BAIN
est médecin d'un hôpital d'accouchement, nous montrent que les convulsions urémiques et l'albuminurie exercent fréquemment leurs ravages sur les enfants nouveau-nés.
Cependant la plupart des auteurs qui ont écrit sur les maladies des enfants ne signalent que rarement l'albuminurie. On trouve dans M. Hayer plusieurs observations d'albuminurie chez de très jeunes enfants. CH. le professeur Grisolle a observé une albuminurie passagère chez un enfant âgé de cinq semaines. Enfin , plusieurs auteurs ont insisté sur la fréquence toute particulière de l'albuminurie scarlalineuse. Or, la scarlatine est une maladie de l'enfance. 11 y a donc ici évidemment un vide à combler ou tout au moins une réserve à faire.
Le docteur Tripe (De la scarlatine, dans Brilish and forcignmed. dur. lie»., 18515) nous donne une tout autre idée de la fréquence de l'albuminurie chez les enfants. Pour lui , le jeune âge est un élément digne d'être pris en considération. Voici , en effet , ce qu'enseigne le relevé général de la mortalité dans la ville de Londres pendant l'épidémie des six derniers mois de 18/|8 : De 678 morts par hydropisie scarlalineuse, 6, ou 1/3 pour 100, sont des enfants âgés de un an; 32, ou 6,7 pour 100, sont dans la deuxième année; 66, ou 13,8pour 100, dans la troisième; 85, oul7,8pour 100, dans la quatrième; 71, ou Ki, 9 pour 100, dans la cinquième: ce qui fait un total de 260, ou 5u,5 de décès chez des enfants audessous de cinq ans. 59 cas ont été mortels durant la sixième année, hl durant la septième, >\h durant la huitième, 27 dans la neuvième, et 17 dans la dixième ; de sorte que, sur ,'(78 décès à la suite de cette maladie, tâfc, ou 95,1 pour 100, sont survenus chez des enfants âgés de moins de dix ans. En poussant plus loin l'examen, on voit que, passé seize ans, la mortalité ne donne plus que. le chiffre de 1,2 pour 100.
Quant à la plus grande fréquence de la maladie de vingt à quarante , elle s'expliquerait par la plus grande fréquence des refroidissements, des excès de travail, de la débauche, à cette période de l'existence, quoique, en réalité, l'ivrognerie, qui a été considérée comme une des causes de l'albuminurie permanente , soit plutôt
tin vice propre aux hommes qui ont dépassé la première moitié de la vie.
Nous observons également que la fréquence plus grande d'albuminurie chez les hommes que les femmes ne concorde pas avec ce que nous savons d'ailleurs de l'influence de la grossesse sur la production de l'albuminurie. En résumé , nous donnons les chiffres qui précèdent sous toute réserve , et nous pensons qu'une bonne statistique sur l'influence de l'âge et du sexe est encore à faire.
^ Constitution. — Christison, Gregory, M. Rayer, Peacock, ont signalé la diathèse scrofuleuse comme une cause prédisposante de l'albuminurie. Gregory va même jusqu'à dire que tous les malades atteints de néphritealbumineuse chronique qu'il a observés étaient, ou des buveurs, ou des scrofuleux. Cette remarque, concernant l'influence de la scrofule sur le développement de la maladie de Bright, a été faite par la plupart des auteurs. Le docteur Bazin, qUl s'est occupé spécialement de celte maladie, a noté (1) que l'albuminurie se présente souvent, comme affection propre, dans la quatrième période de la scrofule. Cette cause, signalée par tous les auteurs, ne saurait donc être récusée. Il en est de même, à un moindre degré néanmoins, de la tuberculisation. Toutes les cachexies, la cachexie syphilitique, rhumatismale, paludéenne, alcoolique (indépendamment de l'action spéciale exercée sur les reins par l'alcool), sont également considérées comme causes prédisposantes de l'albuminurie. Il ne faut pas, cependant, oublier que l'albummurie chronique entraîne aussi une cachexie, et qu'en pareil cas les prédominances morbides constitutionnelles se montrent chèî les malades; aussi cette question de l'influence des cachexies est-elle entourée d'une certaine obscurité.
fe-ofeMloi...— Les professions qui pettvehî être considérées comme prédisposant à l'albuminurie sont principalement celles où
d) to^LwumHque, et pratiques™ la âfyaiè. Paris, të&.
