‹ De l'alcoolisme des diverses formes du délire alcoolique et de leur traitementChapitre 18 sur 25 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

le faire naître, une alimentation insuffisante, les fatigues, les excès de tout genre. 11 ne faut pas perdre de vue que ces accidents se développeront avec d'autant plus de facilité, que le poison aura agi plus longuement, que l'organisme, par conséquent, aura été plus profondément modifié.

Nous rappellerons que des accidents sub-aigus se sont développés, sous l'influence d'un malaise passager, chez quelques-uns de nos malades, pendant la convalescence ; et chez L..., observation VII, en particulier, les hallucinations sont revenues, s'accompagant de délire et de cauchemars, longtemps après leur disparition. Tous ces accidents, d'ailleurs, ont cessée en même temps que l'affection fébrile intercurrente.

M. Mesnet a eu l'occasion d'observer, pendant l'épidémie de choléra de 186S, trois cas de délire alcoolique développés sous l'influence de cette maladie. « La période de réaction, dit cet auteur, dégagée d'ailleurs de toute complication fâcheuse, nous présenta parfois des phénomènes insolites , dont la cause ne nous échappa point. C'étaient des individus, surpris en quelque sorte par l'épidémie, au milieu d'un degré peu prononcé encore d'intoxication alcoolique, qui n'auraient point eu de troubles cérébraux, si leur santé n'avait point été brusquement atteinte; mais, quand le choléra les eut touchés, quand leurs forces furent épuisées par les vomissements, les selles et la diète, l'alcool se traduisit dans leur organisme débilité par des désordres qui ne sont pas sans analogues dans d'autres affections.

« Chez trois d'entre eux, nous avons pu constater, presque dès l'entrée, un cortège de symptômes simulant presque un état inflammatoire. L'un entre autres, pris de vomisse-

ments et de diarrhée depuis cinq jours, se présenta à nous le sixième jour avec la peau chaude, largement sudorale, le pouls à 108, la physionomie animée, etc., il n'y avait du choléra que les vomissements, les selles et les crampes, il n'en eut jamais ni le refroidissement ni la cyanose. Puis, vers le dixième jour, son intelligence, jusque-là restée nette, se prit à son tour ; ce n'était plus la lenteur des conceptions de nos cholériques à la période algide, c'était au contraire de la loquacité^, de l'incohérence dans les idées, puis bientôt des hallucinations de la vue qui devenaient plus impérieuses le soir, s'exagéraient pendant la nuit, et tendaient à disparaître le matin. Sous leur influence, le malade se levait, cherchait à sortir de la salle, ne sachant ce qu'il faisait ni où il était ; ses mains étaient tremblantes, sa démarche indécise, son regard incertain et hébété. Il resta trois jours ainsi, après lesquels d'abondantes sueurs apparurent comme une sorte de crise, et il entra dans la convalescence franche (1). »

Nous pourrions fournir plusieurs exemples de délire alcoolique (delirium tremens) survenu sous l'influence d'une maladie intercurrente, telle que l'érysipèle, la péricardite, le rhumatisme, la pneumonie, etc. (2). Mais ces faits n'auraient en réalité que le mérite du nombre, nous nous bornerons donc à donner l'observation d'un des cas les plus communs.

Observation XXXIX. — Habitudes â! ivrognerie. — Pas de

(1) Mesnet, Choléra de 1865 ; hôpital Saint-Antoine (service des hommes). Arch. gén. de méd,, févriei" et mars, 1866, p. 26.

(2) A Vosin; De Vétat mental dans l'alcoolisme aigu et chronique; Ann. médico-psych., 4'' série, t. IV, p. 55. Dans ce travail se trouvent mentionnés deux cas de rhumatisme articulaire et un cas de pneumonie avec délire alcoolique, observés dans le service de M. le professeur Bouillaud à la Charité.

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