‹ De l'Action possible du Thymus sur les organes génitauxChapitre 8 sur 20 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

0.70 gr., tandis que le poids moyen des testicules de 20 témoins se tenait vers 0.48 gr.

La thymectomie, pratiquée sur les animaux plus âgés et d’un poids supérieur à 300 gr., n’a produit aucune influence sur le testicule. Mais quand on ajoutait à la thymectomie une castration, il en résultait un arrêt de croissance (1).

Grimani dit n’avoir constaté aucune réaction testiculaire après la thymectomie. Ugo Soli entreprit une série de recherches très bien conduites sur les poulets et les lapins. La suppression du thymus sur les poulets a été suivie d’un retard manifeste dans la croissance des opérés avec la diminution de la longueur des os longs et une altération des épiphyses. Maïs elle resta sans action sur les organes génitaux.

Sur les lapins au contraire, la thymectomie provoquait l’arrêt du développement testiculaire, qui n’était d’ailleurs que temporaire. Le testicule récupérait son volume normal à la période d'activité génitale et, dans certains cas, semblait même de le dépasser

Les conclusions de Lucien et Parisot concordent avee celles d'Ugo Soli. Les testicules des lapins thymectomisés subissaient dans leurs expériences, d’abord le retard considérable de poids et de volume, mais plus tard tendaient à s’équilibrer avec les testicules des témoins.

En somme, tous les auteurs cités, sauf Grimani, admettent le fait de l’influence de la thymectomie sur les

testicules, mais les résultats, auxquels arrivent Paton

(1) Pour comprendre cette différence, il faut se rappeler que, d’après Paton et Goodal, l'accroissement du tymus du cobaye se poursuit

.usqu'à l'époque où l’animal atteint le poids de 300 grammes, à l’âge ‘de deux mois,

avec Goodal et avec Noël, sont opposés à ceux, qui ont été obtenus par Ugo Soli, Lucien et Parisot et Williams. Cette divergence des résultats de la thymectomie pourrait être en rapport avec la physiologie comparée et anatomie comparée du thymus des diverses espèces des ani- Maux : par exemple, le cobaye qui servait de matériel expérimental pour Paton et ses collaborateurs possède des glandes thymiques accessoires, situées près des parathyroides et non enlevables si on ne veut pas léser en même temps des parathyroides.

Le thymus et les ovaires

Les relations du thymus avec les ovaires apparaissent moins nettes qu'avec les testicules. Elles sont signalées par Ugo Soli, Lucien et Parisot.

Suivant ces auteurs, ralentissement manifeste de la croissance de l’ovaire suit la thymectomie. Histologiquement les follicules ovariens sont moins volumineux, le tissu interstitiel de l’ovaire semble moins abondant chez les animaux opérés. Toutefois les modifications de l’ovaire ne paraissent être profondes ni définitives, car les femelles thymectomisées sont capables de s’accoupler et de reproduire.

L'influence de la castration sur le thymus

Si entre le thymus et les glandes sexuelles existent vraiment des corrélations fonctionnelles, et si la suppression. du thymus est suivie de réactions déterminées de la part des glandes génitales, on pourrait attendre que l’opération inverse puisse également donner certains résultats. Cette question intéressait nombre d’expérimen-

tateurs, d'autant plus que la castration est bien plus facile à réaliser que la thymectomie, et maintenant nous possédons quantité d’observations de Calzolari, d'Henderson, de Gerdal, de Parhon et Goldstein, de Hammar, de Tandler, de Massanini, d'Ugo Soli sur des lapins, des bœufs, des cobayes, des coqs, des chiens, des chats. Chez ces animaux la castration a pour effet, soit l’augmentation de volume du thymus, soit le retard de son involution.

Les expériences d’'Ugo Soli sont surtout intéressantes, car elles ont été effectuées sur 50 animaux : 10 couples de lapins et 15 couples de poulets. Elles confirment les observations des auteurs précédents : la castration détermine sur mâles comme sur femelles, sur lapins comme sur poulets, une véritable hypertrophie du thymus, qui a atteint dans certains cas jusqu’à quatre fois le volume de celui des témoins, dans d’autres elle n’a causé que l’arrêt de l’involution thymique.

Il convient de signaler ici quelques observations faites sur des hommes castrés, ennuques et skoptzis, chez lesquels on a noté également une augmentation de volume du thymus.

Action de l’alimentation avec le thymus sur le développement des organes génitaux

Les auteurs, dont nous avons analysé les recherches se sont servi d’une méthode opératoire : thymectomie ou castration. La méthode inverse : ingestion du thymus ou l’injection de son extrait n’a pas eu de faveur pour l’étude des relations thymo-génitales. L’expérience de MM. Camus et Gournay, entreprise pour un

autre but et ensuite orientée vers l'étude de l’action du thymus sur le développement des organes génitaux, a été, à notre connaissance, la première de son genre, qui a donné des résultats positifs.

Les résultats obtenus ont été décrits dans une note, présentée par MM. Camus et Gournay, à l’Académie des Sciences, le 11 février 1924. Nous la publions in extenso.

« Nous avons montré (compte rendu, t. 177, 1923, p. 289), que le diabète insipide expérimental, provoqué par lésion de la base du cerveau, s'accompagne de troubles très importants du métabolisme de nucléoprotéides, à tel point que l'acide urique diminue et parfois disparaît complètement des urines, tandis que corrélativement, les bases puriques et les phosphates augmentent de façon considérable.

« Depuis notre communication, nous avons encore vérifié, avec M. Titerre, ces faits un grand nombre de fois. Nos conclusions générales étaient que le diabète insipide expérimental s'explique par un double mécanisme nerveux et humoral, et nos recherches récentes confirment cette manière de voir. Au cours de ces recherches, nous avons observé un fait qui nous a paru digne d’être signalé :

« Un de nos chiens en expérience présentait depuis 4 ans, époque à laquelle une lésion de la base cérébrale avait été pratiquée chez lui, un diabète insipide de 3 1. à 4 1. par jour, une obésité considérable et une atrophie génitale complète. Sa verge était très petite. Ses bourses non formées, ses testicules, gros comme de petits haricots, étaient enfuis dans la graisse sous la peau du ventre.

« Ce chien opéré en novembre 1919, fut présenté plu-

Page 1