SU
l'exposition habituelle au froid humide, lorsque le corps est en sueur, le contact habituel de l'eau, constituent des conditions de refroidissement et de troubles dans les fonctions de la peau : tels sont les boulangers, les pécheurs, les marins, les verriers, les tanneurs, etc.
Climats. — Les pays humides, peu élevés, marécageux, voisins de la mer (Pays-Bas, Hollande, Angleterre, Suède, provinces allemandes voisines de la mer du Nord), sont ceux où l'albuminurie est le plus communément observée.
Les conditions pathogéniqncs de l'albuminurie peuvent être rationnellement et expérimentalement ramenées à cinq groupes principaux.
A. Présence dans le sang d'une substance étrangère à l'organisme et qui doit être excrétée par les reins, laquelle substance n'est autre chose que de l'albumine non assimilée ou non assimilable, et qui se trouve, ou dans un étal particulier, ou en excès. Nous avons rapporté précédemment les observations qui démontrent que des faits de cette nature ne sont pas absolument rares, et qu'ils peuvent être reproduits à volonté dans certains cas. Nous avons dit comment quelques observateurs, s'étant soumis à un régime exclusivement composé d'œufs, avaient trouvé dans leurs urines de l'albumine qui n'était pas de l'albumine normale. On a constaté également que, chez les albuminuriques, on pouvait quelquefois faire varier la quantité de l'albumine, qui se montrait en bien plus grande abondance dans l'urine sous l'influence d'une alimentation azotée et de l'ingestion de matières albumineuses.
Les diabétiques peuvent devenir albuminuriques, au moins momentanément, sous la même influence., ainsi que le montre une observation consignée dans le Traité des maladies des reins de M. Rayer (1) (Obs. XIV. — Abus du régime végétal et lacté; diabète sucré, soif excessive et sucre dans l'urine. Régime ani-
(I) Tome II, p. 224.
mal; urine albumineuse, sans sucre. Guérison apparente; œdème). S'il nous était permis de faire ici un rapprochement, nous rappellerions que l'on peut, soit augmenter la quantité du sucre dans l'urine desdiabétiques'par une alimentation féculente, soit la diminuer par un régime azoté: fait si bien constaté et admis aujourd'hui; et à côté de ce fait nous placerions, avec une importance moindre et une moindre certitude, celui de l'albuminurie influencée par le régime. Un chimiste habile a voulu réduire le phénomène de l'albuminurie aux proportions d'un phénomène purement chimique, ou, pour parler plus correctement, endosmotique. Suivant ce chimiste, il existerait, outre l'albumine normale, une autre albumine modifiée, l'albumine amorphe. L'albumine normale, sous l'influence de l'eau, des ferments morbides, d'agents chimiques, et de bien d'autres causes encore inconnues, éprouverait une altération particulière qui lui ferait perdre les éléments d'organisation qu'elle possédait : c'est alors que l'albumine serait apte à filtrer à travers les membranes, et, conséquemment, à traverser les reins. Cette théorie est rejetée par les auteurs les plus compétents; nous la signalons sans nous y arrêter.
Nous ne dirons qu'un mot d'une prétendue albumine normale (docteur Gigon), fait controuvé qui avait pris naissance dans une erreur d'expérience.
B. V excitation des reins parles substances diurétiques et irritantes, comme la térébenthine, le copahu, l'alcool, les canlharides, et les cas dans lesquels le rein a une suractivité prolongée (polyurie diabétique).
CVst un fait démontré expérimentalement et cliniquement, que l'action de certaines substances fortement diurétiques, lorsqu'elle est prolongée, soit qu'il y ait absorption d'une grande quantité de ces substances en peu de temps, soit qu'on les administre même à petites doses pendant longtemps, suffit pour produire dans quelques cas l'albuminurie. Parmi ces substances, les unes sont simplement diurétiques, comme la térébenthine, le baume de copahu, le poivre cubèbe, le nitrate de polasse ; d'autres ont une action irritante très manifeste, comme la cantharide; quelques autres,
comme l'alcool, sont à la fois diurétiques et irritantes. Parmi les premières, il en est plusieurs qui ont donné lieu à 'l'albuminurie passagère, et même, lorsque les sujets étaient cachectiques, à l'albuminurie persistante, au dire d'Osborne. Quant à l'albuminurie cantharidienne, c'est une espèce bien établie, et sur la nature de laquelle les travaux contemporains de M. Rayer, d'Orfila et de M. Bouillaud ne peuvent laisser subsister aucun doute. C'esi ordinairement à la suite de l'application de larges vésicaloires que ce symptôme se montre: les exemples en sont devenus si nombreux, qu'on ne les mentionne plus dans les recueils de médecine; seulement la cautbaride est une cause de pyélite, de cystite encore plus que de néphrite, et ces maladies peuvent être produites sans que le symptôme albuminurie acquière de l'importance. Il ne paraît pas que celte cause puisse amener une albuminurie persistante. Dans |a pluralité des cas, ce phénomène ne s'est montré que pendant deux ou trois jours. Dans un cas il a persisté pendant quatre semaines (Bouillaud).
