AVANT-PROPOS
Le sujet de notre thèse, l'air chaud en thérapeutique vétérinaire, nous a été suggéré par notre ami et ancien condisciple, M. CaroucEau, ex-chef de travaux de clinique à l'Ecole vétérinaire de Lyon, qui a une connaissance approfondie de cet agent et de ses modes d'application.
Je profite du travail que je soumets à la Faculté pour signaler que M. CarouGEaAu est pour ainsi dire linventeur du premier procédé qui a permis d’obtenir un courant d’air surchauffé.
L'idée de lutihsation d’un courant, ou mieux d’une douche d’air chaud est due à M. Prar, distingué chirurgien-dentiste de Lyon, et remonte à 1888. M. Prar, comme la plupart de ses confrères, se servait, pour assécher les cavités dentaires destinées à être plomhées, d’une poire en caoutchouc munie d’un tube métallique fin, avec laquelle il
na
aspirait de l’air chaud dans la flamme d’une lampe à alcool, air qu’il projetait ensuite très rapidement sur la dent malade. M. Prar pensa ‘qu'il serait commode d’avoir à sa disposition une quantité considérable d'air chaud, par exemple dans un réservoir qui pourrait en céder plus ou moins suivant les nécessités opératoires.
Il rechercha donc les moyens d'obtenir une provision, un volume important d'air chaud.
De nombreux dispositifs, établis par des ingénieurs, furent essayés sans succès : on se rendit compte qu'il est difficile de chauffer de Pair et surtout d’en chauffer un fort volume. |
C'est alors que M. Prar conta ses déboires à M, Carouceau, et le pria de s'occuper de la question. Celui-ci y réfléchit longuement et, s'inspirant de l'expérience de M. H. Sarnre-CraiRe DeviLze, qui consiste à dissocier la vapeur d’eau en hydrogène et oxygène en la faisant passer dans un tube garni de fragments de porcelaine chauffés au rouge, 1l supposa qu'en faisant passer un courant d’air froid sur un corps incandescent, on obtiendrait à la sortie de Pair ayant une température très élevée.
Un appareil de fortune fut construit. Il consistait en un large tube de verre, effilé à une extrémité et muni d’une tubulure latérale, dans lequel on introduisaitun thermocautère fixé par un bouchon et entretenu par une soufflerie, Un courant d’air envoyé par la tubulure latérale s’échauffait sur le cautère et sortait, plus ou moins chaud, suivant l'éloignement plus ou moins grand de la masse de platine rougie de
se l’orifice de sortie, et suivant aussi les dimensions de cette masse. |
Le principe de l'appareil à air chaud était trouvé, ne restait plus qu’à fabriquer une instrumentation définitive, facile à manier et y adjoindre une provision d'air, fournie par un compresseur ou une cana- Hsation industrielle d'air comprimé,
Après quelques tâtonnements, M. Prar mit la méthode au pont et l’appliqua, non seulement à Part dentaire, mais au traitement de diverses maladies.
L'aérothermothérapie était créée, elle s’est vulgarisée depuis et a été l’objet de nombreuses applications, d'abord à Lyon, puis à Paris,
Mais les noms de MM. Prar et CaroucEAu sont restés dans l'ombre, comme 1l est malheureusement d'usage courant en France pour les grandes inventions. J’ai cru de mon devoir de leur rendre Justice,
D'’abondantes publications médicales ont établi d’une manière irréfutable, les bons effets de l'air chaud, nous ne les citerons pas, nous bornant à en étudier les applications possibles en vétérinaire.
Les premières expériences furent faites sur des chiens à l'Ecole vétérinaire de Lyon par MM. Prar et CAROUGEAU qui obtinrent des résultats remarquables mais ne les publièrent pas.
La bibliooraphie de cette question est à peu près inexistante : nous ne connaissons qu'un article dû à MM. E. et L. Lepirxay qui signalent dans le Bulletin de la Société de Pathologie comparée du 7 avril 1914 l'emploi de la douche d'air hyperhémiante.
La contribution que nous apportons à cette méthode est fort modeste, mais nous espérons qu’elle attirera l’attention des praticiens et ne sera pas œuvre inutile.
Nous n'avons donné au cours de cette étude qu’un très petit nombre d'observations typiques, pour ne pas l’étendre d’une manière irop considérable. Nous aurions pu les multiplier, mais certainement sans en
augmenter lPintérêt.