‹ De L'Action Du Benzoate De Soude Sur L'Élimination De L'Acide UriqueChapitre 18 sur 27 · D'UN · texte numérisé non relu

D'UN

gr. gr. gr. mmgr.

9 OMS 0240 0.245 SR acide 10 0.150... 0:195 0.233 te) alcaline 11 0.155 0.201 0.233 + 32 alcaline 12 0,200 0.260 0.233 — 27 neutre 13 0.150 0.195 0.233 + 38 alcaline

Moyenne] 0.168 | 0.218 0.235 Hel7

Dans trois cas (n° 10, 11 et 13), l'erreur a été assez forte ; mais aussi l’urine était alcaline, ce qui augmente la perte par précipitation. De plus, le benzoate de soude qui pouvait être contenu dans l'urine à l’état d'acide benzoïque a pu gêner la précipitation. Il aurait fallu remplacer ici le coefficient de correction de 30 pour 100 par un plus élevé, 40 pour 100 par exemple.

Néanmoins, la moyenne nous indique que, dans cette série particulière de dosages, l’erreur possible avec la méthode d’Arthaud et Butte ne dépasse pas 0 gr. 02, limite de sensibilité du procédé.

Nous ne croyons pas nécessaire d’insister sur les avantages de cette méthode. Les chiffres que nous venons de citer montrent que la correction du tiers à retrancher du chifire obtenu par la simple lecture du nombre de centimètres cubes employés est légitime et exacte. Ces mêmes chiffres comparés à ceux donnés par la pesée de l'acide urique précipité font voir le peu de concordance de ceux-ci. Chez le même malade, toutes conditions égales d’ailleurs, d’après la pesée seule, l’acide urique pourrait varier du soir au lendemain de 0,195 à 0,145 ou encore de 0,155 à 0,200. Au contraire, les chiffres donnés par l’autre méthode sont concordants.

LRO EE

Pour terminer ce qui est relatif au procédé volumétrique, disons que M. DucunG à proposé de modifier la formule de MM. ArTHAUD et BUTTE en augmentant la quantité de sulfate de cuivre d’un tiers pour éviter la correction. Il a adopté

la formule suivante :

Solution À

Sulfate de cuivre cristallisé pur . . 4 gr. 47

Acide sulfurique... . . . . mn DOUTER)

Has tee E CAEN RARE Q. S. pour 1000 cc.

Solution B

Hyposulfite de soude . . 1.4.1 45 grammes.

Sel de Seignette . . . . ., . . 45 —

Bad distlééns EAN ant Q. S. pour 1000 cc.

Le mélange à volumes égaux de ces deux liqueurs précipite dans l’urine 1 milligramme d'acide urique par centimètre cube.

Nous devons citer aussi, pour être complet, l'opinion de M. Ducun& sur la cause qui retarde la précipitation de l'acide urique dans l'urine. |

« L’acide urique se trouverait dans l'urine, non pas à l’état d'urate ou d'urophosphate, mais à l’état d’uréide complexe. Le dédoublement de cette uréide donnerait en présence de l’hyposulfite cuivreux deux équivalents d'acide urique précipitable et un équivalent de substance solubilisante. »

Cette substance solubilisante se combinerait à l’hyposulfite de cuivre avant que ce réactif pût agir sur l'acide urique, d’où perte d’une partie du réactif employé.

INFLUENCE DE L'ACIDE BENZOÏQUE ET DU BENZOATE DE SOUDE SUR LA DÉCOMPOSITION DE L'ACIDE URIQUE IN VITRO ET SUR SON ÉLIMINATION DANS LES URINES

Nous avons résumé au début (1) de notre travail les recherches qui ont été faites pour élucider cette question de chimie biologique. Nous avons trouvé les avis partagés.

Sous l'influence du benzoate de soude la quantité d’acide urique éliminé :

a) Diminuerait (GARROD, NOoEL-PATON) ;

b) Augmenterait (SALKOWSKI, ViRCHOW) ;

c) Ne varierait pas (Cook).

Comme, d’après ses travaux, GARROD (2) avait annoncé que acide urique était détruit par les alcalis à la température de 38 degrés, nous avons tenu à vérifier ces résultats avant d'aborder l'exposé des expériences que nous avons entreprises pour étudier l’action physiologique du benzoate de soude chez l’homme.

Par conséquent nos recherches personnelles sont de deux ordres :

Les unes, comprenant l'étude in vitro de la décomposition de l'acide urique par les alcalis et le benzoate de soude ;

Les autres, étudiant spécialement l’action physiologique de l'acide benzoïque et du benzoate.

(1) Voir plus haut, pages 11 et suiv.

(2) Voir plus haut, page 13.

