‹ De l'air chaud en thérapeutique vétérinaireChapitre 9 sur 11 · APPLICATIONS ET RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS ET RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES

Les considérations générales qui précèdent permettent de prévoir que les applications de Pair chaud en thérapeutique sont très nombreuses.

C’est uniquement dans le traitement des affections externes que nous l’avons utilisé : les plaies, les traumatismes cutanés, les lésions articulaires et tendineuses, certains troubles trophiques, les maladies de la peau, parasitaires ou autres, celles des organes des sens : yeux, oreilles, etc., peuvent être améliorés ou guéris par les douches aériennes.

Telles que nous les employons, elles n’ont Jamais occasionné d'accidents et n’ont pas de contre-indication.

Traitement des plaies.

Toutes les plaies sont justiciables de l’aérothermothérapie, les plaies simples, superficielles, les plaies contuses, compliquées, anfractueuses, menacées de complications gangréneuses. J’ai même remarqué que l’air chaud réussit dans des cas où ont échoué des pansements variés.

ME te . Se L'air chaud agit vite sur les plaies atones à cica-

trisation lente ou arrêtée; sous son influence, là vitalité des cellules se réveille, leur prolifération s'active, l’épidermisation qui semblait indéfiniment retardée se fait.

Ce sont généralement des plaies anciennes qui ont été mal soignées ou abandonnées à elles-mêmes, qui ont subi un commencement de cicatrisation Jusqu'au moment où l’épidermisation périphérique s’est arrêtée, et cela malgré l'emploi des antiseptiques les plus variés. Souvent ces plaies deviennent végétantes, les bourgeons charnus de leur surface sont exhubérants.

Elles sont dues à divers accidents, traumatismes, chutes, coups de pied, déchirure par un brancard, embarrures, prises de longe, ete.

L'air chaud les guérit dans des délais assez courts ; j'en ai traité de très anciennes, qui dataient d’au moins six mois dont la cicatrisation a été complète après huit séances.

Dans le traitement des plaies, on doit opérer de la façon suivante. On commence par faire un nettoyage complet de la plaie, de toute sa surface, de toutes ses anfractuosités, on enlève les débris de terre, de sable, de paille, les poils, les amas purulents, on débride largement si cela est nécessaire pour avoir une surface nette. Uñe fois la plaie ainsi préparée, on administre l’air chaud d’abord à distance assez grande, 40 centimètres par exemple, puis en approchant progressivement le jet de la surface, jusqu’à 20, 15 centimètres ou même moins, avec prudence afin que la chaleur soit tolérable. On

balaye la région malade d'un point à un autre, de haut en bas, de droite à gauche ou inversement avec le jet aérien. On ne détermine ainsi ni réaction vive, ni brûlure, aucun accident. Peu à peu on arrive à stériliser toute la surface, il se fait une véritable couche protectrice.

La durée d'une séance peut varier de cinq à vingt minutes, les séances peuvent être renouvelées tous les jours. Il ne peut y avoir de règle fixe à ce sujet : on est guidé par l'aspect de la plaie, l'abondance, la nature de la suppuration, la marche de la cicatrisation. Après la douche d'air, quand la région le permet il est bon de recouvrir la plaie d'un pansement approprié, Un pansement simple à l'eau salée con vient très bien,

J'ai traité avee succès, plusieurs fois, des plaies des genoux dues à des chutes, la suppuration est vite arrêtée,

Les uleérations, les eschares dues au déeubitus prolongé, siégeant à la pointe de la hanche, à l'épaule, sur les côtes, celles dues à la compression d'un pansement trop serré, sont euéries par l'air chaud.

Très rapidement, après quelques séances des plaies qui étaient torpides, d'aspect blafard, violacé, c'est-à-dire très mauvais, deviennent roses, végétantes, se couvrent de bourgeons eharnus et entrent dans la voie de la cicatrisation.

L'air chauffé à détruit les microbes qui tuaient les cellules en voie de prolifération, a favorisé cette prolifération et donné une vitalité intense aux éléments nouveaux.

Au fur et à mesure que la plaie se désinfecte, on voit un liséré épidermique se former à son bord, s'étendre peu à peu sur les bourgeons voisins, jusqu'à les recouvrir entièrement : la cicatrisation est alors complète.

Sous l'influence des douches hyperhémiantes, les plaies ne suppurent pas ou très peu, ne présentent pas d’odeur, se réparent viie et avec une grande régularité.

Comme exemples de plaies traitées avec succès par l'air chaud, je citerai : des plaies simples, des plaies contuses, chutes sur les genoux, mal de garrot, des plaies atones de la pointe de la hanche dues au décu-

bitus prolongé, des crevasses ordinaires, d’autres consécutives à une prise de longe, des plaies par

écrasement.

