BIOGRAPHIE D'OLIVIER LEFEBVRE D'ORMESSON
Famille d'Ormesson. — Naissance d'Olivier d'Ormesson , vers 1610. — Son mariage avec Marie de Fourcy (1640) ; il devient maître des requêtes ( 1643). — Commencement de son Journal ( 1643 ) ; détails qu'il donne sur la régence d'Anne d'Autriche , sur les intrigue intérieures et la politique extérieure , sur la Fronde , jusqu'en 1651. — Récit de la séanc du Parlement où Mazarin est proscrit ( 8 janvier 1649). — Interruption du Journal , de 1651 à 1661.— Procès de Fouquet ( 1661-1664). — Disgrâce d'Olivier d'Ormesson ( 1665 ).— Consolation qu'il trouve dans ses relations d'amitié et dans sa famille. — Solennité des ACTES SORBONNIQUES à ccttc époqus. — Fin du Journal d'Olivier d'Ormesson [ 1672 ), — Sa mort (1686).
Olivier Lefebvre d'Ormesson appartenait à une de ces familles parlementaires où les talents et les vertus étaient héréditaires. Son aïeul, Jean Lefebvre', avait été intendant des finances sous Henri III, et avait eu pour amis les hommes les plus illustres du temps , entr' autres Jean de Morvilliers. La vie de Jean Lefebvre , écrite par son fils , André d'Ormesson, se transmettait dans la famille, comme un souvenir et un exemple ^ André d'Ormesson , père d'Olivier, reçut une de ces fortes éducations classiques qui marquent la fin du XVP siècle , et il a pris soin d'en écrire
^ Né en 1526 et mort en 1600.
* Le manuscrit, corrigé de la main d'André d'Ormesson, se trouve à la Bibliothèque publique de Rouen , f. Leber, n" 6767.
1 \ DIOORAPHIE d'olivier d'oRMESSOIS.
lui-même les détails'. Conseiller d'état et doyen du Grand- Conseil , il vécut jusqu'à une extrême vieillesse, et fut entouré d'une renommée si pure , si incontestée , qu'elle a trouvé grâce même devant Gui Patin ^
Ce fut sous les yeux de ce père savant et vertueux que grandit Olivier Lefebvre d'Ormesson , né vers 1610^. Il épousa, en 1 640, Marie de Fourcy , fille de Henri de Fourcy, président à la Chambre des Comptes de Paris. A cette occasion, son père lui donna la terre et seigneurie d'Amboille, que lui avait apportée en dot sa femme Anne Le Prévost , fille de Nicolas Le Prévost, conseiller-maître à la Chambre des Comptes de Paris ^ A partir de ce moment, Olivier d'Ormesson prit le titre de seigneur d'Amboille. En 1643, il acheta une charge de maître des requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roi, moyennant 180,000 livres ( monnaie du
» On trouvera ce morceau dans l'Appendice , n" I. Il m'a paru curieux de publier ce spécimen de l'éducation du XVI« siècle. On pourra le comparer au récit de Henri de Mesmes, publié par Rollin dans son Traité des £fude*. 11 donnera d'ailleurs une idée des Mémoires d'André d'Ormesson, dont le mscr. autographe est conservé dans la bibliothèque Leber.
' Lettres de Gui Patin, 13 février 1G65 : « Le bonhomme d'Ormesson, âgé de quatre-vingt-neuf ans, fut hier taillé pour la pierre; il a dormi toute la nuit, et on espère qu'il en guérira encore; il le mérite pour son extrême probité et sainteté de sa vie. « Edit. de M. Reveillé-Parise , tome III , p. 512. Compar. p. 516.— André d'Ormesson était né en 157 G et mourut en 1G65.
3 Je n'ai pu trouver la date précise de la naissance d'Olivier d'Ormesson. Mais son père, André, s'était marié en 1G04 , comme le prouvent ses Mémoires mscr., f" 203 verso. Olivier était son troisième fils ; on peut donc placer sa naissance vers 1 6 1 0.
