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yoki les momeiis les plus honteux de nos quarante an» de honte, l'elle est l'incoiiséquence ou plutôt rinimoralitc des honniies. Quand le pouvoir imprudent entreprend d'établir des nouveautés, chacun espère dans ce inouvenient de liaut et de bas, de va et vient, améliorer sa siturjt'.on. Alors s'est faite celle irruption de tant de gentil, hommes jusqu'alors si fidèles à leur ordre, si nobles dans le sacrifice de leqr vie et d<; leur foitunc pour acheter ou mendici" les suffrages de leuis spoliateurs, et après les avoir obtenus, pour venir lutter de servilité à la cour, afin de faire partie d'un corps dont l'cxisleiice éphémère ne constate autre chose que la destruction des privilèges de leur ordre. Au règne de la sédition a succédé celui des subterfuges, des mensonges, des fraudes eldes corruptions. Jamais laFrancc n'a éprouvé plus de dégoût dans sa soumission. La charte, pui- qu'ainsi cela s'appelle, a été faite pour Justifier la révolution; elle ne peut donc, par son texte comme par sou esprit, être mise en scène que par les révolutionnaires. Les royalistes n'avaient pas le droit de s'y opposer, puisqu'ils n'en avaient pas la force; ils n'avaient autre cho;e à dire que ce que dit cet amba.ssadeur français à Madrid aux comédiens qui le priaient de permetli'e qu'on représentât la bataille de Pavle : «Jouez ce que vous voudrez, j'y serai. " En effet, au moment où François l^"^ vaincu se mettait à gciioux pour demander la vie , l'ambassadeur se jeta sur le th(;.11re et passa son épé(> au travers du corps de ce François l^"^ d'une nouvelle trempe. Les royalistes devaient se recruter, serrer leurs rangs et, connue Tamb-issadeur , se tenir à la représentation de ces représentans d'une nouvelle trempe aussi.
l\ntrer dans la charte pour la disloquer, était déloyauté envers leurs nouveaux alliés; mais enfin les voilà évincés cl pour toujours, j'espère j et encore à leur retour, devons-
. ( 2(^7 ) nous leur dire qu'ils ont bien fait, et les traiter comme si, nouveaux Zopires, c'était pour nous qu'ils s'étaient ainsi mutilés- et nous reverrons ces jours d'honneur où chacun,, inébranlable à son poste, indiquait, par les vides qui l'entouraient, les sacrifices de sang qu'avait coûié sa cause, Kt comment les Français, attachés à l'autel et au trône, iraient-ils se départir de principes et d'institutions qui du peuple français ont fait le peuple le plus heureux et le plus éclairé de 1 univers, pour suivre l'impulsion de ces éternels fiophisies qui l'ont amené à tant de malheurs ?
Que le tiers-état lui-même , pour lequel ils affectent tant d'intérêt, compare son existence passée avec celle qu'on lui propose. Autrefois, il formait un des trois corps de l'état ; égal en pouvoir à la noblesse et au clergé, il leur était supérieur par le nombre et la fortune; toutes les mairies, toutes les distinctions et les pouvoirs municipaux dont les jouissances et la considération se faisaient sentir à toute minute , toute l'administration jusque dans ses dernières ramifications, à partir du ministère et des intendances, toutes les places de finance , toutes les entreprises et les fournitures du gouvernement, toutes les magistratures de premier ressort lui appartenaient exclusivement, et à l'honneur de ces fonctions étaient attachés des émolumcns considérables. La noblesse formait également un corps; elle avait à elle les places de la cour et de l'armée , les ambassades et les magistratures supérieures , toutes places auxquelles, certes, il était dû. et accordé de grantls honneurs, mais souvent aux dépens de la fortune de ceux qui en jouissaient. Dussé-jc être accusé d'un sentiment de jaloi^sie contre la noblesse , je dois dire qa'elle a envahi tovilcs les places du tiers-état, et que le tiers-état, à très-peu d'exceptions près, n'a pas pénétré dans les siennes. On pouvait , on devait, on peut, on doit tout faire en faveur de la noblesse, mais en choses fai-
saLlos , en choses dignes de sa naissance , de son rang , do ses magt.ifiqiies anlécédenset de sa hiérarchie dans l'élat.
