INTRODUCTION
Le thymus comme les glandes génitales paraît intervenir dans la physiologie de la croissance.
Le rôle morphogénétique des glandes génitales est bien établi par une quantité innombrable de travaux. Celui du thymus commence à s’éclaicir à la suite des recherches d'Ugo Soli, de Lucien et Parisot et d’autres auteurs, qui ont pu constater, après la thymectomie sur de jeunes animaux, des troubles évidents quoique temporaires du développement de l’organisme.
Le rythme de l’évolution du thymus d’une part et des glandes génitales de l’autre fait supposer l’existance de leur corrélation de quelque nature quelle soit dans le processus de la maturation sexuelle.
Le thymus se développe pendant que se poursuit la croissance de la première et la deuxième enfances et pendant que sommeillent les glandes sexuelles. Suivant la conception actuelle, formée surtout par les travaux de Hammar (1906), de Sury (1908), de Ronconi (1910), de Socoloft (1910), le maximum du développement du thymus existe habituellement à l’âge de la puberté, contrairement à l’opinion des anciens auteurs, qui le situaient au moment de la naissance-Farret (1896), à 2-3 ans, Rauber (1893), Merkel (1899), Crucher (1901).
Au moment où les glandes génitales entrent en activité, commence l’involution du thymus qui s’atrophie après la puberté, s’infiltre de graisse, mais ne disparaît pas complètement, car on peut le retrouver jusqu’à un
âge avancé avec ses caractères structuraux.
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En présence de ce fait, il était tout naturel de penser à l'existence de certaines interrélations fonctionnelles du thymus et des glandes génitales dans le processus de morphogénèse.
Nombre d’experimentateurs s’y sont intéressés, depuis que l’on a abandonné l’ancienne conception, qui considérait le thymus comme un organe n’ayant aucune uti lité pour l’organisme et que l’on a commencé l’étude de ses fonctions physiologiques, c’est-à-dire de la fin du 19° siècle.
Les recherches de Calzolari, de Henderson, de Paton et Goodal, de Grimani, d'Ugo Soli, de Lucien et Parisot, de Williams, de Paton et Noël, de Gerdal, de Parhon et Goldstein, de Hammar, de Tandler, de Massanini, ont démontré l'influence réciproque du thymus et des glandes génitales, les troubles du développement de l’un ou des autres à la suite de la castration ou de la thymectomie.
Mais l'accord ne s’est pas fait là-dessus. Le mécanisme surtout des interrelations thymo-génitales, suseitant des hypothèses différentes, était loin d’être élucidé. La question resta ouverte.
En 1923, MM. Camus et Gournay ont publié des résultats très suggestifs qu’ils ont obtenus en alimentant avec du ris de veau, un chien qui présentait un syndrome adiposo-génital expérimental. On a constaté le développement des orgnnes génitaux et la ressurection de l’instinct génesique. Le thymus semblait avoir une action directe sur l’appareil génital mâle du chien.
Dans la suite, MM. Camus et Gournay ont fait d’autres constatations du même ordre.
Tout récemment M. P. Lerouboullet et Gournay ont
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obtenu en clinique des résultats avec l'extrait de thymus, qui, moins démonstratifs, peuvent cependant en être rapprochés.
Les nouveaux faits projettent une certaine lumière
sur l’action physiologique du thymus, montrant expéri- & 3%
mentalement et cliniquement son influence sur le développement des organes génitaux, et nous les croyons dignes d’être signalés. Leur exposé est l’objet direct de
la présente publication.
Avant de l’aborder, nous donnerons un court aperçu des recherches précédentes sur les corrélations du thymus et de l’appareil génital. j
L'influence de la Thymectomie sur les Organes Génitaux
La plupart des auteurs, qui ont expérimentés sur les différents mammifères, sont d'accord pour signaler que la thymectomie entraîne chez les animaux jeunes le retard de croissance du corps entier et en particulier du système squelettique et des organes génitaux.
En ce qui concerne les organes génitaux, l’influence qu’exerce la thymectomie est plus grande pour les testicules, que pour les ovaires.
Les premières recherches, orientées vers l'étude des rapports thymo-testiculaires, ont été faites par Calzolari (1898), et par Henderson (1903). Elles ont été reprises par Paton et Goodal (1904), par Grimani, par Ugo-Soli (1909), par Lucien et Parisot (1908-10), et enfin tout récemment par L. Williams (1922), par Paton et Noël (1926).
Le thymus et les testicules
Paton et Goodal ont employé des cobayes. Ils notent chez eux, après thymectomie, une hypertrophie des testicules. Aux mêmes conclusions arrive un récent travail de Paton et Noël (1926). La thymectomie, effectuée sur 22 jeunes cobayes d’un poids inférieur à 300 grammes a entraîné le développement exagéré des testicules cheg tous ces animaux.
Leurs testicules ont atteint en moyenne le poids de