* Mémoires mscr. d'André d'Ormesson, f» 206 recto. Ces détails sont tirés de la biographie de Nicolas Le Prévost , écrite par son gendre. La terre d'Amboille ou Amboile était située près de Paris, par delà le parc ou bois de Saint- Maur, comme l'a prouvé M. Walckenaer, dans le tome III de ses Mémoires sur M"" de Sévigné , p. 453. Cette terre s'est confondue avec la terre d'Ormesson , qui en était voisine, et le nom d'Amboille a disparu des caries el dictionnaires géographiques.
JOURNAL d'OLTVIEK d'oRMKSSON. I .')
temps). C'est aussi à cette époque qu'il commença à rédiger son Journal.
Ainsi, les Mémoires d'Olivier d'Ormesson datent de la fin du règne de Louis XIII. Ils retracent avec une minutieuse exactitude les derniers moments de ce prince , la scène solennelle où il remit au Parlement la déclaration pour la régence ', et le lit de justice où elle fut enregistrée ^ Louis XIII était à peine mort que ses dernières dispositions furent violées, et que le Parlement, modifiant la déclaration royale , conféra à Anne d'Autriche la plénitude de l'autorité souveraine (1 8 mai 1 643) ^ On vit alors, sur les degrés du trône, d'où l'âpre et redoutable cardinal de Richelieu avait foudroyé plutôt que gouverné les humains ^, un successeur doux et bénin , qui ne voulait rien, qui était au désespoir que sa dignité de cardinal ne lui permît pas de s'humilier, autant qu'il l'eût souhaité, devant tout le monde ^ Jules Mazarin n'était pas encore connu ^ sa prudence passa pour de la timidité et encouragea les complots. Les exilés revinrent 5 les intrigants s'agitèrent. L'ambitieuse duchesse de Chevreuse ^, jadis favorite d'Anne d'Autriche, reparut à la cour, et se flatta de reprendre près delà régente l'empire qu'elle avait exercé sur la reine persécutée. Elle ramena l'ancien garde des sceaux , Charles
* Journal iVOliv. cVOrmesson , 1" partie, f" 9 verso,
=* Ibid,
3 Ibid., f" 14 recto et verso.
-i Ce sont les expressions mêmes du cardinal de Retz, liv. II de ses Mémoires.
'- Ibid.
^ Marie de Rohan-Montbazon , née en IGOO , mariée en 1617 au connétable de Luynes , et, en secondes noces, h Claude de Lorraine , duc de Cbevreuse , morte en 1G79.
Ib BIOGRAPHIE D OLIVIER l) ORMESSON.
de l'Aubespine , marquis de Châteauneuf *, rival du chancelier Pierre Séguier -. « On les appeloit les deux Sosies, parce que l'un et l'autre avoient et la tapisserie et la robe de chancelier , estoient d'une mesme taille , fort noirs de visage et de poil, et tous deux d'un visage fort severe ^. » Le désordre était partout : à la cour , où la cabale des Importants semblait sur le point de renverser Mazarin *• dans le Conseil d'État, où Monsieur, Gaston d'Orléans, et Monsieur le Prince , Henri de Bourbon , père du grand Gondé, se disputaient le pouvoir^-, dans le Parlement , qui éclatait en menaces contre le ministère et préludait à la Fronde ^ Les courtisans se réjouissaient de cette anarchie. « Il n'y a plus, disait La Feuillade'', que quatre petits mots dans la langue française : La reine est si bonne ! » Saint- Évremond chantait , dans la suite :
Le temps de la bonne régence.
Temps où rcgnoit une heureuse abondance , Temps où la ville, aussi bien que la cour, Ne respiroient que les jeux et l'amour.
Un magistrat d'un esprit sérieux et élevé comme Olivier d'Ormesson ne pouvait partager l'admiration des courti-
' Il avait été nommé garde des sceaux en 1630, puis disgracié et emprisonné en 1635. 11 mourut en 1653.
^ Né en 1588 et mort en 1672. 11 était chancelier depuis 1635.
