‹ De l'affinite des langues celtiques avec le sanscritChapitre 19 sur 27 · ERSE · texte numérisé non relu

ERSE

GALLOIS. RRETON. CORNIQUE.

éka.

an, aon.

aon.

un.

iinan.

un, onen.

dvi.

di, da, do.

dà

dau.

deau.

tri.

tri.

tri.

tri.

tri.

tre, trei.

catur.

ceathar.

ceathair. pedwar.

pevar.

peswere.

pane an.

cuig, f cote.

eùig.

pump.

pemp.

pemp, pymp.

s'as 1 .

se.

sè.

chwech.

chuech. huik, whad.

saptan .

seacht.

seachd.

sait h.

seiz.

seith.

as' tan.

ocht.

ochd.

wyth.

eath.

navan.

( moi, f noi,

naô.

! ~noe.

naoi.

tua».

nau.

das'an. |

| deieh.

•^deagh.

deieh.

deg.

dék.

deg, dek.

(Observations.)Le nombre un ne se rattache pas au sanscrit éka, mais au latin unus, gothique ains, grec lv., etc., que Bopp rapporte avec beaucoup de vraisemblance au pronom démonstratif sanscrite7ia,quinesetrouvcquedansquelquescas

de idam. Le sanscrit êka s'est conservé toutefois dans les mot> irlandais each, unusquisque; ncachlar, ni l'un, ni l'autre, aucun , et aussi un quelconque, c'est-à-dire pas un en particulier, de neaclt, avec le même sens.

L'irlandais a pour le nombre cinq, outre coig, cuig, une forme qui m'est restée énigmatique; c'est rinene. Iaï mot se trouve dans un ancien glossaire , et n'est expliqué que par cuig, cinq.

i ) A partir de dix jusqu'à vingt, le gaélique combine régulièrement les neuf premiers nombres avec dèagh; non dèagh, da déagh, tri dèagh, etc., comme le sanscrit èkadas'an, dvddas'an, etc. Le gallois a aussi undeq, deuzêg, trideg, ou bien unarzeg , deuarzeg, c'est-à-dire un sur dix, deux sur dix, etc.'; mais, à partir de quinze, pymteg, il recommence, unarpymtheg, un sur quinze, deux sur quinze, etc. Les formations bretonne et comique sont régulières, sauf le nombre 18 que le breton exprime par triuech, c'est-à-dire trois-six.

2) Le nombre 20 se rattacbe à la formation sanscrite viristati, où vi est pour dvi , deux , et où s f ati exprime les dizaines. Il est à remarquer que l'irlandais fiched,fichel , l'erse ftchead, le gallois u-gaint, le breton u-gent, le corn, i-ganz, participent également à l'anomalie sanscrite. Peut-être la forme dochdt (deux dizaines), synonyme irlandais de fichel , se lie-t-elle à la forme primitive dvins'ali, avec retranchement de la nasale. Les dizaines sont indiquées de la même manière en irlandais, jusqu'à cent, parla combinaison des premiers nombres avec le cliad ou chat. Ainsi on a triochat , 3o ; reathrachat , 4»; caogat, 5o; seasgat, 60; seachtmogat, -o; ochtmogat, 80; nochat, 90; tandis que le sanscrit, après avoir formé régulièrement triùs'at, 3o; c' atvarins' at , /\o ; pane' as at, 5o; continue irrégulièrement sW/i, Go; saptati, 70; as'iti, 80; navati, 90. — Le gallois s'est écarté de ce système, et compte par vingt; par exemple : deugain (deux vingt), 4o; degnr deugain (dix sur deux vingt), 5oj etc. Le

breton suit la même méthode, sauf tvégont, trente, qui se rattache à la première formation.

3) Le sanscrit s'ala, cent, en irlandais céad, ceat, cet, en erse céud, en gallois cant y breton kant. — Les nombres supérieurs n'ont pas d analogie avec le sanscrit.

§ 63. Des nombres ordinaux.

Le sanscrit forme ses nombres ordinaux au moyen du suffixe du superlatif, tama , lequel toutefois se réduit fréquemment à ta, ama, ou ma. Le gaélique a suivi le même mode de formation , à partir du troisième nombre, quelquefois avec plus do conséquence que le sanscruf»mèmc , comme on le verra par le tableau suivant. Les nombres deux et trois font exception en sanscrit, et se forment à laide d'un suffixe tiya.

