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DE L'ENSEIGNEMENT DEPARTEMENTAL DE L'AGRICULTURE

L'enseignement élémentaire pratique de l'agriculture peut être donné dans les fermes-écoles et aussi dans des écoles pratiques d'agriculture, établies, les premières, conformément à la loi du 3. octobre 1848, les secondes, d'après la loi du 30 juillet 1875.

Une école pratique d'agriculture peut être établie dans chaque département, ou pour plusieurs départements réunis.

Le choix du domaine, sur lequel cette école est instituée, est proposé par le conseil général ou par les conseils généraux intéressés ; il est arrêté par le ministre de l'agriculture.

L'installation matérielle est à la charge des départements. Toutes les autres dépenses de l'enseignement incombent à l'Etat, qui peut même accorder aux départements des subventions pour les frais d'appropriation des bâtiments et d'achat du matériel d'enseignement. . •

Le programme des études est réglé par le ministre, pour chaque école, suivant la spécialité culturale de la contîée'.

Un comité de surveillance et de perfectionnement est attaché à chaque école. Il comprend : l'inspecteur gé-

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néral de Tagriculture attaché à la région, un professeur de sciences nommé par le ministre, trois conseillers généraux désignés par le conseil chaque année, deux agriculteurs choisis dans le département par le ministre de l'agriculture. Le comité veille sur la direction, la discipline et l'enseignement de l'école. Il donne son avis sur tout ce qui intéresse la situation de l'école et adresse chaque année un rapport au conseil général.

A la sortie de l'école, après examen, il est délivré aux élèves un brevet de capacité, qui donne droit à l'admission au bénéfice du volontariat, dans les termes de l'art. 53 de la loi du 27 juillet 1872.

Les fermes-écoles et les écoles pratiques d'agriculture ne peuvent s'adresser qu'à un personnel spécial et restreint. Or il importe de vulgariser les notions agricoles. La loi du 15 mars 1850 (art. 23), celle du 28 mars 1882 (art. 1«0, le décret du 29 juillet 1881 (art. 7, ll^'), ont mis au rang des matières de l'enseignement primaire les éléments de l'agriculture. Mais l'organisation d'un enseignement agricole est encore loin d'être complète et à la portée de tous. Plus de trente départements, il est vrai, possèdent des chaires d'agriculture ; les autres en sont dépourvus. C'est afin de développer un enseignement si utile qu'a été votée la loi du 16 juin 1879. Tous les départements doivent, aux termes de cette loi, avoir, dans un délai de six ans, une chaire d'agriculture.

L'enseignement qui sera donné comprendra toutes les branches de l'exploitation agricole, arboriculture, horticulture, viticulture, etc., et plus spécialement l'étude des cultures de la région. Il doit être, en eflfet, à la fois théorique et appliqué : ainsi seulement peutil être réellement profitable.

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Les professeurs départementaux d'agriculture sont nommés après avoir subi les épreuves d'un concours, dont le programme est arrêté de concert par le ministre de l'agriculture et le ministre de l'instruction publique, après avis du conseil général et des associations agricoles du département.

Le programme varie avec chaque département ; car il faut y introduire les connaissances que nécessite la nature du sol et le climat de la région ; or, nul n'est plus compétent que le conseil général et les sociétés agricoles du département pour déterminer quelles matières sont indispensables, quelles autres sont simplement utiles, quelle part doit être faite à chacune d'elles et quels progrès doivent être particulièrement recommandés aux agriculteurs de la contrée.

Le concours s'ouvre au chef-lieu de département, devant un jury présentant toutes les garanties de capacité et d'impartialité que peuvent réclamer l'intérêt des candidats et le développement de l'enseignement. Ce jury est présidé par l'inspecteur général de l'agriculture. Il comprend l'inspecteur d'académie, un professeur de chimie ou de physique, un professeur de sciences naturelles, l'un et l'autre, choisis dans le personnel enseignant de l'institut agronomique ou d'une école d'agriculture ou de l'université. Il compte encore un professeur de l'école vétérinaire ou de l'école de médecine la plus rapprochée, ou un vétérinaire diplômé, plus un conseiller général désigné par ses collègues et trois agriculteurs choisis par la commission départementale parmi les membres des associations agricoles du département, sur des listes dressées par chacune de ces associations. La composition du jury

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garantit ainsi le caractère nettement professionnel que doivent avoir les épreuves.

Un arrêté concerté entre le ministre de l'agriculture et le ministre de l'instruction publique nomme professeur d'agriculture l'un des candidats reçus au coucoxirs.

Les professeurs d'agriculture sont chargés de leçons à l'école normale primaire, près de laquelle ils doivent, autant que possible, résider, et aux autres établissements d'instruction publique, s'il y a lieu. Ils font des conférences agricoles, dans les différentes communes du département, aux instituteurs et agriculteurs de la région.

Leur traitement es\ payé par l'Etat (1), sauf les frais de tournée, dont le minimum est fixé par un rég-lement d'administration publique, après avisdu conseil général, et qui sont à la charge du département. Ces frais de tournée, en rapport avec l'importance de chaque département, sont imputables sur les centimes départementaux de-I'instruction primaire ; en cas d'insuffisance de ces centimes, l'Etat vient en aide aux départements (2).

Trois ans après l'organisation complète de l'enseignement de l'agriculture dans les écoles normales primaires, les notions élémentaires d'agriculture feront partie des matières obligatoires de renseignement pri-

(1) Chap. XXXIII, art. 3, g 2, budget du iiiiiiistéro de l'in- Btruclion publique pour l'exercice 1883 : Chaires départementales d'agriculture et d'horticulture dans les écoles normales primaires, 76,500 fr.

(2) Comp. L. 3 octobre 1848; 30 juillet lrt7ô; 0 août 187(5; 16 juin 1879. Lea institutions' créées par ces loin s'enchaînent et se complètent. Elles démontrent quelle légitime sollicitude l'agriculture a inspirée au législateur.

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