‹ De l'adénopathie trachéo-bronchique en général et en particulier dans la scrofule et la phthisie pulmonaireChapitre 23 sur 34 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Antécédents. — Rien de bien important : petite vérole à 16 ans. Il y a 12 ans, à la suite d’un refroidissement, il est survenu une glande au côté gauche du cou.

2 janvier. Tuberculose au début, se manifestant par une tonalité plus élevée et de la dureté dans les fosses sus et sous-claviculaires gauches, dans la fosse sus-épineuse du même côté: quelques craquements dans ces mêmes endroits, où de plus la percussion est douloureuse ; expiration un peu prolongée, adroite.

(Cautère dans la fosse sus épineuse gauche.)

L’état général est assez bon, l’appétit seul est diminué. Ces signes de tuberculose tendent à disparaître , et, le 2 mars, un nouvel examen conduit au diagnostic de compression bronchique.

2 mars. — Percussion. A gauche, en avant, ton élevé dans la fosse sus-claviculaire : au-dessous de l’articulation sterno-claviculaire , ton élevé dans une étendue de quatre travers de doigt, avec douleur à la percussion. — Auscultation. Souffle expiratoire tubaire intense dans la même étendue.

■ 18 juin. Depuis quelque temps , expiration prolongée des deux côtés, avec râles sibilants à gauche.

Le 18. La percussion donne les mêmes résultats: gros râles musicaux des deux côtés, sensibles à la main, à gauche. ( Emphysème .)

Antécédents. — La malade a eu la petite vérole à 16 ans. Jusque-là elle s’était bien porlée.

Il y a environ 12 ans, à la suite d’un refroidissement, il lui est venu au cou, du côté gauche, une glande volumineuse, dont le volume a diminué peu à peu : aujourd’hui on sent encore à la même place, en arrière du slerno-mastoïdien, une pelie glande de la grosseur d’une noisette.

Rien réglée habituellement.

Il y a 10 mois environ, point de côté, à gauche, en arrière, ayant duré quelques jours et ayant disparu sans traitement.

Depuis ü mois, la malade s’est mise à tousser et a été prise de dyspnée ; en même temps, fièvre le soir et sueur la nuit.

Les crachats, d’après son dire, sont peu abondants, muqueux; elle n’a jamais craché de sang. La voix n’a jamais été voilée.

2 janvier. — Etat actuel. — Thorax. A la percussion, en avant, à gauche on trouve le ton plus élevé et un peu de dureté sous le doigt, dans les fosses sus et sous-claviculaire (la percussion est douloureuse); à l’auscultation, on entend des râles muqueux légers.

Adroite, la percussion ne donne pas de résultats: la respiration est sèche, l’expiration est rude et prolongée.

En arrière, au sommet droit, dans la fosse sus-épineuse, l’expiration est un peu prolongée.

A gauche, le ton est plus élevé à la partie externe de la fosse sus-épineuse, la respiration est rude et l’expiration s’accompagne de quelques râles légers. Dans la fosse sous-épineuse, on entend un bruit de frottement assez prononcé (reliquat possible du point de côté survenu il y a dix mois).

Ce qui gène surtout la malade, ce sont des accès de dyspnée qui reviennent à intervalles irréguliers. Elle ne crache pas.

Les digestions se font bien, il n’y a pas de diarrhée, mais l’appétit n’est pas très-prononcé.

Croyant à un début de tuberculose, on met un cautère dans ta fosse sous-épineuse gauche; on donne aussi du vin de quinquina et de l’huile de foie de morue.

L’état général se maintient le même, avec un peu de diarrhée cependant (que l’on fait passer avec les bols antidiarrhéiques de M. Guéneau deMussy). Pendant tout le mois de janvier, il ne survient pas non plus de changement dans l’état local .

Le 30 janvier, la malade se plaint d’une violente douleur dans le dos, en arrière, à gauche; on rapporte celte douleur à une névralgie intercostale. Un nouvel examen de la poilrinedonne les résultats suivants qui diffèrent peu de ceux qu’on a trouvés auparavant:

En arrière , à droite , dans la moitié supérieure , expiration un peu pro'ongée accompagnée de quelques râles.

[A gauche, la percussion et l’auscultation donnenl les mêmes résultats que lors de l’entrée, on constate seulement l’existence de râles légers aux deux temps.

En avant, la percussion donne les mômes résultats; mais à gauche, jes râles sont plus gros qu’en arrière: l’expiration est un peu soufflante et d’une tonalité plus élevée qu’à droite.

A droite, respiration sèche, expiration prolongée.

La malade a de la fièvre presque tous les soirs et des sueurs nocturnes ; les crachats sont peu abondants, visqueux, mais non purulents. L’oppression est toujours assez intense. Rien de nouveau ne se produit dans le mois de février.