M) do

I. — Décomposition de l'acide urique IN VITRO par les alcals et le benzoate de soude.

Ces premières recherches pouvaient nous donner l’explication des phénomènes physiologiques que nous voulions étudier ensuite. Nous avons cru devoir nous en occuper tout d’abord.

Expérience I

Le 12 avril 1892 (1), nous faisons dissoudre ? gr. d'acide benzoïque et 0 gr. 050 d’acide urique dans 200 cent. cubes d’eau rendue alcaline par la soude caustique pour avoir une dissolution limpide. La proportion d’acide était de 1 partie pour 40 d'acide benzoïque. |

Nous laissons au repos pendant huit jours, et le 20 avril nous abandonnons la solution pendant neuf heures dans une étuve à 40-45 degrés.

Nous précipitons le 21 avril par 4 cent. cubes d’acide chlorhydrique après avoir neutralisé la liqueur.

Le précipité recueilli, lavé à l’eau d’abord, à l’alcool chaud ensuite pour dissoudre l'acide benzoïque , nous a fourni 0.gr. 008 d'acide urique au lieu de 0 gr. 050.

En faisant intervenir le coefficient de solubilité de l'acide urique, indiqué par SGHWANERTT (0 gr. 0048 pour 100 cent. cubes d’eau), il y aurait 8 + 9 mmgr. 6, soit 17 mmgr. 6 au lieu de 50. La perte serait donc de 22 mmgr. 4, soit environ des trois cinquièmes.

Expérience II Dissolution de 3 gr. de benzoate de soude et 0 gr. 075

d'acide urique dans 300 cent. cubes d’eau rendue alcaline par

(1) La partie expérimentale de notre travail a été effectuée dans le laboratoire de toxicologie de l’École supérieure de pharmacie.

RS tue la soude caustique, soit une proportion de 40 parties de benzoate pour Î partie d’acide urique.

Nous plaçons le mélange pendant vingt-quatre heures à l’étuve à 35-40 degrés. Après ce laps de temps, nous précipitons l'acide urique par l’acide chlorhydrique, en opérant sur 200 cent. cubes.

La liqueur ne donne pas à ce moment la réaction de la murexide (1).

[Il n’y à pas non plus de précipité par l’hyposulfite de cuivre, pas de réduction par le nitrate d'argent.

Nous trouvons à la pesée 0 gr. 021 d'acide urique au lieu de 0 gr. 050. La perte est donc de 0 gr. 029, soit aussi des trois cinquièmes environ.

Vingt-quatre heures de séjour à l’étuve ont suffi.

Expérience III

Dissolution de 3 gr. de benzoate de soude et de 0 gr. 075 d'acide urique dans 300 cent. cubes d’eau rendue alcaline par du carbonate de soude.

Séjour de vingt-quatre heures à l’étuve à 35-40 degrés.

200 cent. cubes de la liqueur fournissent 0 gr. 013 d’acide urique au lieu de 0 gr. 050. La perte est de 0 gr. 037, soit d’un peu plus des trois cinquièmes.

Nous nous sommes assuré qu'après le séjour de vingt-quatre heures à la température de 35-40 degrés, le liquide ne réduisait plus le nitrate d'argent et ne précipitait plus l’hyposulfite de cuivre.

(1) L’acide urique ou un urate est chauffé dans une capsule de porcelaine avec un peu d'acide azotique ; il se dégage des vapeurs rutilantes, et le résidu rougeâtre se colore en bleu pourpre avec l’ammoniaque très étendue. — C'est le purpurate d'ammoniaque ou murexide.

NES Cette nouvelle expérience prouve que le carbonate de soude peut remplacer la soude caustique, sans qu’on obtienne une différence dans les résultats.

Expérience IV

Garrop, dans son mémoire, dit que pour détruire l’acide urique il faut employer au moins 40 fois son poids de benzoate de soude. Les trois expériences précédentes prouvent que cette quantité produit bien ce résultat.

Dans notre quatrième expérience, nous avons employé parties égales des deux corps.

Une dissolution contenant :

Benzoate de soude + . . - . . . 1 gramme.

AGO TION ATEN LS SENLR ES IEEE 0 gr. 050.

placée à l’étuve à 35-40 degrés pendant vingt-quatre heures, ne donne plus, au bout de ce laps de temps, la réaction de la murexide, ni le précipité d’urate cuivreux.

Expérience V

Sachant que vingt-quatre heures suffisent pour détruire de petites quantités d'acide urique, nous avons voulu connaître la durée de séjour à 35-40 degrés nécessaire pour décomposer une plus grande quantité d’acide urique, 0 gr. 250 par exemple.

Dissolution contenant :

Benzôate'dé Soude . .,:, : . . 1 gramme.

ACTUS ULTIME EME Den MR 0,250 millier.

Hautes CR RE Re 500 cent. cubes.

avec soude caustique et carbonate de soude.