L'alcoolisme comprend parmi les maladies qu'il engendre la cirrhose et la néphrite albumineuse chronique. L'action de l'alcool, qui a été reconnue par tous les auteurs, paraît être lente et ne s'exercer qu'à la suite d'une longue habitude d'intempérance. Il existe plusieurs observations d'albuminurie aiguë transitoire sous l'influence d'un excès accidentel de boisson. Il faut aussi reconnaître que ce ne sont pas tant les buveurs d'alcool ou de liqueurs très alcooliques qui deviennent albuminuriques, que les buveurs de bière, de cidre et autres liqueurs fermentéesqui peuvent être absorbées en grande quantité; d'où résulte une hypersécrétion d'urine et une congestion ou irritation habituelle des reins.
Il est difficile, sans doute, d'évaluer en chiffres la proportion des buveurs parmi les malades atteints d'albuminurie chronique. Cependant les données suivantes serviront à faire mieux ressortir l'importance de cette cause, signalée avant toutes les autres par Rright. Christison rapporte à l'abus des liqueurs alcooliques les trois quarts ou les quatre cinquièmes des cas de maladie de Urighl en i'icosse. dette proportion est à coup sûr moindre dans notre
pays. M. Becquerel a trouvé 9 malades sur 69, chez lesquels cette cause pourrait être invoquée ; Malmsten, à Stockholm, en compte 19 cas sur 69. Dans le nord de l'Allemagne, celte cause paraît être fréquente : Frerichs la signale 16 fois sur i\2 malades.
L'albuminurie peut résulter d'un état de congestion lujpêrémique active ou passive, dans le cours des maladies aiguës fébriles, et dans ces cas il peut y avoir altération dans les qualités du sang. On peut rapprocher de ces cas ceux dans lesquels il y a suppression brusque des fonctions de la peau, dont l'antagonisme avec les reins est bien démontré par les physiologistes; il y a alors congestion et hypersécrétion des reins, soit qu'on admette une action supplémentaire, soit qu'on voie dans ce phénomène un simple trouble fonctionnel auquel participe tout l'organisme, soit qu'on admette une altération du sang. Ces cas sont complexes et variés. Une simple suppression des fonctions de la peau suffit. Nous en avons donné des exemples dans le chapitre de la physiologie (expériences sur l'arrêt des fonctions de la peau, et l'albuminurie consécutive, chez des animaux dont on avait recouvert la peau d'un vernis imperméable). L u exemple pathologique simple, et qui peut servir de type, est l'arrêt subit de la transpiration par un refroidissement, et ce refroidissement peut avoir lieu de bien des manières différentes : tantôt ce sera une grande quantité d'eau glacée ingérée alors que le corps était en sueur; tantôt c'est l'immersion dans l'eau froide; d'autres fois ce sera l'exposition à un courant d'air froid, la nuit passée sur la terre mouillée ou dans un lieu bas et humide. L'albuminurie survient alors.
Ces faits, qui ont été si bien éclairés et en quelque sorte expliqués par les expériences des physiologistes contemporains, avaient été notés par les médecins qui ont observé les premiers l'albuminurie. Osborne, sur trente-six cas d'albuminurie, a trouvé celte cause vingt-deux fois, et Malmsten l'a rencontrée vingt-neuf fois sur soixante-neuf. On a quelquefois appelé celte cause rhumatisme ; en effet, il existe souvent en même temps des douleurs, surtout dans la région des reins; d'ailleurs la même cause peut produire le lumbago et différentes variétés de rhumatisme. L'ai-
buminurie, dans ces cas, s'accompagne le plus souvent d'oedème et a tendance à passer à l'état chronique. 11 faut rapprocher de ces faits bien connus un autre exemple de l'action du froid sur la peau, moins bien connu jusqu'ici : c'est le sclérôme des nouveau-nés, qui s'accompagne souvent d'albuminurie, ainsi que cela a été établi par le docteur Charcelay, dans un mémoire présenté il y a quelques années à la Société médicale de Tours, et ayant pour litre : De la néphrite ulbumineuse chez les enfants nouveau-nés, considérée comme l'une des principales causes de l'œdème si fréquent après la naissance.