2 mars. Un nouvel examen attentif de la malade donne les résultats suivants :

En arrière, à droite, pas de changements.

A gauche, ton un peu plus élevé et diminution du murmure respiratoire dans les fosses sus et sous-épineuses ; l’expiration est un peu prolongée; dans toute l’étendue, la tonalité de la respiration est plus basse qu’à droite ; vers la partie moyenne, petits craquements pleuraux.

En avant, à gauche, dans le creux sus-claviculaire, à la partie interne, ton notablement plus élevé; en dehors, peu de différence.

En dessous de la clavicule, ton plus élevé dans une hauteur de quatre travers de doigt allant en mourant en s’éloignant du sternum.

Souffle expiratoire tubaire intense localisé, surtout au niveau de l’articulation sterno- claviculaire : ce souffle retentit un peu à droite où l’expiration est prolongée et la respiration sèche.

Ces signes fontpenser à une compression bronchique par des ganglions.

Les crachats sont muco-purulents; fièvre tous les soirs; rien de nouveau dans l’état général : l’oppression est toujours la même.

Le 16. Même état général : toujours un peu de fièvre le soir, l’appétit sans être fort se maintient.

Thorax. Même chose en arrière.

En avant, douleur fréquente le long du bord gauche du sternum;

A gauche, le ton est toujours plus élevé dans les mêmes endroits; cette élévation du ton est surtout marquée le long du bord gauche du sternum ainsi que la résistance au doigt.

A la partie interne de la fosse sous-claviculaire, 'inspiration grave, expiration soufflante, presque amphorique avec quelques ràles'simulant de légers craquements ; l’oppression est toujours la même.

La glande en arrière du sterno-mastoïdien a peut-être augmenté un peu de volume.

Le 20. S’étant levée hier, pour aller de la salle Saint-Bernard à la salle Saint-Pierre, la malade est oppressée. Depuis quelque temps elle ressent, par moments, une douleur des deux côtés de la partie moyenne du dos et le long de la partie inférieure du sternum (névralgie intercostale).

Les crachats sont verts, nummulaire, séparés, entourés d’une légère couche de sérosité claire.

Thorax. En arrière, à gauche, tonalité un peu plus élevée dans la fosse sus-épineuse où il y a de l’expiration prolongée et des râles de frottement. Ces râles de frottement s’entendent dans presque toute la hauteur.

A droite, dans la fosse sus-épineuse, obscurité de murmure respiratoire.

En avant, la percussion donne les mêmes résultats.

Auscultation. Des deux côtés, inspiration rude et sèche et quelques râles sibilants. Près de l'articulation sterno-claviculaire gauche, expiration soufflante, accompagnée de quelques râles sous-muqueux paraissant et disparaissant par intervalles (on donne à la malade 2 granules de phosphure de zinc).

Le 5. Depuis hier, palpitations, pesanteur à l’épigastre, digestion un peu difficile; la douleur dans le dos persiste ainsi que l’oppression, et l’auscultation du cœur ne fournit que des résultats négatifs.

Thorax. En avant, la percussion fournit les mêmes résultats, la matité occupe une longueur de 5 centimètres, suivant l’axe du sternum, et une largeur de 8 centimètres, à partir du bord droit de cet axe, vers la gauche, donc 5 centimètres de matité absolue et 3 de submatité.

Auscultation. Expiration prolongée des deux côtés; la respiration est plus faible à gauche; râles sibilants à gauche; du même côté un peu de souffle expiratoire dans l’angle sterno-claviculaire et par moments, quelques craquements légers.

En arrière, à gauche, un peu de dureté sous le doigt et ton un peu plus élevé dans la fosse sus-épineuse; il en est de même dans la fosse sous-épineuse.

Auscultation. Respiration un peu rude dans les fosses sus et sous-épineuses des deux côtés: en dedans des deux fosses épineuses un peu d’expiration prolongée : un peu de frottement dans toute l’étendue à gauche. (On porte à 3 le nombre des granules de phosphure de zinc.)

Le 30. L’oppression a augmenté depuis hier: douleur en avant des deux côtés, dans toute la région thoracique, cette douleur est surtout marquée à la région épigastrique ; palpitations (la main appliquée à la région précordiale fait sentir un léger frémissement).

La fièvre qui venait régulièrement tous les soirs a été très-forte hier soir ; même état du thorax.

4 avril. Depuis deux jours, pas de fièvre le soir.

Le 6. La fièvre a reparu hier soir: la malade a été prise de coliques et de diarrhée cette nuit : elle a toujours un peu de palpitations quand elle monte les escaliers.