3 Journal d'Oliv. d'Ormesson, U' partie, f" 17 bis. Je conserverai , dans toutes les citations, l'orthographe du manuscrit,
* Ibid. , f«s 22 recto, et 23 recto et verso. Olivier d'Ormesson assistait au Conseil d'État en sa qualité de maître des requêtes.
'•' Ibid. , fos 17 verso, et 24 verso.
c Ibid. , f° 23 verso.
7 Mémoires du cardinal de netz , livre I«% vers la fin.
RÉGENCE d'aNNE d'aUTRICHE. 47
sans pour ce tourbillon de cabales et de complots qui entourait Anne d'Autriche. Il voyait avec peine l'affaiblissement de l'autorité et le triomphe de l'anarchie. Un dicton populaire qu'il cite dans son Journal * résume la situation :
« La Reyne donne tout ,
» Monsieur joue tout ,
» Monsieur le Prince prend tout ,
» Le cardinal Mazarin faict tout ,
» Le Chancelier scelle tout. »
On ne se console de ces misérables intrigues que par la vue des grandes choses que la France accomplissait alors à l'extérieur. Mazarin , qui , selon son expression , avait le cœur plus français que le langage , poursuivait avec habileté les projets de Richelieu pour l'abaissement de la maison d'Autriche l Gondé triomphait à Rocroy, à Fribourg , à Nordlingen et à Lens ^ Turenne , d'abord moins heureux , pénétrait au cœur de l'Allemagne et menaçait l'Autriche jusque dans ses états héréditaires. Le Roussillon , l'Artois et l'Alsace conquis , le Portugal délivré , la
^ Journal cfOliv. d'Ormesson , 1" partie, f" 25 recto. Ce dicton est une imitation de celui que cite L'Étoile, Journal de Henri III, p. 306 de l'édition de Petitot :
Le pauvre peuple endure tout ,
Les gens d'armes ravagent tout ,
La sainte Eglise paye tout ,
Les favoris demandent tout ,
Le Parlement vérifie tout ,
Le chancelier scelle tout ,
La Reine-mère conduit tout ,
Le Pape leur pardonne tout ,
Chicot ( le fou du Roi ) tout seul rit de tout , Le diable , à la fin , aura tout.
2 Mignet , Négociations pour la succession d'Espagne , tome I"".
18 BIOGRAPHIE d'olivier d'ORMESSON.
Catalogne envahie , la Suède triomphante , la Hongrie détachée de l'Autriche , l'Italie secouant le joug de l'Espagne, enfin l'Empire triomphant de l'Empereur, tels étaient les résultats de cette glorieuse politique. Les contemporains, et surtout les parlementaires, n'en comprirent pas toujours la grandeur. Écrasés d'impôts , ils ne voyaient que la misère publique; la postérité seule devait recueillir les fruits de leurs sacrifices. C'est un mérite pour Olivier d'Ormesson de s'être élevé au-dessus de ces souffrances du moment, et d'avoir porté un jugement équitable sur la politique extérieure de la France. « La postérité, écrit-il dans son Journal*, lira avec admiration les grandes actions que nous voyons de nos jours : que les armes d'un Roy de neuf ans se fassent craindre partout, et que, depuis trois ans , nous ayons battu partout nos ennemys. En cette campagne, le mareschal de Turenne a poussé les ennemys, qui ne l'ont osé attendre. En Flandre , après avoir pris Courtray en présence d'une armée aussi forte que la nostre , au milieu de leur pays , forcer Mardick avec deux mil cinq cens hommes dedans , fermer Dunkerque et le prendre, sans qu'ils âyent tenté aucun secours ; en Catalogne, assiéger Lerida; en Italie, retourner une seconde fois plus forts que la première et y prendre pied : ce sont choses qui seront admirées à l'advenir, et le duc d'Anguien surpasse maintenant les plus grands héros, ayant faict quatre campagnes admirables , terminées par la prise de Dunkerque , non pas seulement par bonheur, mais par valeur et conduitte , donnant luy seul tous les ordres , les exécutant , et ayant esté deux fois blessé cette
» Journal d'Oliv. iVOrmesson , l" partie, f" 82 recto . à la date du 16 octobre 164G.
