‹ De l'administration de Louis 14 (1661-1672) d'après les mémoires inédits d'Olivier d'OrmessonChapitre 32 sur 54 · POLICE^ EMBELLISSEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

POLICE^ EMBELLISSEMENT DE PARIS

propreté ni sûreté dans cette ville. Un Conseil de police fut org-anisé par Colbert et placé sous la direction de son oncle Pussort * ^ les conseillers d'État Poncet , Boucherat, La Marguerie , en firent partie. Il s'occupa immédiatement de la propreté des rues, et, sans s'inquiéter des murmures du peuple '\ il fit détruire les escaliers extérieurs et les saillies des maisons qui obstruaient la voie publique. Ce Conseil s'occupa aussi de la distribution des eaux , et ne voulut plus tolérer de fontaines particulières. « M. le Chancelier ayant parlé du besoing qu'il a voit de la sienne , M*" Colbert luy dict qu'il debvoit l'exemple , et , en efPect , elle lui a esté ostée et à M '' le Prince l » Ce fut en procédant avec cette fermeté que Colbert parvint à transformer Paris. Secondé par Là Reynie , pour lequel il établit , en 1667, la charge de lieutenant de police*, il réalisa des améliorations d'une haute importance. La ville fut éclairée par cinq mille fanaux , et , bientôt, cette innovation s'étendit à toutes les cités considérables de France ^ La Reynie fit paver toutes les rues ^, et prit des mesures pour en assurer la propreté ''.De nouveaux quais furent construits,

' Journal d'Oliv. d'Ormesson , 2'"' partie, f" 139 , 26 septembre 166G.

^ Ibid. .,

< Ibid. , f" 140 verso , 12 décembre 1G66.

' Anciennes Lois françaises , tome XVIIl , p. 100. —Mémoires de Louis XIV, lomeII,p. 270.

•' Anciennes Lois françaises , tome XX , p. 295 : « De tous les établissements (pii ont été faits dans notre bonne ville de Paris , il n'y en a aucun dont l'utilité soit plus sensible et mieux reconnue que celui des lanternes qui éclairent toutes les rues, et, comme nous ne nous croyons pas moins obligé de pourvoir à la sûreté et à la commodité des autres villes de notre royaume qu'à celle de la capitale, nous avons résolu d'y faire le même établissement et de leur fournir les moyens de le soutenir à perpétuité. » ii'r< a

'' Voltaire, Sièc/e de Louis Xiv, chap. XXIX. , > -v. ;.

7 Anciennes Lois françaises , tome XVlll , p. 93. —De la Mare, Traiie de ta Police, tome 1", p. ii4.

WOÎSUMENTS ELKVKS A CKITE EI'OQIK. \.h)

les anciens réparés , et une ^arde continuelle , à pied et à cheval , veilla à la sûreté des Parisiens '.

Ces questions de police , d'industrie , de commerce , de; finances , de législation , étaient bien arides pour un Roi de vingt ans qui aspirait à la gloire. Cependant Louis XIV sut en comprendre l'utilité et s'en occupa avec zèle. D'ailleurs Colbert, qui voulait s'emparer fortement de son esprit, ouvrait en même temps à l'activité du jeune monarque une carrière plus brillante. Il lui montrait la gloire des lettres et des arts entourant son trône , et lui parlait avec enthousiasme de l'immortalité qu'assurent aux Rois les grands monuments. « Rien ne marque davantage , lui écrivait-il^, la grandeur et l'esprit des princes que les bâtiments, et toujours la postérité les mesure à l'aune de ces superbes machines qu'ils ont élevées pendant leur vie.» Louis XIV n'était que trop disposé à suivre ces conseils. Paris et la France durent à sa passion , secondée par Le Nôtre, Mansard et Perrault, les magnificences de Versailles et de Marly, la colonnade du Louvre, les Invalides, les jardins des Tuileries, les boulevards extérieurs de Paris, l'Observatoire, enfin les portes triomphales Saint-Denis et Saint-Martine « Il n'y avoit rien de grand ni de magnifique qu'il ne se proposât d'exécuter, » dit Ch. Perrault ^ Cet écrivain atteste avec quelle vigilante attention Colbert dirigeait lui-même les travaux \ Il attira en France des

I Voltaire , Siècle de Louis XIV, chap, XXIX.

* Cette lettre est citée par Lemontey, dans son Essoi biographique sur J.-U Colbert.

^ Mémoires de Ch. Perrault , livre I*', p. 30 et siiiv. ; Avignon , 1759.

4 Ibid.

^ Ibid , livre II, p. bo . 8G cl 87,

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