Un tiers de la France ert encore inculte. Que le gouvernennent fonde des terres; que les lois les mettent à l'abri de l'imprudence des générations suivantes ; que des avances de capitaux et des règles de culture leur soient assignées, et l'on verra, et bientôt sans doute , l'harmonie se rétablir là où règne un désordre qui ne règne qu'en France et chez celles des peuplades de l'Allemagne qui, en repoussant leurs antiques lois, y ont substitué notre code civil, nos absurdités représentatives et nos ser\'ililés héréditaires. D'ici à une époque peu reculée, d'après cet ordre naturel et invincible des choses, elles sont destinées à devenir la proie des peuples à grandes cultures. Qu'on rétablisse la noblesse sur Jes principes protecteurs des grandes propriétés inaliénables, et vous verrez le ncn.bre des mariages et leur fécondité rentrer dans leurs proportions avec les lois de la nature; vous verrez cesser cette inquiétude, qu'il vous plaît de nommer vague, mais qui e^t au contraire bien fixe et bien ardente; elle pénètre chaque individu d'une agitation qui se conîuuir.ique de lu à la famille, et de la famille à Tetat.
Mais, hélas ! que parlé-je de faire, lorsqu'on ne veut pas même laisser faire. 11 est une loi de la Pro\ider.ce qui veut que tout ce qjn se détruit vite puisse se rétablir de même ; celte loi s'applicjue au clergé. A l'époque du retour des, Bourbons, la France, punie et fatiguée de tant de haines . était avide de ler.lrer dans le culte de ses pères; toutes les mères ont béni le jour où elles ont vu multiplier ces rouvens dans lesquels leurs filles reçoivent une éducation aussi solide qu'élevée; les pères , quelle que (à\ leur opiriion et leur intérêt, ont aidé de tous leurs moyens l'établi.'-semenl des séuiiiiaires , afin qu'une congrégation religieuse et célibalai;e éloufial chez leurs enfans ces scntimens d'orgueil cl
. ( 269 ) d'ambition qui ont causé tant d'écarts et de malheurs aux parens: une foule d'individus, que les malheurs de nos temps ont laissés isolés dans ce monde, ont voulu aider de leur fortune ce retour qui paraissait promettre à la France des jours plus heureux : et voilà le mouvement que vous voulez arrêter! vous ne voulez pas croire à l'homme qui fait de nobles sacrifices de temps et de fortune, et vous irez croire à celui qui en demande , à celui qui promène son avidité dans les antichambres, et qui, dans toute abnégation de dignité , obsède le pouvoir pour en obtenir indistinctement une pairie ou un bureau de tabac !
Notre monarchie, désorganisée par le pillage et le partage des terres , se trouve encombrée d'une foule de célibataires hors de toute proportion avec l'état ordinaire de la société. Il se présente un moyen d'en employer une partie de la manière la plus avantageuse pour Tétat et la plus noble pour eux ; et vous cherchez à borner ce nombre , ce nombre dont le principal emploi est d'amortir les passions et de consoler les privations de celte foule à qui les moyens les plus légitimes, tels que le travail et l'économie, sont insuffisans pour se faire une famille ! C'est cependant au clergé et au clergé seul que vous devez l'armistice momentané qui existe entre la révolution et le trône ; c'est à lui et à lui seul que vous devez ces fondations qui assurent aux peuples tant de secours dans leurs maladies et leur pauvreté ; c'est sa charité discrète qui soulage tant de pauvies honteux, unissant toujours l'économie à la générosité; c'est à lui que vous devez ce qui constitue la seule démocratie tolérable dans un état, l'éducation religieuse des pauvres et l'instruction plus élevée des classes mitoyennes de la société; c'est à lui que vous devez de voir successivement diminuer le nombre des délits et des punitions. Tout ce que vous avez de vrai, de bon, de beau , vous le lui devez, et s'il vous
nianqnc quelque cViosc, n'en acrvisoz que vos offorls pour paralvser les siens. Un tiers (\v. la France , je le répète , e>t encore inculle; permellez-iui d'en acheter sa part, et bientôt vous verrez tous vos paysans abandonner l'humble bêche et le morceau stérile de terre qu'ils occupent , pour devenir les fermiers de propriétaires aussi intelligens que généreux.