Nous plaçons la solution le 8 mai dans une étuve à 35-40 degrés.

9 mai. — Pas de modification. Réaction de la murexide. Précipité d’urate cuivreux.

11 mai. — Après trente-huit heures de séjour à l’étuve,

nous n'avons plus de précipité, par l'acide

chlorhydrique, ni par l'hyposulfite de cuivre. .

Par conséquent, nous pouvons admettre qu'après trente-

huit heures de séjour à la température de 37°5 en moyenne, les 0 gr. 250 d’acide ont été décomposés.

Expérience VI

Dissolution contenant :

Bénzoate dé soude lee 5h 2e 45 grammes.

PORN PUeS OT Nr 0 gr. 500.

pour 500 cent. cubes d’eau alcaline.

Dans cette sixième expérience, nous avons voulu rechercher si la quantité de benzoate de soude ne rendrait pas la décomposition plus rapide. [1 ÿy à 30 parties de benzoate pour 1 d’acide urique (dans l'expérience précédente il n'y avait que 4 de benzoate pour 1 d’acide urique).

9 mai. — Après vingt-quatre heures (le séjour à 35°-40e. Pas de modification.

41 mai. — Après quarante-huit heures.Pas de modification.

12 mai: — Après soixante-douze heurés. Pas de modification. . |

43 mai. — Après quatre-vingt-seize heures. Plus de pré-

cipité par l’hyposulfite de cuivre. Pius de réduction par le nitrate d’argent. Pas de

réaction de la murexide.

Le temps nécessaire à la décomposition a été ici deux fois plus long, la dose étant aussi le double. Le benzoate de soude ne paraît pas avoir agi pour activer la destruction de l’acide

urique.

AS

Expérience VII

Dissolution contenant :

.Benzoate de soude. . . 1 gramme.

Urate acide de sodium . 0'gT. 262.

DOUCE AU ed Neo 500 cent. cubes.

Nous avons dans cette nouvelle expérience supprimé l’alcali destiné à faciliter la dissolution de l’acide urique, et nous avons remplacé ce dernier par de l’urate acide de sodium. 282 d’urate acide de sodium correspondent à 250 d'acide urique.

Après trente heures de séjour à l’'étuve à35-40 degrés l’urate avait été décomposé. |

Nous pouvons en conclure que la décomposition de l’urate se fait aussi rapidement que celle de l’acide urique, même en l'absence d'alcali. Néanmoins remarquons que l'urate acide de sodium comme le benzoate de soude donne à la liqueur une réaction alcaline au tournesol.

Expérience VIII

La présence du benzoate de soude ne nous paraissant pas nécessaire, nous avons voulu nous en assurer par cette nouvelle expérience.

Nous avons fait une dissolution contenant 0 gr. 282 d’urate acide de sodium pour 500 cent. cubes d’eau.

11 mai. — Nous plaçons le liquide dans l’étuve à 35°-40°.

12 mai. — Après vingt-quatre heures de séjour : légère

précipitation par le réactif cuivreux et par le nitrate d'argent. Le dosage par le réactif cuivreux donne 0 gr. 150 d'acide urique au lieu de 0 gr. 500 pour 1 litre.

13 mai. — Après quarante-huit heures de séjour à l’étuve il ÿ a encore une légère précipitation par l’hyposulfite de cuivre et une lévère réduction du nitrate d'argent.

14 mai. — Après soixante-six heures d’étuve, plus de réaction. Nous devons conclure que l'acide urique avait été décomposé sans l'intervention d’aucun autre réactif, mais cette décomposition avait été bien plus lente que celle obtenue dans léxpérience précédente avec le benzoate de soude (soixante-six heures au lieu de trente). I faut noter que la réaction de la liqueur au papier de tournesol était alcaline.

Ces expériences confirment donc les résultats de GaRRon, le benzoate de soude détruit in vitro à la température du corps humain l’acide urique, mais cette décomposition est lente. |

Elle se produit bien sans l'intervention de réactif tel que le benzoate, mais elle est alors encore bien plus lente et il faut près de trois jours (soixante-six heures) pour décomposer 0 gr. 250 d’acide urique.

Nous avons cherché à savoir quel pouvait être le composé nouveau, qui prenait naissance et dont nous n'avions pu isoler que des traces, en évaporant à siccité les résidus de nos solutions.

NENCKI et SIERER (1) ont étudié cette question et ont trouvé que l'acide urique se transformait en présence des alcalis à la température d’incubation (35°-40°) en acide uroxanique.

(1) Nencki et Sierer, Jahr. bericht d. Thier-Chemie, XII, p. 362, 1882.

Mt

La formule de l'acide uroxanique C°H° Az‘ Of diffère de

celle de l'acide urique C° H* Az! 0° par 4 H et 3 O en plus. Nencxi et SiERER admettent la réaction suivante :

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