Il n'est même pas nécessaire, pour que l'albuminurie se produise dans ces cas, que la peau tout entière ou en grande partie ait été atteinte dans ses fonctions. On voit l'albuminurie se montrer avec certaines lésions peu étendues de la peau : dans les brûlures', dans les cas d'érysipèle. La plupart des maladies exanthématiques fébriles peuvent s'accompagner d'albuminurie. La variole, la rougeole et surtout la scarlatine, qui est en réalité de toutes les fièvres éruptives celle qui agit le plus complètement sur la surface cutanée (rougeur diffuse générale intense, soulèvement de l'épidémie, desquamation complète par lambeaux), comptent l'albuminurie parmi leurs complications. La scarlatine a été désignée d'une façon toute spéciale à l'attention des médecins par la gravité des symptômes qui se montrent dans le cours de l'éruption ou à sa suite, et qui sont : albuminurie, anasarque, éclampsie. Sans parler des auteurs du \vir et du XVIIIe siècle, qui ont décrit de terribles épidémies de scarlatine avec anasarque et troubles des fonctions nerveuses, plus près de nous, Wells* Blackall , Reil , Fischer, Bright , Gregory , Christison, Begbie, Tripe, ont étudié et fait connaître parfaitement Y albuminurie scarlatineuse.
C'est même à l'occasion de celte maladie que s'est fait le rapprochement entre le fait de la desquamation delà peau et l'idée d'une desquamation épithélialc du rein. Est-ce à dire qu'il n'y ait pas autre chose ici que la suppression des fonctions de la peau et la répercussion sur le rein? Non; nous pensons, avec un grand nombre d'auteurs contemporains, qu'il peut y avoir altération ,
viciation du sang dans le cours des fièvres. La simple hypersécrétion du rein et l'hypérémie ne sont pas les seules causes. Nous devons dire d'abord quelques mots de la congestion dans les fièvres. Il n'est pas douteux que dans le typhus, la fièvre typhoïde, il y aitdes congestions vers les viscères : c'est alors qu'on voit l'engouement, l'hypostase, les pneumonies, latentes, bâtardes, et bien d'autres congestions Ce n'est pas de l'inflammation nécessairement, mais delà à l'inflammation il n'y a pas loin; le premier degré de l'inflammation, il ne faut pas l'oublier, est la congestion avec fillration, œdème, abandon par le sang de quelques-uns de ses éléments. Le rein subit cette influence et l'albuminurie a lieu : le plus souvent elle n'est, en pareil cas, que temporaire, mais elle persiste quelquefois.
Quant aux diverses altérations du sang, qui ont tant exercé la sagacité et tant trompé les recherches plus ardentes que fructueuses des auteurs modernes, personnelle doute qu'elles existent. On a saisi, de ces altérations, l'hydrémie, la diminution du chiffre de la fibrine, l'augmentation du nombre des leucocytes, vaincs analyses qui, jusqu'ici, ne répondent pas au sentiment profond que nous avons qu'il existe des altérations morbides dont la chimie est impuissante à rendre compte. Que ces altérations du sang (nous ne parlons pas ici de l'urémie) soient l'une des causes de l'albuminurie dans les lièvres, cela est plus que probable, mais non démontrable pour le présent. Il est plus facile de comprendre ce qui se passe dans les maladies scorbutiques, dans le pourpre, la maladie tachetée, dans l'hémorraphilie, ou des suffusions sanguines se font par tous les tissus; en pareil cas, le rein, sans être pmilégié, a souvent sa part de l'élimination du sang.
Le choléra est une des maladies dans lesquelles l'albumine se montre dans les urines. Beaucoup d'explications et de théories ont été produites à ce sujet.
Plusieurs auteurs contemporaios, et parmi ceux-ci Reiuhardt Leubuscher, Frerichs, ont donné une explication simple de cê phénomène. Au moment de la période de réaction du choléra, d se fait une congestion violente et rapide vers les organes de la sé-
crétion et de l'excrétion; les urines, qui avaient été supprimées pendant la période algidc, sont excrétées avec activité. Il y a donc à des phénomènes de congestion, et peut-être n'y a-t-il rien de plus. Du reste, l'albuminurie du choléra est transitoire et disparaît ordinairement en très peu de. temps.
