient de correction, les résultats ne sont pas exacts, parce que la précipitation de l'acide urique varie avec la richesse de l'urine en acide urique etles corps qui peuvent s’y trouver accidentellement.
MAGNIER DE LA SOURCE (1) a indiqué de doser les matières azotées de l'urine au moyen de l'hypobromite de soude à froid. La moitié de l’azote de l’acide urique se dégage. Il faut préalablement doser l’urée dans l'urine débarrassée de l'acide urique par le sous-acétate de plomb.
Nous ne faisons que mentionner ce procédé, nous n'avons pas besoin d’insister sur son peu d’exactitude, dû à la présence dans l’urine d’autres matières azotées que l'acide urique, qui sont décomposables par l’hypobromite.
EsBAcx (2) a indiqué, au lieu de peser, de décomposer l'acide urique précipité par le procédé de Heïntz au moyen de l'acide azotique.
Il a décrit un appareil gazométrique particulier.
La méthode est susceptible d'erreurs aussi grandes que par simple précipitation et pesée, bien qu’EsBacH emploie l'acide acétique cristallisable. Nous n'avons pas besoin d'insister sur ce procédé.
Byasson (3) indique la précipitation de lacide urique par la baryte. Il emploie une solution contenant 30 grammes de chlorure de baryum et 50 grammes d’hydrate de baryte pour un litre.
50 cent. cubes d’urine légèrement acidulée par l’acide sulfurique sont précipités par cette liqueur ; le précipité est filtré,
(1) Magnier de la Source, Bulletin de la Soc. chim. de Paris, XXI, p. 29, 1877.
(2) Esbach, Bulletin de thérapeutique, 1877.
(3) Byasson, Journ de pharm. et de chim., 5° série, VI, p. 25, 1882.
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lavé et recueilli dans un ballon. On le chauffe après addition d'acide sulfurique et on dose l'acide urique par une solution au millième de permanganate de potasse, sachant que 1 cent. cube correspond à 0 gr. 0033 d’acide urique.
Ce procédé, qui paraît assez simple, n'a pas été contrôlé. On ne sait si tout l'acide urique et l’acide urique seul est précipité dans l’urine par la solution barytique. Il existe aussi bien d'autres matières azotées qui peuvent agir sur le permanganate.
Enfin, les expériences de BLaREz et DENIGES (1) démontrent le peu d’exactitude du dosage par le permanganate. Ces auteurs ont prouvé, par des expériences, que la proportion de permanganate à employer est fonction du degré d’acidité et de la dilution du mélange.
Il faut faire intervenir un coefficient de correction en se plaçant encore dans des conditions spéciales, qu'il serait difficile de réaliser constamment dans les dosages cliniques.
Cook (2), dont nous avons cité plus haut (3) les recherches
sur l'élimination de l'acide urique, indique un procédé parti- culier.
Voici le mode opératoire :
On prend 3 ou 400 cent. cubes d'urine, on ajoute quelques gouttes de solution concentrée de soude caustique pour précipiter les phosphates. |
On prélève 100 cent. cubes de solution claire et on ajoute environ 4 cent. cubes d’une solution de sulfate de zinc au tiers.
On doit ajouter du sulfate de zinc jusqu’à ce que la liqueur rougisse le papier de tournesol bleu. Cependant il ne faut
(1) Blarez et Denigès, Comptes rendus . de l'Académie des sciences, CIV, p. 789, 1887.
(2) Cook, Brit. med. Journ., avril 1882. ‘
(3) Voir page 21. Ù
a DE pas que la liqueur soit trop acide, le précipité d’urate de zinc doit être recueilli en solution neutre ou faiblement acide.
On filtre et on lave sur le filtre avec de l’eau saturée d’urate de zinc.
Le précipité d’urate de zinc est placé dans un appareil à dosage d’urée par l’hypobromite et décomposé par ce réactif.
Dans une expérience préalable on a déterminé la quantité de gaz fourni par une quantité donnée d'acide urique précipité à l’état d’urate de zinc.
Cook n'indique pas de chauffer, cependant l’hypobromite ne décompose entièrement l'acide urique qu’à chaud.
L'auteur dit que l’on pourrait titrer l'acide urique par Paction réductrice de l’urate de zinc sur la liqueur de Fehling.
Nous avons essayé ce procédé. Il est assez long, le précipité d’urate de zinc est gélatineux, très difficile à recueillir et à filtrer. Nous avons essayé de doser l'acide urique du précipité d’ürate de zinc par le permanganate, mais les objections de BLAREZ et DENIGES sont applicables dans ce cas comme dans le procédé de Byasson. C’est ce qui nous a déterminé à abandonner la méthode de Cook.
M. Bayrac (1) indique le procédé suivant pour séparer lacide urique de l'urée, de la créatinine, de la xanthine et des sels de l'urine.
On évapore 50 ou 100 cent. cubes d'urine à 1 ou ? cent. cubes, et sur le résidu refroidi, additionné de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, on verse 30 à 40 cent. cubes d'alcool à 95 degrés, et on jette sur un filtre sans plis. On place le filtre et son contenu dans la capsule qui a servi à l'évaporation, on dessèche à l’étuve, et le résidu insoluble dans l’alcool est dissous dans un peu d’eau alcalinisée par quelques gouttes de lessive de soude.
(1) Bayrac, Comptes rendus de l'Académie des sciences, CX, p. 362, 1890.
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Cette solution est décomposée ensuite à chaud par l’hypobromite de soude.
Ce procédé peut donner de bons résultats, mais il est encore trop long pour être facilement employé dans les dosages cliniques.
En résumé, de tous les procédés que nous venons d’énumérer, le plus pratique serait, pour avoir un résultat en peu de temps, la méthode de HEINTZ, précipitation par l'acide chlorhydrique, et encore on ne peut avoir le résultat qu’après quarante-huit heures au moins de repos. On ne peut cependant l'adopter à cause des écarts considérables dans les chiffres obtenus.
Dans les conclusions de son travail, M. DEROIDE dit :
« Le dosage de l'acide urique dans l'urine, d’après la méthode de HEINTz et d'EsBacx, donne des résultats qui sont entachés d’une erreur de 20 à 40 milligrammes pour 100 milligrammes d’acide urique. » 5
Pour une urine d’une richesse de 500 milligrammes, éliminée en vingt-quatre heures, la perte peut donc être de 10 à 20 centigrammes. |
Nous verrons plus loin que ces résultats sont confirmés par nos expériences personnelles (1).
Nous allons examiner particulièrement la méthode de MM. ARTHAUD et BUTTE, que nous avons cru devoir adopter.
(1) Voir plus loin, pages 49 et suiv.
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