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80 et au-delà.
Nombre total..
Si à présentiiQus inulliplions chaque clùffre de ce tableau par le nombre moyen de l'âge qui est en marge, et que nous divisions ensuite par mille le total obtenu dans chaque colonne , nous Irouveions que la société de l'état de Aermont, encore dans l'enfance, se compose de membres
ayant Fun dans l'autre ij ans 5 moisj
que la société de tous les Etats-Unis est
dans l'adolescence et a 21 — 7 —
que la société en Angleterre est dans la
virilité et a 25 — f) ~~
que la société en France est dans la nia-
iurilé et a 3i — G —
que celle du Calvados est dans la vielllosse
cl a :.4. — 5 —
Si la jeunesse <'st un avaii(;ig'', [a sociclc dans les Etats- Unis paraît en avoir un grand sur l'îlin-ope; mais cet avanlatje est commun à tous les pavs malsains ; l'excessive insalubrité de l'air en est la principale cause ; un pays 04
Ton dessèche les marais et défriche des terres fraîches , no permet qu'à bien pea de ses habitans de vieillir. Dans le tableau précédent nous voyons que sur mille personnes divisées en neuf périodes de la vie , le nombre des gens du premier âge de la virilité , c'est-à-dire de vingt à trente ans, est le seul qui soit égal dans chacune de ces cinq contrées, du moins à quelque chose près, puisqu'il ne varie que de i5o à i6o. Mais ces i5o jemics personnes n'ont dans lo Vermont que i5G aînés, tandis qu'ils en ont 628 dans h; Calvados.
L'air en Angleterre est aussi saîubrc qu'en France ; les Aîîglais jouissent donc de la même santé et de la même longévité que les Français. Les registres, antérieurs à 1780, nous prouvent qu'à celte époque l'âge de ces deux sociétés a peu près égal était de vingt-huit ans. Le système sur la tenue des terres a changé dans l'une et l'autre monarchie depuis cinquante ans ; elles ont marché en sens inverse avec une telle vélocité que l'Angleterre a rajeuni de trois ans , et que la France a vieilli d'autant ; eîh^s ont donc aujourd'hui une différence d'âge de six ans. On verra bientôt que l'explication de ce phénomène appartient à mon sujet , et peut-être soumettra-t-elle enfin l'intelligence l'écalcitrante de mon lecteur au joug de la vérité.
• Le sol de l'Angleterre ,* comme celui de la France, était en 1780 exploité partie en grande, partie en petite culture, et leur population depuis cent ans s'augmentait à peu près de 9 à 10 p. 0/0 tous les dix ans. A cette époque, et pour nombre de raisons trop longues à déduire, on entreprit en Angleterre beaucoup de partages de terres communales; le système, d'après lequel ces partages se firent et se font encore, aggloméra et agglomère encore des terres dans les mêmes mains; nonibre de chaumières ont été détruites, de [grandes fermes ont été construites, et sans le vouloir, le
prévoir ou môme le savoir, il se trouve que la quantité de noarrili.ire que produisait ch.'uj;ic agriculteur au iiicu ta à ce point que la population qui, tous les dix ans, ne s'accroissait que de lo p. o/o, a accru depuis lors de i5 à 16 p. 0/0.
La France, agissant dans un système oppo.-é , a surtout depuis la révolution détruit ses grandes cultures; ses lois ont divisé et divisent le sol; il se trouve donc que malgré les découvertes modernes dans l'art des exploitations rurales, le même travail four: il moins de nourriture, et que l'accroissement de population qui, tous les dix ans, était donc de 10 p. 0/0 . s'est ralenti à 6 i/3 p. 0/0.
Au i^"^ janvier 1781 , l'âge commun de chaque mille personnes en Angleterre et en France était de 28 ans. Dix ans après, au 1'='" janvier 1791, sur ces mille personnes il en était mort 357 ; s'il n'en était né que le même nombre, l'âge commun serait resté le même qu'en 1781. Ces 357 nouveaux vonus avaient en 1791, à peu près cinq ans les uns dans les autres, ce qui, avec les années accumulées sur les 643 survivans du premier mille, complcttait l'âge commun de 28 an? ; mais au lieu de 357 ^l'f^ns, il en est né pendant celte période ^lo en Angleterre, c'est-à-dire 53 de plus qu'en 1781 ; onze d'entre eux sont morts dans l'intervalle des dix ans, il en est resté au 1*' janvier 1791,