CHAPITRE XXI
Réranië*
11 est donc vrai que, dans les études morales de la classe lettrée, il règne la même diversité de principes, la même division des esprits, le même affaiblissement que dans les idées de la classe non lettrée.
Ni dans les régions supérieures, ni dans les régions inférieures, il ne reste rien de complet, rien d'entier.
Partout, au contraire, on rencontre des ruines; partout se révèlent des lacunes profondes que rien ne vient combler, qui chaque jour semblent s'élargir encore*
11 est des faits spéciaux qui accroissent le mal avec une rapidité sensible, et qui doivent éveiller une sollicitude profonde.
Le premier, c'est que les intelligences les plus actives et les plus élevées se trouvent engagées elles-mêmes dans ce rdie de critique et de scepticisme, la plus séduisante et la plus dangereuse des habitudes d'esprit de ce siècle.
Le second fait, c'est que si en face delà décadence il se pose une doctrine forte et pure, ce n'est pas elle qui obtient les suffrages qu'on doit priser, l'empire des
âmes. Au contraire, les malheurs du temps mettent chaque jour plus en vogue ce système de transaction avec tout, qui n'est qu'un système de conviction sur rien : système déplorable «n poh'tique, mille fois plus déplorable en morale, où tout est question de perpé* tuité et d'invariabilité; où la transaction est l'apostasie et l'abdication.
Le troisième fait est que, chaque jour, s'augmente le nombre de ceux qui passent, du rôle de la conviction habituelle, à celui de l'examen permanent. Or, nul état ne peut subsister si la pensée sociale est incertaine; et quand ce ne sont plus les intelligences méditatives seulement qui doutent et comparent pour arriver à la science ; quand toutes les classes de la nation délSiè* rent ; quand le débat du salon ébranle j usqu'à la soumission coutumière de la loge ; quand les orages du parlement ont leur écho à l'atelier, alors les idées morales se précipitent, de la foi à l'examen, dans toutes les classes de la société.
Le quatrième fait est qu'il ne s'agit plus de débats et d'idées seulement; qu'il s'agit de passions et de projets; que ce qui est examen dans une région se traduit en complot dans une autre.
EnGn, ce qui domine ce siècle, et c'est là un cin-^ quième fait, c'est une altération profonde dans les idées morales qui unissent, à l'état normal, les diverses parties du corps social. Nous l'avons vu, l'ordre d'idées qui a le plus de poids dans les destinées d'un pays, ce sont les idées réservées. Or, ce sont elles précisément qui ont subi parmi nous l'affaiblissement le plus fâcheux, et c'est moins la barrière entre les deux classes qui s'est abaissée que le lien d'union qui s'est rompu. Si d'un côté les sentiments de déférence sont altérés
proteiddaimt dftis tw olàstts hifériWFèB^ par ^ullê d« leur éléfaliod német let ttitiiniiiHs do taMlto « de bîtnteîllaiioey dé pfoiecUon et d'intéfôt, if sont kmw* lis de la part des hautes classes* le n'en veux pout preute qu'un Aiit auquel je rattaohe^ dans ma pensée^ «n dnpHncipaat moyens de salut : c'est qu-aux olas* ses inférieures il ne s'adresse parmi nous rien qui refc* sènble à ees nombreuses et graves Instructions que^ ious teutes les formes les plus populaires, on toit ém^ ner d'en faâut dans les pays dont la situation wt ana* logue à la nôtre, et qui, là, entrettennent d« safnes idées, de fortes allianoes et des sympaihles profondes» Y a«i»il dans tous ces laits quelque leçon à prendre t S'y trouYe*-tMl indiquée quelque mission k remplir t Ce siéeie en olfr0-t«-il lei moyens ¥