Nous ne saurions omettre de parler ici de l'albuminurie par asphyxie, soit dans les diverses asphyxies brusques, soit dans le croup. L'explication est analogue à celle que nous avons donnée pour les fièvres; il y a hypérémie locale, congestion des viscères, mouvements péi islalliques violents des intestins. Le rôle que peut jouer ici l'acide carbonique condensé dans le sang peut être soupçonné, mais nous ne saurions développer cette idée sans sortir de la réserve que nous nous sommes imposée.
Parmi les conditions qui peuvent produire l'albuminurie, il faut noter avec soin, comme l'une des plus simples au point de vue du mécanisme et en même temps des mieux démontrées, celles qui consistent dans l'augmentation de la pression du sang sur les reins, par arrêt de la circulation en retour.
Des phlébites rénales produisent l'albuminurie ; nous avons déjà relaté ces cas, qui ne sont pas absolument rares. La même chose a lieu lorsque l'obstacle au retour du sang veineux a lieu, non plus à la sortie même du rein, mais en quelque point éloigné, comme dans les cas de maladies du cœur ou des poumons supposant à la circulation et amenant des congestions et des hypérémies viscérales. Ces cas sont très communs. Les tables montrent la très grande fréquence des maladies organiques du cœur et des poumons accompagnant l'albuminurie. En pareil cas, l'albuminurie peut n'être qu'un phénomène ultime d'agonie, mais elle peut se présenter à un degré moins avancé de ces maladies, et persister.
L'albuminurie dans la grossesse s'accommode -t elle de semblables explications? Plusieurs auteurs, parmi les plus savants, les plus aptes, en raison de la nature de leurs travaux antérieurs, à juger de pareilles questions, considèrent l'albuminurie des femmes grosses comme reconnaissant pour cause unique au début une compression des veines iliaques ou du tronc de la veine cave
par le globe utérin. Ce n'est pas ([non puisse en aucune façon méconnaître le caractère d'une néphrite albumineuse, d'une maladie de Bright commençante dans un grand nombre de ces cas ; mais nue maladie de Bright peut n'être au début qu'une albuminurie mécanique. Les travaux entrepris sur cette question ne nous donnent pas encore une solution définitive. Que dire cependant de cette expérience si positive de M. Brown-Séquard, qui a noté qu'en faisant changer l'attitude (l'une femme eucejnte, de façon qu'elle se tînt inclinée en avant, on faisait momentanément disparaître chez elle l'albuminurie? M. Braun (de Vienne) admet comme causes éloignées de l'albuminurie des femmes grosses les modifications particulières que subit leur sang, la compression que l'utérus renfermant le produit de la conception exerce sur les reins, et la stagnation du sang veineux qu'elle y cause ; car, dit-il, des expériences ont prouvé que celte pression pouvait produire une filtration d'albumine, de fibrine et de sang dans les tubuli urinifères. Quatre-vingts cas d'éclampsie sur cent arrivent dans la première grossesse, où généralement une pression plus grande s'exerce sur les reins, en raison de la résistance plus grande des parois abdominales. Lorsque, ajoute Braun, l'éclampsie survient dans une grossesse subséquente, on rencontre souvent, comme concourant à la pression des reins, une conception multiple, une conformation vicieuse du bassin, une quantité exagérée des eaux de l'amnios, un fœtus de très gros volume, ou une élévation de l'utérus. Cependant les cas qui surviennent dans la première moitié de la grossesse ne peuvent pas s'expliquer par ce mécanisme. En tout cas, l'explication précédente mérite d'être retenue.
E. Toutes les Usions des rems de nature orijunupie (tubercule cancer, hydalides) ou luflummatcire, pyéli.'e, néplnites diverses' peuvent donner lieu à une altération de l'urine, soit en y versant un produit inflammatoire, soit en provoquant une excitation hypérémique, amener une albuminurie qui, dans beaucoup de cas n'est qu'accidentelle, lemporaire ou intermittente, mais qui dans d'autres peut être le point de départ d'un état chronique (maladie de Bright;.
Dans tous les cas l'albuminurie confirmée ne peut exister sans qu'il se produise l'altération de structure de la glande rénale, telle que nous l'avons exposée précédemment.