OBSERVATION | Chien de chasse.

Setter-vordon, trois ans, nous est amené parce qu’une voiture a écrasé l’extrémité de la patte. L'accident date de trois Jours. Les doigts sont déchiquetés, gonflés, souillés de terre, de sang coagulé, il v a une suppuration fétide, la douleur est considérable. Nettoyage à l’eau bouillie. Douche d’air chaud prolongée, le chien manifeste que la douleur est atténuée en se laissant docilement appliquer le traitement. Une douche est donnée tous les jours. Les tissus reprennent leur vitalité, rapidement la plaie devient nette, rouge, bourgeonnante et en une vingtaine de jours, la cicatrisation est obtenue. Chaque douche a été suivie d’un pansement humide, pour empêcher les souillures, le pansement est bien accepté par le malade qui, jamais ne cherche

Mo 0e à l’enlever, preuve que la douleur doit être nulle ou peu intense.

Ogservarion Il Plaie de l'épaule chez un cheval.

Un cheval de gros trait âgé de neuf ans, fait, le 3 mai 1925, une chute sur le côté, si malheureusement que lépaule porte sur un tas de cailloux. Il existe au niveau de l’épaule droite une vaste plaie anfractueuse, d'environ 20 centimètres de hauteur sur 15 de largeur avec déchirure des

muscles. Cette plaie est souillée par de la terre. Nettoyage de la plaie à l’eau bouillie, enlèvement de la

terre et du sable, incision des lambeaux de peau et de

muscles mâchés.

On pratique une douche d’air chaud prolongée trente minutes, Jusqu'à ce que toute hémorragie soit arrêtée.

Le 5, nouveau pansement, douche d’un quart d’heure, la plaie est en bel état, pas de suppuration, pas d’odeur, ni d’æœdème à la périphérie.

Douche renouvelée tous les jours pendant dix minutes environ. Le 12, l’état de la large plaie est parfait, sa surface est nivelée, 1l n’y a pas de décollement, le bourgeonnement est régulier.

Dans les jours suivants, l'amélioration continue, la gué-

rison est rapide. Vingt jours suflisent.

L'air chaud dans les affections articulaires et tendineuses.

Dans le traitement des affections articulaires et

tendineuses, la thermothérapie est une méthode précieuse. Elle trouve dans ce groupe de maladies de nombreuses indications.

La chaleur à pour ainsi dire une action spécifique

ÉÉ reE sur le rhumatisme des vieux chiens, nous en avons traité plusieurs qui ont été soulagés ou guéris. Même une affection rebelle à toutes sortes de traitements, la pachyméningite ossifiante du chien est influencée par l'air chaud qui, donné en douches presque brûlantes et prolongées sur la colonne vertébrale, amène une diminution des douleurs, une

‘amélioration de la marche.

OgsEervarion III Pachyméningite ossifiante du chien.

Un chien danois âgé d’une douzaine d’années, nous est présenté parce que le moindre mouvement lui arrache des cris. Il hésite quand on veut le faire marcher, il souffre particulièrement en montant ou en descendant un escalier. La palpation ou la pression de la région lombaire sont très douloureuses.

Après bien des difhicultés on parvient à donner une douche d’air très chaud sur toute la région lombaire pendant dix minutes, arrêt de quinze minutes, puis nouvelle douche et repos. Le malade est soulagé. É

Nouvelle séance le lendemain, le propriétaire pense que le soulagement a duré plusieurs heures. Une séance est faite tous les jours, au bout de dix jours, amélioration est telle que le traitement est interrompu.

C’est surtout dans les entorses (chez le chien), les efforts du boulet, les arthrites subaiguës ou chroniques (chez le cheval), les synovites, que l'air chaud donne des résultats inespérés. Il atténue la douleur, facilite la résorption des exsudats séreux ou sanguins, des œdèmes. Si on lui associe le massage, on obtient encore de meilleurs effets.

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L'observation suivante est typique.

OgservaTiON IV Arthrite chronique du jarret, 1925.

Jument alezane dorée, taille 1 m. 60, âgée de huit ans. Atteinte d’une arthrite chronique close du jarret droit, suite d'efforts répétés et datant d'environ six mois au dire du propriétaire.

La région est volumineuse, le jarret forme une véritable tumeur presque sphérique ayant environ 20 centimètres de diamètre ; elle est dure, douloureuse au toucher et à la pression. Les mouvements sont si douloureux que tout déplacement est presque impossible. L’appui est presque nul. se fait à peine par la pince et le membre est continuellement agité. La jument piétine sur place dans son box dont elle refuse obstinément de sortir. Son état général est très mauvais, sa maigreur excessive, les muscles du membre malade sont atrophiés.

