‹ De l'alcoolisme des diverses formes du délire alcoolique et de leur traitementChapitre 17 sur 25 · IMBÉCILLITÉ. — ÉPILEPSIE. — DÉMENCE SÉNILE · texte numérisé non relu

IMBÉCILLITÉ. — ÉPILEPSIE. — DÉMENCE SÉNILE

Imbécillité. — L'alcoolisme se combine fréquemment avec l'imbécillité, et l'on peut voir chez l'imbécile tous les degrés de l'intoxication. Chez ces sujets originellement dégradés, l'action des boissons alcooliques est beaucoup plus puissante. Leur ivresse s'accompagne fréquemment d'accès de violente colère et quelquefois de fureur ; la démence, d'une part, arrive plus rapidement chez eux à la suite des excès, et sur un petit nombre d'imbéciles que nous avons vus devenir paralytiques, la plupart s'étaient adonnés à l'ivrognerie.

Épilepsie. — Les épileptiques, encore plus que les imbéciles, subissent une fâcheuse influence de l'alcoolisme, et si exceptionnellement on trouve quelques malades chez lesquels les abus de boissons n'augmentent pas la fréquence des crises, le plus grand nombre, au contraire, tombent davantage quand ils ont bu, et nous en avons vu qui comptent leurs attaques par le nombre de ribotes^ selon leur expression, qu'ils ont faites.

L'épileptique alcoolique est un des malades les plus dangereux, il ajoute aux impulsions, parfois si terribles qu'il tient de sa maladie, celles qu'il puise dans l'intoxi-

cation. Il va sans dire que nous n'entendons parler ici que de l'épilepsie simple, en général de cause héréditaire, et se montrant d'habitude chez les malades avant l'âge où commencent les excès de boissons. Ce que nous avons dit de l'épilepsie absinthique, des attaques épileptiformes survenant chez les alcooliques chroniques nous dispense d'entrer dans de plus longs détails ; la difTérence entre ces formes convulsives étant suffisamment démontrée.

Démence sénile. — Dans la démence sénile l'alcool peut agir à titre d'excitant ou bien provoquer son délire quand la dose est suffisante. La combinaison de l'alcoolisme avec la démence sénile, quoique moins fréquente que celle qu'affecte cette intoxication avec la paralysie générale, n'est pas rare cependant, et nous avons vu plusieurs fois des malades atteints de démence sénile arrivera l'Asile, dans un accès de délire alcoolique.

ARTICLE V

DÉLIRE ALCOOLIQUE DÉVELOPPÉ SOUS l'iNFLUENCE DES MALADIES INTERCURRENTES.

Tel ivrogne qui peut, sinon impunément, du moins sans apparition très-manifeste d'accidents, se livrer à des excès habituels de boissons, cesse de jouir de cette immunité le jour où l'équilibre physiologique se trouve rompu sous le coup d'une affection intercurrente. Les forces, suffisantes d'abord pour résister au poison, étant amoindries, le support fléchit et les accidents se produisent. Ce n'est pas seulement l'action dépressive de la maladie qui peut amener ce résultat, toute cause débilitante peut

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