JOURNAL d'olivier d'oRMKSSON. 19
campagne, et plusieurs des siens tués autour de luy, vigilant , libéral , caressant. »
Malheureusement, les discordes civiles vinrent suspendre le cours des victoires. Olivier d'Ormesson retrace toutes les phases de la première Fronde avec une minutieuse fidélité , et donne de nouveaux détails sur une histoire qui semblait épuisée. Luttes des maîti'es des requêtes contre le ministère, union des cours souveraines , violence des enquêtes , efforts du Premier Président * pour les modérer, assemblées de la Chambre Saint-Louis, propositions audacieuses pour changer la forme du gouvernement , arrestation de conseillers le 26 août 1 648 , barricades , enfin , fuite de la Cour et guerre civile : tous ces faits , déjà si souvent racontés par des témoins oculaires , reçoivent une nouvelle lumière des Mémoires d'un magistrat sincèrement animé de l'esprit de corps , mais assez éclairé et assez sage pour redouter les extrémités où se précipitaient de fougueux parlementaires. Le Journal d'Olivier d'Ormesson nous transporte réellement au milieu de ces scènes étranges , où le mélange d'écharpes bleues, de dames , de cuirasses , de violons dans les salles de l'Hôtel-de-VillCj le bruit de tambours et le son de trompettes sur la place , donnaient , dit le cardinal de Retz , un spectacle que l'on voit plus dans les romans qu'ailleurs. Il n'était pas moins extraordinaire d'entendre des conseillère au Parlement discuter sur la guerre , en calculer les chances , en préparer les ressources , et , s' animant d'un belliqueux enthousiasme , faire retentir le sanctuaire de la
ï Matthieu Mole , né en 1584 , conseiller au Parlement en 1G06, président d'une Chambre des Enquêtes en 1610 , procureur général en 1614 , premier président on 164 1 , garde des sceaux en 1651 , mort en 1656.
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justice de leurs acclamations guerrières. Olivier d'Ormesson , qui assistait , comme maître des requêtes , aux séances du Parlement , retrace fidèlement ces scènes , qui dégénéraient souvent en burlesques imitations de la Ligue. Je n'en citerai qu'un exemple : c'est le récit des discussions qui préparèrent l'arrêt célèbre rendu , le 8 janvier 1649, contre le cardinal Mazarin. D'Ormesson rappelle d'abord la mission confiée à Omer Talon et aux gens du Roi pour se rendre à Saint-Germain , et le mauvais accueil qu'ils avaient reçu de la Cour *. Cette partie de son récit est parfaitement d'accord avec le rapport d'Omer Talon , imprimé dans les Mémoires de cet avocat général "^ D'Ormesson continue en ces termes ^ :
« Les gens du Roy retirés , l'on dict que la Ville , ayant reçu une lettre de cachet , avoit député vers la Reyne , sans en communiquer au Parlement *. Les advis demandés, le doyen fut d' advis d'attendre le retour desEschevins pour délibérer. M. de Bruxelles ^ dict qu'il ne falloit pas perdre de temps : tandis qu'on délibère à Rome , Sagonte est pris ; qu'il ^ falloit songer à sa défense et lever des troupes pour faciliter les vivres -, que ce n'estoit contre le Roy ; au contraire, c'estoit pour son service et pour nostre salut : om7iis honesta ratio expediendœ salutis '^. Ainsi
* Journal d'Oliv. d'Ormesson , V partie , f» 129 recto et verso.
2 Mém. d'Orner Talon , édit. Pelitot , tome II , p. 383 et suiv.
3 Journal d'Oliv. d'Ormesson , W partie , f" 129 verso et suiv.
4 Voy. Registres de V Hôtel -de-Ville de Paris pendant la Fronde, tome I"*, p. 7C et suiv. ; ouvrage publié par la Société de l'Hist. de France.
^ C'est le conseiller plus connu sous le nom de Broussel.