Thorax. La percussion donne les mêmes résultats, en avant comme en arrière.

Baréty.

Auscultation. En avant, à gauche, râles sibilants offrant en même temps les caractères de la respiration fllée : tout près de l’articulation sterno-claviculaire, il y a toujours du souffle expiratoire.

A droite, la respiration est faible en général, l’expiration est prolongée et l’on entend par-ci par-là quelques râles.

En arrière, l’auscultation donne les mêmes résultats que précédemment: après la toux on entend quelques petits craquements dansla fosse sus-épineuse gauche.

Les crachats sont muco-purulents. Suppression du phosphure de zinc.

Diascordium / ..

Bismuth (aa2 gammes.

Le 7. Les coliques et la diarrhée ont disparu.

Le 10. Thorax. En avant, l’étendue de la matité, près de l’articulation sterno-claviculaire gauche, semble un peu diminuée; mais à ce niveau, on entend toujours un soulfle expiratoire intense: les autres phénomènes, à l’auscultation, sont les mêmes.

Le 27. Même état: on redonne 2 pilules de phosphure de zinc.

3 mai. Suppression des pilules à cause d’un peu de diarrhée: la respiration se fait mieux, il y a moins d’oppression: la malade engraisse depuis quelque temps.

Le 5. La diarrhée ayant cessé, on reprend les pilules.

Le 7. Dans la journée d’hier, la malade a éprouvé plusieurs frissons et elle est de nouveau fort oppressée.

L’auscultation ne révèle rien de nouveau, si ce n’est, dans la fosse sous-épineuse droite, quelques légers râles se passant dans le poumon ou dans la plèvre.

Le 8. Les frissons ont disparu, mais l’oppression persiste.

Mensuration de la poitrine i à droite 21 + 18 Expansion = 20 avec le pnéomètre. là gauche 22-4-18 Expansion ^ 25

Le 9. Douleurs névralgiques dans le bras droit depuis quelque temps

La percussion donne toujours les mêmes résultats ainsi que l’auscultation.

Cet état se maintient le même, et la malade semble engraisser un peu jusqu’au 9 juin où un nouvel examen donne les mêmes résultats, en faisant constater de plus quelques râles sibilants, en avant à droite, et un peu de souffle expiratoire dans la fosse sus-épineuse du côté droit.

18 juin. La douleur dans le dos et à la région épigastrique persiste.

En avant, la percussion ne donne rieu de nouveau.

Des deux côtés gros râles musicaux beaucoup plus marqués à gauche

(emphysème ?); à gauche, les râles sont sensibles à la main et sonl accompagnés d’un souffle expiratoire toujours localisé près de l’articulation sterno-claviculaire gauche; à droite, quand on fait parler la malade, on constate une augmentation légère des vibrations.

En arrière, au sommet, submatité et élévation du ton dans la fosse susépineuse gauche, un peu de dureté sur toute la hauteur du même côté : à l’auscultation, on entend des râles sonores plus marqués au sommet et existant aux deux temps dans les fosses sus et sous-épineuses; même chose à droite qu’auparavant.

Le 20. La malade se sent faible : elle sent comme un poids très-lourd dans son côté gauche: elle ne peut se lever sans être fatiguée très-rapidement et se sentir très-oppressée.

Le 22. Même état, cependant, peut-être un peu moins d’oppression, à gauche; on sent toujours les râles à la main.

Le 23. L’oppression est revenue forte ; douleur dans le côté gauche : tousse pas mal, surtout le matin : toux coqueluchoïde.

Thorax : même chose à la percussion; en avant, toujours des râles sibilants musicaux des deux côtés; à gauche, en outre du souffle, expiration prolongée, difficile, un peu sifflante; la même expiration existe à droite, mais moins marquée.

Le 26. Trois gouttes de teinture d’iode à l’intérieur. Depuis fort longtemps, la malade prend du vin de quinquina , du vin de gentiane, de l’huile de foie de morue.

Le 29. L’oppression est toujours intense; la douleur épigastrique aussi.

Un nouvel examen du thorax donne les mêmes résultats qu’auparavant*. les râles sont toujours sensibles à la main du côté gauche, mais beaucoup moins.

2 juillet. La malade attribue l’oppression qui a redoublé depuis quelques jours, à la teinture d’iode qu’elle prend à l’intérieur ; on lui en donne cependant 1 goutte.

Les râles à gauche sont toujours légèrement sensibles à la main et. perçus par l’oreille de la malade.

Nous avons oublié de signaler dans le traitement des badigeonnages de teinture d’iode des deux côtés, alternativement en avant et en arrière: badigeonnages qu’on faisait pendant quelques jours, pour suspendre ensuite pendant quelques jours. Nous ajouterons que la malade a accusé à diverses reprises un peu de gêne de la déglutition.

