‹ De l'alcool au point de vue toxicologiqueChapitre 5 sur 13 · NOMS DES ALCOOLS · texte numérisé non relu

NOMS DES ALCOOLS

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La loi générale veut en effet que, dans une série naturelle de corps, le plus actif soit celui qui contient le plus d’atomes. 2° Le mélange des alcools ne détruit en rien leurs propriétés toxiques, au contraire elles s'ajoutent. On voit donc combien doit être nuisible un mélange de ces divers alcools,

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IST ou seulement l’un d'eux mal épuré, et malheureusement l’industrie n'arrive que difficilement à distiller les eaux-devié du commerce de façon à ce qu'elles ne renferment que de l'alcool éthylique qui est le moins toxique de tous.

Aussi est-ce dans les pays où l’on fait exclusivement usage des alcools de pommes de terre, de grains, de betterave (alcools supérieurs à l'alcool éthylique) que l'alcoolisme atteint son summum d'intensité (Magnus Huss). Ce fait devient plus précis et surtout beaucoup plus curieux, si l’on jette les yeux sur les cartes établies par Lunier, cartes dans lesquelles il montre que les crimes et délits résultant d'abus de boissons alcooliques sont en rapport direct avec la consommation de boissons spiritueuses ayant pour bases des alcools autres que celui fourni par le vin. Et si par extraor-dinaire dans les régions vinicoles il existe des alcooliques, cela tient à la présence de grandes industries qui entraînent l’usage d’eaux-de-vie diverses.

La pureté des eaux-de-vie du commerce, pureté quiest en rapport avec leur origine, a permis de les classer dans l’ordre toxicologique suivant:

1° Alcool et eaux-de-vie de vin;

2 Eaux-de-vie de cidre, de poiré, de marc de raisin; 5° Alcool et eaux-de-vie de betterave;

4° Alcool et eaux-de-vie de grains;

5° Alcool et eaux-de-vie de mélasse, de betterave; 6° Alcool et eaux-de-vie de pommes de terre.

Dujardin -Baumetz et Audigé nous ont indiqué quelle était la puissance toxicologique des divers alcools; d’abord leur puissance particulière, puis leur puissance comparée ; nous devons donc aborder maintenant l'étude des conséquences matérielles amenées par l’usage de pareilles boissons.

Nous ne pouvons cependant résister à l'envie de citer un

AA FR travail très curieux de Gréhant (voir la Gazelle médicale de Paris, 48 février 1882). Gréhant se proposant de rechercher quelle est dans le sang la dose d’alcool nécessaire pour produire la mort, opère de la manière suivante:

Prenant un chien du poids de 10k. 5, il injecte dans l'estomac, de demi-heure en demi-heure, % gr. 2 d’alcool à 21°. Quatre injections ont été faites dans la matinée; trois heures après, dans l’après-midi, l’animal était complètement ivre et expirait de l’alcool. On fit encore quatre injections, de demi-heure en demi-heure ; à la dernière, la respiration s'arrêta, le cœur battait encore, mais il s'arrêta bientôt à son tour.

L'animal étant mort, on prit dans la veine-cave inférieure 60 c. ce. de sang qu’on introduisit avec 30 c. c. d’eau distillée dans l'appareil à distillation dans le vide et on recueillit 75 c. c. d’un liquide incolore dont le poids spécifique fut reconnu égal à 0,99835 ; désignant par æ le volume d’alcool absolu contenu dans ce liquide, le poids spécifique de l’alcool étant comme on sait 0,795, on a: æ x0,795 EL (75 — x) | — 75 X 0,998 55 d’où x — 0,6 c.c. Mais si 60 c.c. de sang contiennent 0,60 c.c. alcool absolu, 100 c.c. de sang renfermeraient | c.c. d'alcool, on peut donc dire que la dose toxique de ce liquide est de À pour cent.

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