‹ De l'adénopathie trachéo-bronchique en général et en particulier dans la scrofule et la phthisie pulmonaireChapitre 6 sur 34 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Définition. — L’ adénopathie trachéo-bronchique dans son sens le pins général, consiste dans une modification pathologique des ganglions des bronches , et de la partie inférieure ou intrathoracique de la trachée. Elle fait de ces organes (hypertrophiés et' dégénérés ou non) des corps étrangers capables de comprimer les organes divers qui les avoisinent, oubiendes foyers d’inflammation adhésive ou suppurative simple ou symptomatique, capables, à leur tour, d’amener l’altération à tous les degrés possibles de ces mêmes organes de voisinage.

Cette modification pathologique comprise de la sorte, se traduit, ainsi que nous le verrons, par un ensemble de symptômes locaux et généraux, dont les uns dépendent de l’altération ganglionnaire elle-même, et les autres des altérations de voisinage auxquelles ces ganglions peuvent donner lieu.

C est «à ce point de vue général que nous envisagerons

la question. Nous aurons à nous occuper, il est vrai, le plus souvent de la dégénérescence tuberculeuse et strumeuse des ganglions médiastinaux, mais nous aurons soin en même temps de tenir compte des autres dégénérescences principales qui peuvent affecter ces organes.

G est ainsi que nous justifierons notre définition; mais, nous fussions-nous borné à ne parler que de la dégénérescence tuberculeuse des ganglions , nous aurions évité de l’envisager sous le nom de phthisie bronchique, à moins toutefois de nous renfermer dans l’examen de ces cas peu nombreux qui paraissent bien appartenir à cette dénomination.

Quelques explications sont nécessaires au sujet de cette dénomination: 'phthisie bronchique , que l’on trouve assez fréquemment employée par les auteurs (Leblond, Le Roy de Méricourt, Barthez et Rilliet, Sotinel, Schœffel, etc.).

Les auteurs qui ont fait usage de ce terme n’auraient dû toujours considérer que les cas dans lesquels les ganglions bronchiques ou trachéo-bronchiques seuls se trouvaient être atteints, ou bien les cas dans lesquels l’altération de ces ganglions prédomine de beaucoup sur l’altération d’autres organes, et particulièrement des poumons. Nous dirons, dans la partie consacrée à l’historique, combien Leblond a peu justifié le titre de sa thèse. On y relève, en effet, des observations dans lesquelles la lésion des poumons était trop avancée pour qu’elle n’eût pas joué un rôle considérable dans les souffrances du patient et sa terminaison fatale. Les autres auteurs qui se sont servis de la même expression l’ont généralement mieux justifiée.

En se reportant à l’index bibliographique, il sera facile devoir que l’altération des ganglions trachéo-bronchiques a été étudiée sous des dénominations diverses et nom-

breuses. La dénomination qui- nous a paru la plus convenable est celle d’un de nos Maîtres, M. le Docteur Guéneau de Mussy. Le terme adénopathie , en effet, ne préjuge en rien la nature de la lésion, dont il pourra être question. C’est un terme générique commode. Reste ensuite à localiser, puis à spécifier l’expression adénopathie. L’expression bronchique qui la suit indique clairement qu’il s’agit des ganglions en rapport avec des bronches. Nous avons adopté ces deux termes, mais en y ajoutant toutefois la désignation de la trachée, et nous disons : adénopathie trachéo-bronchique. L’étude anatomique nous montrera, en effet, que plusieurs des dits ganglions bronchiques sonten même temps en rapport avec la trachée; enfin, il sera toujours facile de spécifier la nature de cette adénopathie ; elle sera tuberculeuse, strumeuse , adènique , mélanique, cancéreuse, etc.

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