Obs. X.

Communiquée par M. le Dr Guéneau de Mussy, le 30 juin 1874.

Chez un homme de 25 ans, qui avait eu des hémoptysies répétées, et conservait une toux légère et apyrétique, M. ie Dr Guéneau de Mussy a trouvé au sommet gauche quelques signes de phymatose et de ce même côté les signes les plus habituels et caractéristiques d’une adénopathie bronchique.

Il a été frappé de l’existence, chez ce malade, d’un rétrécissement de tout le côté gauche de la poitrine avec dépression de l’épaule.

M. Guéneau de Mussy a dû se demander si cette déformation était congénitale, si elle était la suite d’une ancienne pleurésie, ou bien s’il fallait l’attribuer à un défaut de fonctionnement relatif du poumon gauche, consécutif au rétrécissement des bronches du même côté. Le malade affirme n’avoir pas eu de pleurésie.

Il y a une réserve à faire sur l’existence d’une déformation congénitale.

Obs. XI.

Chez un homme âgé de 50 ans, atteint de phymatose au sommet du poumon droit, apyrétique d’ailleurs, M. le Dr Guéneau de Mussy a noté les détails suivants (30 juin 1874).

En faisant tousser le malade, il remarque que l’inspiration qui suit la toux (la reprise) était très-aiguë et sifflante.

Ce malade offrait des signes d’adénopathie bronchique et il est à présumer que cette inspiration aiguë et sifflante de la reprise était sous la dépendance de cette adénopathie.

Obs. XII (personnelle).

Adénopathie trachéo-bronchique (prédominante à droite), consécutive à la

rougeole, ne causant aucun trouble fonctionnel, révélée par l’auscultation et la percussion.

Le nommé D. S., âgé de 19 ans, garçon de magasin, entre ci l’Hôtel- Dieu, le 23 mars 187-4, service de M. le Dr Guéneau de Mussy.

Antécédents de famille. — Rien à noter du côté des ascendants ou des collatéraux.

Antécédents du malade. — Vers l’âge de 4 ou 5 ans, il a été atteint de gourme à la tête, et d'un engorgement des ganglions cervicaux. Depuis, sujet â l’engorgement douloureux de ces ganglions. Pas de maux d’yeux.

Entré le 9 avril 1874, à l’hôpital de la Charité (service de M. Bouillaud, M. Brouardel suppléant) , pour la rougeole, se disant surtout malade depuis huit jours et toussant depuis douze ou quinze jours. Laryngite avec aphonie, pendant quatre ou cinq jours durant la rougeole.

Sorti le 19 mars, cinq semaines après, assez bien portant, ne toussant plus depuis huit jours.

Le surlendemain de sa sortie, il a été pris le matin de vomissements alimentaires et de diarrhée, sans toux ou autre malaise; quatre ou cinq selles par jour, vomissant tout.

Il entre à l’Hôtel-Dieu pour ces vomissements et cette diarrhée.

L’état général paraît bon.

Le faciès est celui d’un strumeux, cela se voit à l’engorgement rénitent des tissus moux, à la forme du nez et de la face. Les antécédents dès l’enfance le prouvent encore.

Il ne tousse absolument pas. Ne se plaint d’aucune sensation d’oppression ou de dyspnée, ni au repos, ni pendant la marche.

Aucune douleur thoracique ou autre.

La diarrhée et les vomissements se sont montrés sans cause connue et sans manifestations fébriles.

Lavement amidonné et laudanum.

Peu d’appétit.

En découvrant sa poitrine, on remarque que sa respiration est uniquement diaphragmatique, les côtes restant immobiles.

Pouls veineux au cou, en dedans du creux sus-claviculaire. Mouvement d’ondulation.

Bien qu’il ne se plaignît pas de toux, par cela même qu’il avait eu récemment la rougeole et qu’il était de plus strumeux, nous avons tenu à explorer le thorax et particulièrement la région des ganglions intrathoraciques.

Percussion et auscultation. — En avant, au niveau de l’articulation sterno-claviculaire droite et au-dessous d’elle, sur une étendue de deux travers de doigt et demi, au carré, à partir de l’axe du sternum et vers Ja droite, matité très-nette. A ce niveau, souffle expiratoire bronchique remarquable par son intensité.

A gauche, dans les points homologues, léger degrés d’élévation de la tonalité, et simple retentissement affaibli du souffle bronchique expiratoire du côté droit.

Sur les autres points de la paroi thoracique antérieure, ni au-dessus des clavicules, on ne constate rien d’anormal; à la percussion, à l’auscultation, murmure respiratoire moins intense à droite qu’à gauche.

