XXVI INTRODUCTION
jurisconsulte et l'administrateur, elle me paraît oflfrir assez d'inconvénients et- peu d'avantages ; on y consume un temps précieux, et l'esprit se perd aisément dans ces détails, ces distinctions et ces citations multipliés. Cependant, comme en matière administrative le texte exact de la loi est d'une utilité extrême, on verra que j'ai cru devoir donner aux textes une place importante. Les controverses purement théoriques, au contraire, ont été presque toujours abrégées. Avec une sincère et complète indépendance, j'ai essayé de porter un jugement sur les lois et les institutions ; mais faire la leçon à personne n'est jamais entré dans ma pensée, et, si l'on rencontre des conseils ou des avertissements dans les pages qui vont suivre, on voudra bien n'y voir que l'expression d'un amour véritable du bien public.
Tel est, en effet, le sentiment qui doit animer, avant tout, le jurisconsulte et celui qui se mêle d'écrire. Ni récrimination de parti pris, ni flatterie intéressée, voilà leur devoir. Dans une société démocratique, le nombre des mécontents et des ambitieux est fort grand ; il est puéril, pourtant, de tout blâmer parce qu'on n'est pas en faveur, et jamais il ne fut généreux de mesurer à son propre intérêt le souci qu'on a de la chose publique. Un citoyen vraiment ami de son temps et de sa patrie ne connaît ni ces dénigrements, ni ces étroites préoccupations. Il a besoin d'être juste à l'égard de tous et il lui suffit de chercher à être utile. La satisfaction de quelque service rendu à la cause de la liberté et de la vérité est, pour lui, la première des récompenses. Le reste dépend non de lui-même, mais des autres.
L'étude que. je livre aujourd'hui au jugement du public a été commencée il y a bientôt dix ans, presque