On commence les séances d’air chaud, avec lPappareil Viard, tous les deux jours. Un courant d’air très chaud est projeté sur la partie malade, il est très bien supporté. La jument d’abord surprise s’agite, mais se calme très vite. Chaque séance est d'environ vingt minutes. Après la troisième séance, un soulagement appréciable se manifeste, les mouvements deviennent possibles, l'appui se fait franchement. Encouragé par ce résultat, nous multiplions les applications.

Bientôt la malade éprouve une amélioration telle que la marche peut s'effectuer sans peine, les mouvements sont indolores et la jument peut être mise à la prairie. Parallèlement, son état général s'améliore et ce résultat est obtenu au bout d’un mois. La jument peut faire une poulinière alors qu'elle était vouée fatalement à la cachexie et à la mort.

Re su Lure AD / 3 2 0 ny a pas eu guérison, les lésions étant irréductibles,

NE D An ET à de

is de des

— 33 — à mas modification profonde, totale de Pétat inflammatoire et, surtout, suppression de la douleur.

Les efjorts de tendons, tendinites aiguës ou chroniques peuvent être traités par les douches d’air chaud et le massage. Î[l ne faut pas hésiter à en faire des applications répétées et de longue durée. On peut obtenir ainsi une véritable révulsion, comme avec la cautérisation ignée, mais on évite le feu en pointes ou en raies, e’est-à-dire que la guérison se produit sans laisser aucune lare, aucune trace du traitement.

L'air chaud dans le traitement des troubles trophiques.

Paralysie du nerf fémoral.

Tous les praticiens ont fréquemment observé à la suite d’une attaque d’hémoglobinurie paroxystique a frigore, l’atrophie du triceps crural dont la guérison est longue et diflicile.

Les douches d’air très chaud, données tous les jours sur la région malade et à sa périphérie, jusqu’à produire de la révulsion, paraissent un traitement de choix de cette affection. Y.a-t-1l à la fois action sur le muscle et sur le nerf fémoral ou sur l’un d’eux seulement ? C’est ce qu'il est duillicile de préciser. Mais ce qu’on peut aflirmer, c’est que les résultats sont excellents.

Dans deux cas nous avons obtenu une ouérison qui nous à paru plus rapide que celles que nous avions observées antérieurement avec d’autres procédés.

Là encore, Pair chaud peut être associé au massage et même à des frictions légèrement irritantes.

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Il est permis de penser que des paralysies comme

la paralysie du radial pourraient être traitées avan-

tageusement par l’air chaud, mais nous n'avons pas eu l’occasion de l’expérimenter dans ces cas.

OBsERvATION V

Le 4 janvier 1924, je suis appelé dans une ferme située à 5 kilomètres de Condé-sur-Noireau, pour un cheval de gros trait qui, à la sortie de l’écurie était « tombé paralysé », suivant l'expression de son propriétaire.

Il s’agissait en effet d’un cas d’hémoglominurie paroxystique a frigore, de paraplégie chez un très beau cheval qu'on avait eu l’imprudence de laisser plusieurs jours au repos à l'écurie, sans diminuer sa ration de travail. Je trouvais ce cheval debout sur ses membres antérieurs, se tenant à peine sur les postérieurs, maintenu de chaque côté par deux hommes. Je lui fis immédiatement une saignée de 6 litres, et une injection de 8 centigrammes de bromhydrate d’arécoline. |

Après quelques heures d’immobilité, pendant lesquelles il se produisit une émission d’urine rouge et une évacuation de crottins durs, il fut péniblement conduit dans un local voisin, il ne tomba pas.

Le traitement classique fut institué : diète sévère, boissons abondantes, purgatifs, diurétiques, bicarbonate de soude, injections de bromhydrate d’arécoline quatre jours consécutfs.

Le malade fut laissé dans un état satisfaisant, l'urine avait repris sa teinte normale, mais la station debout et les déplacements étaient encore pénibles le sixième jour après le début de la maladie.

Après avoir ordonné un traitement pour plusieurs jours, il est convenu avec le propriétaire que je serai prévenu si la guérison complète se fait attendre.

N'ayant aucune nouvelle du cheval, je le crois guéri

Fra

2 orne quand, au bout d’un mois environ, le 10 février, je suis appelé auprès de lui, parce que, me dit-on, il est resté boiteux. Je soupçonne aussitôt la paralysie du nerf fémorai antérieur, et c’est bien elle que je constate.