En arrière, la percussion des gouttières vertébrales, en dedans du scapulum et au niveau de la racine des bronches, donne un son plus élevé à droite qu’à gauche. On constate, dans tous les cas, un défaut d’élasticité sous le doigt qui percute des deux côtés. En ces mêmes points, on constate des deux côtés, et peut-être plus prononcé à droite, un souffle expiratoire très-intense, amphorique même (ou mieux, caverno-amphorique).

Pas de matité ailleurs. Affaiblissement manifeste du murmure respiratoire dans tout le côté droit, et respiration ronflante à gauche.

Teinture d’iode, trois gouttes dans un peu d’eau de riz.

24 mars, soir. IN’a plus de diarrhée. Pas de vomissements, l’appétit revient.

31. État général bon. Souffle en avant, toujours très-intense, faible en arrière.

Percussion. — La percussion doit être profonde. Par elle on limite deux carrés de matité au-dessous de l’extrémité interne de chaque clavicule.

L’étendue transversale de la matité, mesure dans sa totalité 10 centimètres, interrompue au niveau de l'a poignée du sternum sur une largeur de 2 centimètres.

L’étendue verticale est de 5 centimètres. La matité est presque absolue à droite et moindre à gauche.

La ligne de point indique la limite de la région au niveau de laquelle le souffle est perçu, mais le centre de ce souffle est au niveau des carrés de matité, c’est l'à qu’il est le plus intense.

En arrière, il est léger et beaucoup moins intense qu’avant. Localisé en dedans de l’épine de l’omoplate.

5 avril. Le malade n’a jamais eu la voix prise. Au bout de deux ou trois jours après son entrée à l’hôpital, la diarrhée et les vomissements avaient disparu.

Le 6. Le souffle localisé en dedans de l’épine de Pomoplatea encore diminué. La respiration est toujours moindre à droite qu’à gauche.

Le 11 . Après chaque parole, la voix est soufflée.

En avant, la tonalité est plus élevée vers le bord gauche, Fa première pièce du sternum.

Le souffle expiratoire s’étend surtout à gauche.

En arriére, dureté dans les deux gouttières vertébrales au niveau de la bifurcation de la trachée.

Souffle expiratoire léger, localisé en dedans de Pépin e de l’omoplate de chaque côté.

Le souille expiratoire est un peu plus prononcé à gauche.

Le malade sort le 18 avril, légèrement amélioré.

Obs. XIII.

Adénopathie trachéo-bronchique consécutive à la rougeole.

M. le Dr N. Guéneau de Mussy m’a communiqué les renseignements qui suivent sur un enfant âgé de 12 ans, auprès duquel il a été appelé le 29 juin dernier.

Cet enfant a été atteint de la rougeole, il y a plusieurs mois. A la suite, il a toussé par quintes pendant quatre mois, avec expectoration moyenne abondante, mais sans sifflement et sans vomissement.

Actuellement il ne tousse plus, mais il reste pâle et maigre.

Il présente quelques boulons d’ecthyma sur la figure, et l’on découvre un chapelet de ganglions engorgés sur le côté gauche du cou au devant du trapèze.

L’exploration de la poilrinedonne les résultats suivants :

Submatité et tonalité aiguë sur les lames vertébrales gauches des quatre premières vertèbres dorsales, et sur le côté gauche du manubrium sternal.

Faiblesse relative très-accentuée et rudesse du bruit respiratoire avec un peu d’expiration bronchique en arrière du côté gauche près du rachis, en dedans de l’épine de l’omoplate.

Obs. XIV (personnelle).

Adénopathie trachéo-bronchique consécutive à la rougeole.

Le 16 mars 1874, je voyais, à la consultation de l’Hôtel-Dieu, un enfant de 7 ans et demi que l’on amenait pour une toux incessante.

Cet enfant a eu la rougeole en novembre 1873. Depuis, il a continué à tousser par quintes; et la nujt on entendait des râles à distance.

Il a peu d’appétit. Il maigrit et se trouve très-faible sur ses jambes

Légère matité au niveau de la première pièce du sternum et souffle bronchique expiratoire interscapulaire, murmure respiratoire plus faible à droite, dans la moitié inférieure.

On ne retrouve aucun chapelet ganglionnaire extérieur.

Obs. XV (personnelle).

Adénopathie trachéo-bronchique, consécutive à la rougeole.

Marie âgée de 1 au, est apportée à la consultation de l’Hôtel- Dieu, le 14 avril 1874.

Elle a eu la rougeole il y a un mois, elle toussait depuis un mois. La rougeole a duré huit jours. Depuis, l’enfant tousse par quintes comme dans la coqueluche. Ces quintes de toux surviennent à peu près toutes les heures et sont suivies de vomissements.