IRLANDAIS

F.RSt.

prafama,

premier.

priomh.

priomh.

dvitiya,

second.

dura.

dara.

tritîya,

troisième.

treasma.

triteamh.

caturVa,

quatrième.

ceathramhad.

cealhramh.

panc'ama,

cinquième.

coigeamh, coigeadfi.

cuùjeamh.

sixième.

seûeadh.

sèathad.

sa p ta ma,

septième.

seachtmad.

seachdamh.

affama,

huitième.

ochtmad.

ocUdamh.

navama,

neuvième.

nomad.

naothamh.

das'ama,

dixième.

deachmad.

deicheamh.

(Obervation. i) A côté de priomh, le gaélique a une autre forme cead, et ceadamlt, pour premier, qui pourrait peutêtre se rattacher au sanscrit ddi, ddima. L'addition d'un c initial est toutefois une anomalie. .le crois cette forme plus originale que priomh (en gallois priv.) y qui pourrait avoir été empruuté au latin.

2) Le mot gaélique dara, second, me paraît se lier à la formation comparative que présentent plusieurs langues indo-européennes, et dout la source commune semble être le

sanscrit anyatara, de anya, autre. Si l'on compare le gothique anthar, l'anglo-saxon odar, le grec jrrpo;, le slave vtoryi, on comprendra que le suffixe dara ait pu rester seul en gaélique, après avoir perdu sa voyelle initiale. Un exemple tout analogue est Tillyrien drughi, bohém. druhi, second, que Grimm croit dérivé d'un ancien odrughi, et qui a la même origine.

En gallois le second ordinal s'exprime par ail, breton et corniq. eil, lequel signifie autre (lat. alius, al-ter). Maintenant, si le sanscrit anyas, et le latin alius , grec oMoç, etc., sont identiques, il en résulterait que le gallois ail, et le gaélique dara, dériveraient tous deux du sanscrit anyatara, qui se serait divisé entre les deux formes.

3) Le suffixe tama a subi en gaélique des mutilations toutes semblables au sanscrit amh, ma, et mad. Il est remarquable cependanl qu'il se trouve entier dans l'erse tri-teamh et naotliamh, ce dont aucune autre langue indo-européenne ne fournit un exemple. Les formes irlandaises coigeadh et seiseadh se lient à la mutilation ta, comme dans s'as'ta; coigeadh , en particulier, rappelle le zend pugdhô, cinquième.

4) Dans les nombres supérieurs, le gaélique continue à former ses ordinaux par le même suffixe , mad, ou amh. Ainsi on a en irlandais fichetmadh, vingtième, ceathracatmadh, quarantième, etc.; en erse ficheadamh, vingtième; ceudamh, centième; mileamh, millième, etc.

5) Je n'ai pas parlé des ordinaux gallois , qui ont suivi un autre mode de formation , en se composant avec le substantif gxvaith, fois ( ou gwed), breton, vez. Le seul ordinal qui se rattache au sanscrit est trjdyz, troisième, sansc. tritiyas ( nom. masc. ).

§ 64- Déclinaison et genre des noms de nombre. Dans toutes les langues celtiques modernes , les noms de nombre sont devenus indéclinables, mais l'irlandais ancien offre encore fréquemment un datif pluriel pour plusieurs de

ces nombres. Par ex. : le datif de tri, trois, se trouve, dans ce vers d'un vieux poème cité par O'Connor 1 :

Seiser ar tribh fichit finn-fer.

Six sur trois vingt nobles hommes.

c'est-à-dire 66 bommes nobles. La préposition ar régit le datif. — Le même cas se trouve pour cet , cent, ar noe cetaib, supra nongintos, dans les Annales Innisfalienscs, p. 34, etc.

Quant au genre, les langues cymriques distinguent encore, des masculins dau, tri, pedwar (en gallois), dau, tri, pevar (en breton), les féminins dwy, tair , pedair (en gallois), et diu, teir, peder, en breton. Les grammairiens irlandais ne parlent d aucune distinction de genre; mais on trouve dans les vieux auteurs deux formes, teora et ceteora, ou ceithre, qui, rapprochés des féminins cymriques, laissent peu de doute sur leur nature féminine. Ajoutons à cela que ces féminins se lient évidemment aux féminins sanscrits tisras et c'atasras (zend tisarô) y et qu'aucune autre langue de la famille ne se rapproche autant de ces dernières formes.

§ 65. Avant de quitter les noms de nombre, je dois ajouter encore un mot sur les formations en sanserft par le sufôxe d k a y que l'irlandais possède également. Que l'on compare :

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