L'état général est très bon, mais, à l'écurie, le membre postérieur gauche est à demi-fléchi, le pied repose par la pince. La marche est diflicile, le cheval hésite, comme s’il cralgnait une chute, il s'étend, cherche à porter son membre postérieur gauche en avant, mais le grasset ne s'étend pas, le pied traîne sur le sol et au moment de l'appui, brusquement la cuisse et la jambe s’abaissent, les articulations du Jarret et du grasset se fléchissent on pourrait craindre une chute sur le côté, mais par un effort violent, presque un saut, le cheval se relève et le membre reprend son atlitude demi-imerte.

Le diagnostic paralysie fémorale est confirmé par l’atrophie très nette des muscles rotuliens. Au lieu d’emplover le traitement par des frictions irritantes. le feu en pointes où des injections, je songeais à utiliser l'air chaud associé au massage: Je donnais une première douche prolongée, jusqu’à produire une véritable rubéfaction de la peau, accompagnée d’un solide massage et Je revins tous les deux jours faire la même opération. Elle fut très bien supportée par le malade. Au bout d’une quinzaine, je me décidais à multiplier les douches, à en faire unie par Jour et, afin d'éviter les frais, jen chargeais le propriétaire qui, très intelligent, s’en acquitta très bien en ma présence.

En même temps, J’ordonnais la mise en liberté dans une grange où le cheval pouvait se déplacer et prendrre de l'exercice.

Le 15 mars, la région traitée èst moins creuse, la boiterie est moins prononcée, il y a une amélioration mamifeste. Cette constatation incite à continuer le traitement malgré sa longueur. On est obligé d’espacer les douches d’air chaud de quarante-huit heures et même trois jours pour éviter des altérations de la peau.

NÉ

Fin avril, la région fémorale a presque repris son volume habituel, la boiterie existe toujours mais surtout au départ, la marche est possible sans trop de fatigue, on cesse l'emploi de l’air chaud, laissant aux seuls efforts de l’organisme le soin d’achever la guérison. Celle-ci est complète dans le courant du mois de juin et le cheval peut être remis au travail à la vive satisfaction de son propriétaire qui ne tarit pas d’éloges sur le traitement employé.

Ainsi les douches d’air chaud nous ont donné un résultat satisfaisant dans le traitement de la paralysie du nerf fémoral avec l'avantage de ne laisser aucune trace, aucune

tare et d’être un moyen économique.

L'air chaud dans les maladies de peau.

Toutes les maladies de la peau peuvent être modiliées et souvent guéries par la douche aérienne. Elle agit par sa température comme antiseptique, bactéricide, antiparasitaire, et aussi par les modifications de la circulation qu’elle détermine, congestion, hyperdiapédèse, leucocytose, ete. C’est chez le chien que l'aérothérapie est surtout utilisable dans les maladies de peau.

J’ai employé lair chaud dans le traitement d’eczémas suintant (impétigo), d’eczémas secs (psoriasis), d’eczémas rebelles de la queue chez le chien, toujours avec de bons résultats.

Le chancre auriculaire, très diflicile à guérir, qui est toujours d’origine eczémateuse, cède aux douches d'air chaud.

Dans limpétugo, Pair chaud diminue, puis sup-

prime Île prurit, fait cesser le grattage. La surface

n Ze LRU

malade est desséchée, le derme se décongestionne, s’assouplit en quelques séances, la mauvaise odeur disparaît, l’amélioration est rapide et la guérison peut être obtenue sans application de pommades.

Cette méthode est élégante, propre et à recommander pour les chiens de luxe,

OBsERvATION VI Chien setter-gordon âgé de six ans.

Eczéma siégeant au niveau du dos, sur une surface d’environ 15 centimètres de longueur sur 6 à 7 de largeur. La région malade est douloureuse, couverte de eroûtes et le siège d’un suintement abondant. Cet eczéma date d’environ deux mois et a résisté à l'application de diverses pommades qui ont plutôt aggravé l'inflammation,

On fait un lavage à l'eau bouillie tiède pour enlever les croûtes, les poils sont coupés,

Douche d'air chaud à température modérée pendant cinq minutes, arrêt, puis nouvelle douche de cinq minutes, La partie malade se déssèche, le patient manifeste sa satisfaction, ce qui indique que la douleur a cessé ou au moins diminué,

Le lendemain, le suintement est faible, nouvelle douche, et ainsi de suite tous les jours. Dès le quatrième jour, la surface est sèche, l’inflammation est très atténuée, on la poudre avec un mélange isolant de tale et d’oxyde de zinc. .

Guérison en dix Jours.