L’enfant ne se tient pas sur ses jambes, même soutenue; elle paraît faible sur ses membres inférieurs plus qu’on ne l’est à cet âge. Le faciès est un peu altéré, la gaieté a diminué.

On trouve de petits grains glanduleux de chaque côté du cou.

Exploration de la poitrine. — En avant on ne perçoit rien d’anormal à l’auscultation et à la percussion.

En arrière et à gauche, submatité, tonalité élevée en dedans du scapulum,au niveau de la partie interne des fosses sus et sous-claviculaires, et expiration bronchique intense.

L’enfant a eu une quinte de toux devant nous. Cette quinte rappelait les quintes de la coqueluche.

La voix n’est pas voilée, mais elle l’a été pendant la rougeole et durant huit jours après; un peu d’eczéma de l’oreille gauche.

Traitement. — 1° Huile de foie de morue, une cuillerée à café tous les matins; 2° eau, 150 grammes; bromure de potassium, 4 grammes; une cuillerée à café toutes les heures ; 3° sinapisme sur la poitrine.

Le 11 avril, une semaine après, la toux était moins intense, moins fréquente et moins quinteuse. L’enfant est plus gaie, on continue le même traitement.

Le 17. L’enfant a pris de l’embonpoint, le faciès est meilleur.

La toux est devenue un peu plus fréquente et plus quinteuse. L’enfant est affectée de coryza, et il est présumable qu’elle a été soumise à une cause de refroidissement.

Continuer le traitement, mais deux cuillerées de bromure au lieu d’une.

Le 29. L’enfant se tient mieux sur ses jambes, tousse beaucoup moins. Sa toux a perdu le caractère coqueluchoïde.

Continuer le même traitement.

Le 2 mai. L’enfant est bien portante, se tient sur ses jambes, la gaieté est parfaite. Sa toux est rare et ordinaire. Elle est emportée à la campa-

gne. Depuis, elle a continué à très-bien se porter ; la toux n’a pas tardé à disparaître.

Obs. xvi.

Rhino-laryngo-trachéo-bronchite. — Souffle expiratoire tubaire au

sommet droit, en arrière. — Compression trachéo-bronchique (toux

férine). — Antécédents syphilitiques.

La nommée B..., âgée de 30 ans, tapissière, entre à l’Hôtel-Dieu (service de M. le Dr N. Guéneau de Mussy) le 31 octobre 1873.

Elle n’a marché qu’à l’âge de 7 ans. Elle était nouée, dit-elle.

De 7 à 14 ans, ganglions cervicaux suppurés. Sous-maxillaires gauches étant très-jeune, sous-mentonniers à 11 ans (cicatrices actuellement). En même temps maux d’yeux.

Tousse depuis l’âge de 14 ans. A eu la variole à 10 ans 1/2.

Atteinte de bronchite l’an dernier.

Attaque de rhumatisme il y a un an.

Il y a sept ans, ulcérations aux parties génitales; sans adénite inguinale, dit-elle. N’a pas eu d’angine syphilitique.

Il y a quatorze mois (dans la même salle), exostose de la partie interne de la clavicule droite avec abcès ouvert par incision. Reste une cicatrice linéaire. Il y a six ans, boutons sur le corps pendant six semaines (hôpital Saint-Louis). Tumeur spécifique au-dessous des genoux; cicatrices de syphilides.

État actuel. — Malade depuis quinze jours. Début par frisson. Douleur dans les deux côtés ; avant, crampes d’estomac, mais jamais de sifflement ou raclement laryngien.

D’abord coryza (à sa fin aujourd’hui).

Puis laryngite et laryngo-trachéite (avec angine légère).

Anorexie. Légère fièvre.

Actuellement, laryngo-trachéo-bronchite dont elle est atteinte depuis deux jours seulement.

Toux fréquente, quinteuse, ferme. Expectoration muqueuse.

Fièvre. Respiration ronflante à la racine des bronches. Selles rares. Enrouée.

1er novembre. Même état. En plus on perçoit un léger souffle expiratoire dans la fosse sus-épineuse droite (ganglions ou induration pulmonaire).

Le 2. Au sommet droit, en arrière, souffle expiratoire tubaire, voix légèrement retentissante. Légère matité qu’on ne peut bien apprécier qu’en percutant alternativement des deux côtés dans des points homolo-

fl ues (engorgement ganglionnaire ou induration pulmonaire (?). Les crachats sont muqueux).

Respiration rude dans le reste de l’étendue du poumon droit. Quelques raies ronflants vers la racine des bronches.

A gauche, respiration rude aussi et ronflante vers le hile pulmonaire.