6 Journal d'Oliv. d'Ormesson, l" partie , f" 130 recto.
7 Cicéron , Pro Milone , c. ! .
JOURNAL D*OLIVIER d'ORMESSON. 21
fut d'advis de lever des troupes et songer à se deffendre. Chacun estoit de cet advis , mais adjoustoient quelque circonstance pour la garde de la ville , comme de commettre de Messieurs pour estre au Conseil de la ville, le tout sans parler du Cardinal. Je fus d'advis de renvoyer encore les gens du Roy, songer à la seureté de la ville , et , pour les moyens, les remettre au Conseil de police. M. Violle dict: Ire iterum in lachrymas *, c'estoit se mocquer^ que l'on ne vouloit point de quartier ^ qu'il falloit songer à sa défense ; fut de tous les advis proposés , mais adjousta qu'il falloit faire des remonstrances par escript pour faire cognoistre et designer l'autheur de tous ces desordres.
» J'oubliois que M. Payen opinant que la défense estoit légitime et très aisée -, qu'ayant porté les armes , il sçavoit l'ordre qu'il y falloit tenir, et que, pour avoir des trouppes, l'on en pouvoit avoir pour peu d'argent 5 que , dans Paris, il y avoit bien neuf cent mil âmes ; que , de leur faire payer à chacun quatre escus , ce n' estoit pas trop -, que cela faisoit trois millions six cent mil escus ^ qu'il entretiendroit avec cela dix mil hommes de pied et quatre mil chevaulx ^ que , si cela ne sufTisoit , on pouvoit joindre à une compagnie de cent hommes deux cents bourgeois , qui faisoient trente mil hommes de pied et douze mil chevaulx , et qu'en nécessité faisant doubler la somme , c'estoit soixante mil hommes et vingt-quatre mil chevaulx. Apres quoy, il n'y avoit plus rien à craindre , et qu'il feroit mieux qu'il ne disoit, si la compagnie le voulloit employer, et qu'il prendroit à honneur de perdre la vie pour le service du Roy et
* Virgile, Enéide, IV, 413 :
Ire iterum in lacrymas , iterum tenture precando Cogitur, etc.
ii BlOGRAPIilK 1)"()I,IVIEH DORMESSON.
celiiy du Parlement. Il fut suivi d'une très grande acclamation , chacun se croyant en seureté après cela et disant que c'estoit là parler et qu'il ne falloit qu'un homme pour relever un Estât. Pour moy, je creu entendre les dix sept cent mil clochers du Catholicon ^
» Tout le monde estoit si animé que les advis de conférence estoient rejettes comme lasches. Le président de Blancmesnil fut le premier qui nomma le cardinal Mazarin pour le déclarer autheur des desordres et perturbateur du repos public. Apres luy, il fut condamné par tous , chacun enchérissant, les uns de déclarer ses biens acquis et confisqués au Roy. M. deMachault, prieur de Saint-Pierre d' Amyens , adjousta de mettre sa teste à prix ^ ce qui fit rire , estant ecclésiastique -, les autres , de déclarer ses bénéfices impetrables. Ce qui me surprit fut que les présidents de Novion , de Believre , de Nesmon et Le Cogneux alloient enchérissant sur cet advis et avec chaleur , et proposoient en mesme temps toutes les facillités de se deffendre. Le président de Mesme réduisit tous les advis de Messieurs , disant qu'il y avoit un Conseil de ville pour donner tous les ordres particuliers, auquel on pouvoit commettre quatre de Messieurs pour y assister et rejetta la proposition de nommer douze de Messieurs pour régler toutes choses ^ cela sentoit le Conseil des Seize de la Ligue -, et qu'il falloit que ce fut le Parlement qui donnast tous les ordres généraux -, que , pour maintenir l'ordre
' « En France , y a dix-sept cents mille clochers , dont Paris n'est compté que pour un : qu'on prenne de chacun clocher un homme catholique, soldoyé aux despens de la paroisse, et que les deniers soyent maniez par les docteurs en théologie ou pour le moins graduez nommez , nous ferons douze cents mille combattants et cinq cents mille pionniers , etc. » Satyre Menippce , édit. de Ch. Nodier , tome I", p. 25.