‹ De l'alcool au point de vue toxicologiqueChapitre 1 sur 13 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Il y a beau temps que les savants et les philanthropes font universelle croisade contre l’alcoolisme et les dangers de lPabus des liqueurs fortes. Aussi, aucun sujet ne paraît plus connu, plus rebattu que celui-là.

Et, cependant, il faut le dire, à la honte et au détriment de l’humanité, les maux de l’alcoolisme ne font qu'empirer, malgré tout ce qu’on a tenté pour en arrêter la marche ascendante.

C’est ce fléau qui, sévissant sur tous les degrés de l'échelle sociale et chez tous Les peuples, a fait dire à Magnus Huss, en parlant de son pays: « La nation suédoise est menacée de maux incalculables, si des moyens énergiques ne sont pas employés contre une habitude aussi fatale.»

En France, l’abus des liqueurs fortes a pris des proportions qui n’en sont pas moins redoutables.

Le journal de pharmacie et de chimie, septembre 1882, constate que la consommation en alcool pur, absinthe, liqueurs, etc., qui était à Paris de 59,659 hectolitres en 1872, estallée chaque année en augmentant et estarrivée en 188ÿ à 152,155 hectolitres.

À Montpellier, les chiffres de la régie fournissent pour 1876, 612 hectolitres, 1,278 hectolitres pour 1880 et 1596 pour 1885. Certainement à pareil accroissement ne peut correspondre celui de la population; et ce qui a lieu en France, se passe à peu près dans tous les pays.

Maintenant si on réfléchit à quelle somme d’infirmités, de désordres cérébraux, de délits, de crimes, de morts prématurées, de vices héréditaires, aura donné lieu un tel usage de

liqueurs spiritueuses, chaque nation pourra S’attribuer pour elle-même les craintes de Magnus Huss pour la Suède.

Pourtant les solutions proposées et les remèdes employés jusqu’à ce jour par la médecine et les légistes sont illusoires ou inefficaces.

Au moment de sortir de l’école, à l'heure où il nous reste tout à apprendre, nous n'avons pas la prétention de croire avoir fait faire le moindre pas en avant à de telles recherches; bien plus, nous avouons n'avoir pas porté notre plus grande attention de ce côté.

Mais, en dehors des faits matériels et des tristes conséquences, vientse placer une question tout-à-fait scientifique.

Que devient l’alcool dans l’organisme ? Comment est-il absorbé ? Comment est-il éliminé ?

Là a été et est encore, pour les savants, le terrain de beaucoup de controverses. Les recherches expérimentales qui devaient fournir la réponse, n’ont rien donné de positif. Aussi la question est-elle restée pendante. De là son intérêt.

ds.

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