A eu cette nuit des quintes de toux fatigantes.

Ce soir, même état du poumon droit, peut-être même plus accusé.

Ailleurs, des deux côtés en avant et en arrière, râles ronflants expiratoires.

Toux quinteuse, fréquente, oppressive.

Le 5. Iodure de potassium, 1,50. Lavement. A mangé un peu.

Le 6. Toux moins intense et moins fréquente. — Iodure de potassium, 2 gr.

Le 7. Tousse moins. Dort bien.

A son entrée, on avait appliqué 8 à 10 gouttes d’huile de croton au devant de la poitrine. Depuis il s’est fait là deux plaques irrégulières, verticales, de plusieurs centimètres, d’une eschare superficielle, qui empêchent de percuter la région sternale. Avant cette application la percussion n’indiquait rien d’anormal. On ne trouvait d’ailleurs qu’une très-légère élévation du ton dans la fosse sus-épineuse droite. — Iodure de potassium, 2 gr. ; lait à la place du vin.

Le 8. A beaucoup moins toussé. Mieux.

Sommet droit, fosse sus-épineuse. — Toujours léger degré de dureté sous le doigt, mais souffle expiratoire moins aigu, plus grave. Il occupe les fosses sus et sous-épineuses. Il est mieux perçu vers la racine des bronches.

Pas d’inégalité dans l’intensité du murmure respiratoire des deux côtés. Expiration grosse, ronflante, dans le reste du poumon.

Le 9. Mouche le sang, et céphalalgie depuis deux jours.

Expiration grosse, ronflante, vers le hile des deux côtés, à droite surtout. Sommet droit comme hier.

Pas d’inégalité du murmure respiratoire des deux côtés.

Le 10. Se plaint du côté gauche et du dos. Fièvre. Sueurs, Peau moite. Pouls, 106. Coryza (est-ce de l’iodisme?). — Suspendre l’iodure de potassium.

Le 12. Mieux, Murmure respiratoire, peut-être moins bien perçu à droite qu’à gauche.

Toujours souffle expiratoire tubaire doux au niveau de la fosse susépineuse droite.

Le 15. Les ulcérations présternales provoquées par l’application de l’huile de croton sont cicatrisées.

Le sternum est saillant, forme une voussure, mais cet état est congénital, D’ailleurs sonorité à ce niveau ou seulement légère dureté à la percussion.

Le 16. Depuis huit jours on avait cessé l’iodure de potassium. On le reprend ce matin à la dose de 0,50.

Le 17, On entend toujours du souffle expiratoire, entendu seulement dans toute l’étendue de la fosse sus-épineuse.

Tousse beaucoup moins,

Pas de matité ni en avant ni en arrière.

Le 18, Toux et oppression presque disparues. Appétit modéré — Iodure de potassium, 1,75.

Crache peu ou pas.

Le 20. Ne tousse pas, ne crache pas. Respire bien.

La respiration s’entend mieux à gauche qu’à droite, soit en avant, soit en arrière.

•Le “21. Le ganglion de l’angle du maxillaire inférieur à droite est gros et douloureux (courant d’air),

Le 24. Le ganglion a diminué de volume.

Le 25. Ni douleur ni hypertrophie de ce ganglion.

Le 27. Sort, conservant le souffle expiratoire du sommet droit, mais adouci. Continue l’usage de l’iodure de potassium. Etat général meilleur,

Obs. xvii.

Adénopathie après une fièvre typhoïde.

Le nommé G..., âgé de 27 ans, garçon de restaurant, entré à l’Hôtel- Dieu (service de M. le Dr N. Guéneau de Mussy) le 22 mai 1874.

Ce malade a commencé à perdre ses forces il y a six mois; à cette époque il toussait déjà un peu.

Avant ces six mois il s’enrhumait très-facilement.

Il y a cinq mois il a vomi du sang en assez grande abondance pendant sept ou huit jours. Sa faiblesse a augmenté et il n’a pu continuer son travail. La toux s’est accentuée.

Il a eu la fièvre typhoïde il y a trois mois et demi. Il a mis longtemps à. se remettre, et le premier jour de sa sortie il a pris un chaud et froid; la toux est devenue violente, incessante; les sueurs nocturnes sont arrivées. Sa faiblesse est devenue extrême, il a perdu l’appétit. Le malade est très-maigre.

Percussion en arrière; submatité dans les fosses sus et sous-épineuses gauches.

Matité dans les fosses sus et sous-épineuses droites,

Craquements à l’inspiration et à l’expiration, à gauche.

La percussion sur les lames vertébrales correspondantes à la partie interne des fosses sous-épineuses gauche et droite, donne delà matité ; tonalité plus élevée à gauche.

