PARTIE EXPÉRIMENTALE
Synthèse du dinaphtylènetiophène et du décacyclène..
Cent grammes d’acénaphtène et vingt-trois grammes de soufre finement pulvérisés dans un mortier et bien mélangés, sont placés dans un ballon rond d’environ un demi-litre muni d’un thermomètre servant à indiquer la température des différentes phases de la réaction. On chauffe alors très doucement à petite flamme ; le mélange ne tarde pas à entrer en fusion vers environ 100° c.: une forte réaction se produit alors avec dégagement d'hydrogène sulfuré, en même temps que la masse fondue se colore petit à petit en rouge foncé. On continue à élever doucement la température, à mesure que la réaction d’abord très impétueuse, devient moins forte; vers 240° la masse rouge foncé liquide se solidifie pour entrer de nouveau vers 280° en état de fusion; enfin on pousse et maintient, durant quelques minutes, la température jusqu’à 29g0°, élévation qu'il est absolument indispensable de ne pas dépasser, car il se formerait alors des produits de décomposition ce qui donnerait
un mauvais rendement et rendrait très difficile l’extraction et la purification des corps obtenus.
La masse une fois refroidie, présente un aspect granuleux et nettement cristallin ; traitée à plusieurs reprises par de l’alcool bouillant, on la débarrasse de l’acénaphtène non entré en réaction. La substance restante est maintenant soumise à l’extraction plusieurs fois répétée à l’aide du benzène; par la concentration des solutions ainsi obtenues, on arrive à avoir un corps rouge qu'on purifie, après l'avoir . mélangé à du noir animal, par des cristallisations répétées dans le toluène, et qui se présente à l’état pur sous l’aspect de splendides aiguilles d’un rouge clair.
Si la réaction est bien faite, on obtient un rendement de 35 °/, à 40 °/,.
Après extraction complète de la masse primitive par le benzène, on constate encore dans le ballon rond la présence d’une substance cristalline jaunâtre. Cette dernière est traitée une fois par du toluène bouillant afin d’en séparer les restes de corps rouge pouvant encore s’y trouver. Dans le but d’arriver à une purification plus complète, on fait agir sur elle du xylène bouillant, liquide qui pourtant en dissout une petite quantité. Enfin, en dernier lieu, le résidu mélangé à du noir animal est porté dans du cumène bouillant qui en dissout passablement et d’où il cristallise sous forme de petites aiguilles d’un jaune doré. Dissous dans l’aniline et mieux encore dans le nitrobenzène bouillant, il en cristallise sous forme de grandes et Superbes aiguilles excessivement brillantes et d’un aspect jaune doré.
A Dinaphtylènethiophène.
CuHS = Co; —S — CH
Le corps rouge obtenu en premier lieu par l’extraction au moyen du benzène et la cristallisation dans le toluène, contient du soufre. Sa solubilité est presque nulle dans lalcoo!l, l’éther ou l’acide acétique glacial bouillants ; il se dissout assez facilement dans le chloroforme et dans le sulfure de carbone bouillants, facilement dans le benzène, le toluène et d’autres hydrocarbures chauffés à l’ébullition ; très facilement enfin dans l’aniline et dans le nitrobenzène bouillants. Dissous dans tous ces solvants, il en cristallise sous forme de longues aiguilles soyeuses d’une superbe couleur rouge.
Ce corps entre en fusion à 278° c. et se sublime en aiguilles rouges à une température plus élevée.
De plus, il se dissout à froid dans l’acide sulfurique concentré et la solution qui en résulte a une couleur violette. Le brome l’attaque en formant avec lui des produits non d’addition, mais de substitution.
RAT EE Voici maintenant le résultat des analyses de ce COrps :
I. 0,1832 gr. de subst. donnent 0,5826 gr. de CO, et 0,0588 gr. de H,0.
IT. 0,1850 gr. de subst. donnent 0,5868 gr. de CO, et 0,0612 gr. de H,0.
III. 0,2064 gr. de subst. donnent 0,6584 gr. de CO, et 0,0634 gr. de H,0.
IV. 0,2352 gr. de subst. donnent 0,7486 gr. de CO, et 0,0748 gr. de H,0.