L. Williams, British med. journal
Debout, Bulletin de thérapeutique, 1859.
M. Legrand, Union médicale, 1860.
1869. — Godfriii.
Quant au fait de M. Faure (1), eité par M. Béhier, d’un purpura hemorrhagica des plus g-raves g-uéri par l’ivresse, il a besoin d’être confirmé. On conçoit à la rig*ueur la tendance à la diminution deshémorrhag*ies, toujours par le fait de la contraction vasculaire. Néanmoins, l’alcool ne peut être considéré que comme un hémostatique de second ou de troisième ordre, auquel on devra préférér, dans presque tous les cas, le perchlorure de fer.
Les affections du sjjstème nerveux ont été aussi soumises à la médication alcoolique. Le délire^ comme nous l’avons vu, peut être enrayé par l’alcool à haute dose : nous croyons que, dans l’immense majorité des cas où il a été employé, il s’ag*issait d’un délire par hyperémie artérielle, suractivité circulatoire. L’alcool comme l’opium à haute dose, le fait disparaître en produisant l’ischémie cérébrale. Ce sont des faits sur lesquels nous avons suffisamment insisté : nous n’y reviendrons pas, d’autant que le délire fébrile est presque le seul qu’il faille traiter ainsi : il y a là, du reste, une action double. Dans le délire aigu, puis dans le délire non fébrile de la manie, dans les hallucinations, tous phénomènes en rapport avec l’ hyperémie cérébrale active, l’emploi de l’alcool est dang’ereux à cause de l excitation du début sur un cerveau primitivement malade.
Le aurait pu être g'uéri par l’alcool, audirede
certains médecins. M. Béhier fait remonter cette pratique jusqu’à Hippocrate qui dit, parlant du tétanos : « On fera boire au malade du vin fort de Crète... Si
(1) Faure, Gazette des hôpitaux, 186t.
cela ne suffît pas, broyez dans du vin de la racine de bryone et le daucus de Crète (1). » Ce vin fort de Crète ne nous paraît nullement comparable à l’alcool quant à ses effets : nous avons vu ce qu’il faut penser de ces assimilations de l’alcool au vin, surtout quand celui-ci apparaît comme excipient de la bryone et du daucus. Mais l’alcool, dans des temps infiniment plus modernes, a été donné par plusieurs auteurs et on a cité des cas de g'uérison (2). Dans l’état actuel de la science et en présence de la fève de Calabar, ce traitement nous paraît devoir être laissé de côté, au moins jusqu’à nouvel ordre.
Enfin, nég’lig'eant l’application de l’alcool à l’empoisonnement par l’arsenic, nous rappellerons qu’il a été employé quelquefois pour produire Vanesthésie dans les opérations chirurg’icales. L’indication était naturelle et les effets ont été satisfaisants dans certains cas : on l’a laissé de côté cependant, et avec raison, pour l’éther et le chloroforme. Ajoutons que l’alcool est un véritable anesthésique, ag*issant à la façon de ces deux dernières substances.
Nous renvoyons à ce que nous avons dit à propos de l’action physiolog’ique.
(1) Du régime dans les maladies aiguës. Trad. Littré, t. II, p. 471.
(2) G. Badwind, in The American journal of medical science,
Wilson, The Lancet, 1845.
Hutchinson, Dublin med. presse, 1862.
Stapleson, The Lancet, 1845.
Collis et Wilmot, in Dublin med. presse, 1862.