C’est au niveau de la partie interne des fosses sous-épineuses droite et gauche correspondant à cette matité qu’il faut localiser un souffle expiratoire bronchique à gauche et très-caverneux à droite.

Ce souffle s’entend surtout à droite et s’étend dans toute l’étendue des fosses sous-épineuses gauche et droite.

Au même niveau, en dedans de l’omoplate, la respiration est soufflée à droite seulement.

Percussion en avant; matité dans la fosse sus-claviculaire droite, submatité dans la fosse sous-claviculaire du même côté.

Son à gauche.

Un peu plus de vibrations à droite.

La submatité de la région sous-claviculaire droite s’étend, en augmentant, à la première pièce du sternum et devient de la matité dans les deux tiers droits du manubrium. A partir de là, elle diminue et devient de la submatité.

Au niveau de la matité la plus absolue de la première pièce du sternum, on entend un souffle expiratoire et la voix est soufflée.

La voix n’a jamais été prise.' — Vésicatoire dans la fosse sous-épineuse droite; potion : iodurede potassium, 0,25 c. Badigeonnage avec teinture d’iode sur la deuxième pièce du sternum.

Le malade sort le 3 juin dans un excellent état de santé.

Obs. xviii.

Communiquée par M. le Dr N. Guéneau de Mussy, le 7 juillet 1874.

Madame ***, 55 ans. Embonpoint notable. Symptômes d’arthritisme et de lymphatisme. Dyspepsie, hypochondrie; angine granuleuse opiniâtre.

Depuis sept ou huit ans, toux, accès d’oppression ayant le caractère asthmatique, revenant surtout la nuit. Vomissements fréquents.

Je trouve une note écrite il y a six ans et qui exprime exactement les phénomènes observés cette année : son obscur, aigu et résistance au doigt dans la région ganglionnaire gauche s’étendant en dehors du sternum, au niveau des deux poumons, dans les espaces intercostaux, près de cet os.

Respiration très-faible dans tout le côté gauche. Tonalité plus aiguë de tout ce côté.

J’avais noté, il y a six ans, des signes d’emphysème; ils sont moins accusés aujourd’hui. Cependant la respiration est par moments ronflante et sibilante, toujours très-faible, rude et aiguë. Expiration soufflante, presque caverneuse, au sommet gauche en arrière, moins accentuée en avant, où elle s’entend encore. Inspiration faible, rude, aiguë, mais non soufflante.

La malade a été à Eras, puis à Hyères, pendant l’hiver, et elle s’en est bien trouvée. Elle avait même passé cette année un très-bon hiver à Hyères, quand au mois de mars elle a été prise d’une fièvre catarrhale qui a duré six semaines.

Obs. xix.

Le H juillet 1874 s’est présentée à la consultation une femme âgée de 56 ans.

Toux coqueluchoïde. Oppression, dyspnée après tout effort. Diminution du murmure respiratoire à gauche.

Expiration sibilante prolongée et surtout à gauche. Matité le long du bord gauche de la première pièce du sternum. Matité interscapulaire à gauche.

Palpitations. Traces d’une carie ancienne du sternum, à sa partie moyenne, avec dépression très-accusée de la peau qui semble rentrer dans le tissu osseux. Toute la moitié inférieure de cet os est déprimée, concave.

Elle a été soumise au traitement par la teinture d’iode prise à l’intérieur; sa santé a été considérablement améliorée à la suite.

Leà planches I, II, III et IV représentent les principaux organes contenus dans le médiastin, vus chez un même sujet par la face antérieure (pl. I et II) et la face postérieure (pl. III et IV).

Elles ont été dessinées d’après des pièces provenant d’une femme âgée de 22 ans, morte de phthisie pulmonaire, dans le service de M. le professeur Bêhier, à l’Hôtel-Dieu, le 14 février 1874.

Etat des poumons. — Pleurésie sèche double, avec adhérences peu prononcées à gauche , avec épaississement notable de la plèvre à droite. — Poumon droit, lobe supérieur ; sclérose avancée, cavernules, granulations et noyaux caséeux. Lobes moyen et inférieur ; congestion , noyaux granuleux et granulations isolées, lobules rouge clair et consistants, disséminés. — Poumon gauche : mêmes lésions qu’à droite, mais sans noyaux de pneumonie lobulaire.

Cœur : volume normal, un peu de surcharge graisseuse, aucunes lésions d’ailleurs.

Médiastin proprement dit : on constate un certain degré de médiastinite caractérisée par des adhérences qui unissent certains points des poumons à divers organes Contenus dans le médiastin (voir pl. III).

Il n’existe aucune compression d’organes par les ganglions hypertrophiés.

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