Chargez un ordre régulier de fonder cent fermes et d'en ;\ppliquer les revenus au succès de l'architecture , et la France aura bientôt ses A ignole et ses PallafVo. Permettez à un ordre rival de se dévouer également à l'agriculture, d'en appliquer les produits à la musique . et la France aura bieniôl ses Mozart, ses Cimarosa et ses P».ossini : que le même système encourage la peinture, et nous aurons nos Raphaël el nos Miirilios; enfin on verra de nouveaux succès effacer ceux que nous devons déjà à ces corps réguliers.
Qu'on accuse ces plans d être chimériques , toujours vaudronl-ils ceux qui ont livré le sort de la France à des députés à patente, ou des pairs à cautionnement. I>u moins la France a trois cents ans d'expérience et de gloire dans ces sortes de chimères, et elle n'est pas la seule. J'entends d'ici nos électeurs se récrier qu'on veut faire d'eux des Es- ])agnoIs; nous nous en garderions bien , d'après les inimitiés dont nous sommes animés contre les opinions constitutionnelles, ei qui finiraient par éclater si la simpliciié de nos compa'riotes n'était faite pour dé-^armer la colère la îîiieux fondée ; si nous pouvions faire des Espagnols, nous les mettrions dans nos rangs, el nous en connaissons cinquante que nous souhaiterions de voir en France. Et pourquoi les Français ne se soumettraient-ils pas à être Espagnols ? Ne se sont -ils pas succes>ivemenl soumis à la conslilution de l'Assemblée cor.sliluanle , h celle de l'A^ semblée législative , à la Convention et -on rnmilé de salut-
( :î70 jMiblic , à la République et soi- Directoire, à ses troisConsuls éligibles, puis au Consulat à vie , à l'Empire avec le Tribunat et la tiibune, puis à l'Empire sans Tiibunat ni tribune ; ensuite à la cbarte de i8i4, à celle des ceiît-jours, de là à celle de la restauration de i8i5, puis celle de 1816 , qui diminuait le nombre des députés , à celles de 182 1 qui l'augmentait et donnait le double vole, enfin à la charte de la septennalité , la première de toutes qui soit arrivée à l'âee de cinq ans? El l'qn ose, d'après d'aussi honteuses expériences, attaquer des institutions qui depuis dix-huit cents ans ont produit des eTels aussi miraculeux !
Que l'autorité apprenne donc que l'exercice du pouvoir le plus étendu et le plus absolu lui est seul facile; que ce n'est que dans cet exercice qu'elle retrouvera les moyens d'accordei' sa sécurité et la nôîre avec la liberté de tous ; que la destruction de la noblesse et le partage des terres , qui en a été la suite , ont amené la France à un degré de dis- • solution et de faiblesse qui contraste d'une manière menaçante avec la force des puissances du nord dont la marche a été plus sage ; que ce partage a frappé le corps social dans son intérieur d'une maladie dont la France seule est atteinte et dont elle ne peut connaître la cause, la dimiDuîion progressive du nombre de^ mariages; que dans le clergé et le clergé seul se trouve momentanément la défense de la société contre des périls aussi imminens.
Mais si, aveugles ou insensibles à ses maux, ses chefs la laissent succomber, le clergé ne succombera pas : il est tellement identifie à l'état , à la famille , que , quel que soit le sort qui nous attertll , comme prêtre il gagnera en puissance ce qu'il perdra comme Français.