Dans les chancres de l'oreille, l'air chaud est actif, on obtient la guérison même sans immobiliser l’oreille par un pansement. Ce qui est remarquable, c’est l’atténuation de la douleur, du prurit qui,

habituellement porte le malade à se gratter, e’esi-

tp à-dire à agoraver la lésion et à empêcher sa cicatrisation.

Dans un cas de favus du chat, l’air chaud s’est montré très efficace. La douche donnée très chaude, presque brûlante, mais très rapide pour être supportée, doit stériliser le champignon, elle amène la dissociation des croûtes, leur chute et la cicatrisation sous-jacente. C’est un moyen de traitement qui a été bien supporté, il est vrai qu'il s'agissait d’un animal docile.

Les brûlures peuvent être traitées par l'air chaud.

Il faut employer les douches à température modérée (50 à 90 ou 100 degrés). L’air pénètre dans tous les replis, dans toutes les anfractuosités, dessèche et stérihise les surfaces brûlées. Sous son influence, la cicatrisation est plus rapide, l'infection est entravée ou arrêtée, la vitalité des éléments accrue et le traitement est plus court.

OBservaTION VII Chien fox-terrier âgé de deux ans.

Brûlure au niveau de l’épaule et de la face externe de la patte droite sur une longueur d'environ 15 centimètres, sur une largeur de 7 centimètres à la partie supérieure et 2 à la parte inférieure, datant de dix jours. Cette brûlure forme une plaie irrégulière, d’où se détachent de petits lambeaux, son aspect est mauvais, elle est très douloureuse, saigne facilement et suppure beaucoup. Après l'avoir nettoyée avec de l’eau oxygénée, on applique l'air chaud en jet qui balaie toute la surface et en ayant soin de ne pas donner trop de chaleur: La surface est sèche après la première séance, Le lendemain, la plaie a meilleur aspect, elle suppure

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moins. Pendant cinq jours, douche tous les matins de vingt minutes en plusieurs reprises. La surface devient de plus en plus régulière, la suppuration diminue, les bords montrent une végétation épidermique intense, le diamètre diminue, L'aspect est excellent. la teinte rosée, En un mot, la cicatrisation est devenue active et marche à vue d'œil,

Maladies diverses.

En ophtalmologie, la douche d’air chaud à température modérée (50 degrés), peut remplacer tous les collyres. Elle exerce une action résolutive et antéphlogistique de premier ordre sur les maladies ocuaires, Par elle, les microbes sont détruits ou phagocytés. C’est la moins douloureuse, la plus moffensive dss méthodes curatives à employer dans les inflammations de l'œil. Des douches dofnées pendant dix minutes chaque jour dans le cas de kératite, de conjonctivite, d’ulcération de la cornée, ont permis d'obtenir la guérison absolue, Dans la cicatrisation des ulcères de la cornée, la cicatrice est restée transparente.

C’est chez le chien que l'emploi de l'air chaud est le plus facile et le plus indiqué en thérapeutique oculaire.

L'air à l'avantage de pénétrer partout, dans tous les replis, les culs-de-sacs de la conjonctive, aucun point de la muqueuse n’est à l'abri de son action.

Dans les maladies de l'oreille, Vair chaud s’est montré utile pour le traitement du catarrhe auriculaire, cette otite chronique si rebelle, On fait un

ET

nettoyage, un curetage de l'oreille, puis on assèche

par un courant d’air chaud. >

Associé à l’enfumage iodé, comme l’a fait Lépinay, : 3 l'air chaud guérit le catarrhe auriculaire. ;

Les maladies du nez pourraient parfois être traitées par l'air chaud, en employant une canule convenable assez fine.

Chez un gros chien (dogue d’Ulm), qui présentait des épisiaxis intermittents et fréquemment répétés, une douche d’air chaud à déterminé l'expulsion de, Linguatules tœntioides et a complètement débarrassé l'animal de ses parasites.

Il est certain que l’air chaud serait employé avec avantage pour combattre des inflammations ou des sécrétions anormales de la muqueuse nasale, En tous cas, cette méthode serait inoffensive si l’on fe dépasse pas des chaleurs modérées.

Pour les maladies des organes des sens, nous employons toujours l’appareil de Rupalley avec des embouts de faible diamètre.

Condylomes.— Nous n’avons eu qu’une seule fois l’occasion d'essayer l'air chaud sur les condylomes d’un chien dont la verge et le fourreau étaient couverts de végétations.

Nous avons utilisé un jet très chaud et fin de façon à cautériser les tumeurs, comme moyen d’exérèse. L'air a asséché les végétations, les a désodorisées, a fait des eschares et a permis d’en obtenir la disparition et une cicatrice souple, complète.

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