‹ De l'aliénation mentale et du crétinisme en SuisseChapitre 55 sur 62 · SN0S1H3Û · texte numérisé non relu

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Comparons ces résultats à ceux obtenus dans nos établissements.

En 1864, la proportion des guérisons a été pour tous les asiles français de 27,97, cl celle des décès de 13,92. Mais il ne faut pas oublier que Paris, Lyon, Marseille, etc., entrent ici dans le calcul, et personne n'ignore l'énorme contingent que ces villes apportent au chiffre des paralytiques, et par suite à celui des décès. Dans les seuls asiles de la Salpêtrière et de Bicêtre, la mortalité, en 1864, a été de 24,41 pour 100. Si nous laissons de côté ces deux établissements, nous n'avons plus, pour le reste de la France, qu'une mortalité de 11,54 pour 100, proportion qui se rapproche beaucoup de celle obtenue dans les établissements suisses.

La même observation s'applique aux guérisons, dont la proportion n'a été, en 186/j, que de 18 pour 100 dans les asiles de la Salpêtrière et de Bicêtre, tandis qu'elle a atteint le chiffre de 30 pour 100 dans l'ensemble des autres établissements français et l'a dépassé dans presque tous nos asiles publics.

Je n'ai pas besoin de faire observer, d'ailleurs, que si l'on veut comparer sous ce rapport les asiles suisses, soit entre eux, soit avec les nôtres, il ne faut pas oublier que plusieurs de ces asiles ne reçoivent que des curables et que, dans presque tous, les épileptiques ne sont admis qu'exceptionnellement.

:>5'l DI- l'aliénation mentale en suisse.

§ V. ENSEIGNEMENT. — COMMISSIONS ET SOC'I DE PSYCHIATRIE. —LITTÉRATURE.

Des cours public» sur les maladies mentales sont faits régulièrement sur plusieurs points !e la Suisse par des méd d'asile.

A Baie, le docteur Brenner, professeur de pathologie médicale à l'Université, j fait également un cours théorique de psychiatrie; de temps en temps seulement, il admet quelques élèves à ses visites d'hôpital.

A Zurich, le professeur Birmer continue le cours de clinique psychiatrique, inauguré avec tant d'éclat en 1S6'i par le professeur Griesinger, appelé depuis sur un autre théâtre.

A Berne, enfin, ou plutôt à la Waldau, le docteur Scharcr fait une fois par semaine, pendant toute l'année, des leçons cliniques sur les maladies mentales.

Ce ne sont donc point les moyens d'instruction qui manquent sous ce rapport aux étudiants suisses; ils ne s'en contentent point cependant, el presque tous vont passer quelques années dans les grandes universités allemandes. Puis ceux qui se destinent spécialement au traitement des maladies mentales remplissent pendant un certain temps les fondions d'adjoint nu d'assistant dans un asile public , où ils sont appelés pai médecins directeui s. C'est ainsi que se sont formés presque tons les hommes distingués qui sont aujourd'hui à la tête des éta-

blissements publics et de quelques-unes des maisons de santé de la Suisse.

La Société helvétique des sciences naturelles, dont la fondation remonte à une époque déjà reculée, et dont les travaux importants sont publiés chaque année depuis 1751 (1), le plus souvent dans ia ville même où s'est tenue la dernière réunion, s'est occupée à plusieurs reprises des questions relatives à la folie et au crétinisme, notamment en 1830, lors de la communication faite à la Société par le professeur Troxler (2) ; mais ce ne fut guère qu'à partir de 1839, à Glaris, puis à Frihourg, en 1840, que la Société prit en main cette question du crétinisme, sur laquelle, depuis lors, des travaux importants ont été presque chaque année publiés dans ses mémoires (3).

Ce n'est que plus lard, en 1850, que la Société fit pour les aliénés ce qu'elle avait entrepris pour le crétinisme, et qu'elle nomma la commission spéciale dont j'ai déjà parlé et dont j'ai mis à profit les recherches statistiques.

(1) Ces publications ont paru successivement sous le titre de Acla Helvclica, physico-mathemalico-bolanico-medica, 8 vol. in-4°, Basileœ, 1751-1777 ; puis sous ceux de Verhandlungen der Schweizirischen naturforschenden Gescllschaft, et Actes de la Société helvétique des sciences naturelles, selon l'époque et la ville où elles ont été imprimées.

(2) Verhandlungen der Schweiz. naturf. Gesellschaft , Saint-Gall,

(3) Voyez notamment Verhandl. der Schweiz, naturforsch. Gesellscha/ft; Glaris, 1839 et 1851 ; Zurich, 1841 ; Altorf, 1842 ; Bâle, 1843 ; Coite, 1854 ; et Actes de la Société helvétique des sciences naturelles, Fribourg, 1851 ; Sion, 1852; Chaux-de-Fonds, 1855.

Depuis cette époque, la Société u'a pas cessé de s'occuper de tout ce qui se rattache au traitement et à l'assistance des aliénés : ce soin fut plus particulièrement confié, d'ailleurs, à la commission permanente choisie*dans son sein, en 1850, à l'instar de ce qui se pratique depuis longtemps dans la Société allemande des sciences naturelles.

Enfin, en 186û, les médecins aliénistes suisses, sans cesser de former une section de la Société des sciences naturelles, se constituèrent en Société de psychiatrie, et depuis lors, ils se réunissent chaque année dans l'un des principaux établissements d'aliénés de la Suisse, où chacun vient exposer les résultats de sa pratique. La visite en commun de l'établissement où se tient la réunion donne lieu notamment à des discussions sérieuses et éminemment profitables à tous. La dernière s'est tenue, en 1867, à Mùnsterlingen et à Bellevue.

La Société de psychiatrie n'a point encore d'orgaue spécial ; ses travaux sont publiés, comme ceux de l'ancienne commission permanente, dans le recueil des Actes de la Société helvétique des sciences naturelles.

La Société comprend tous les médecins des asiles publics de la Suisse, et de plus trois médecins directeurs d'asiles privés, MM. les docteurs Binsvvanger (de Bellevue), Ellinger (deWyl), et Gùder (de la Métairie).

En dehors des documents plus particulièrement statistiques insérés par les soins des bureau* sanitaires ou des conseils de santé dans les comptes rendus olliciels publiés tous les ans par chacun des cantons de la confédération, des travaux importants

sur les maladies mentales et le crélinisme, dus h nos confrères de la Suisse, ont paru depuis 1830, non point seulement dans les Actes de la Société helvétique des sciences naturelles, mais aussi dans VAllgemeine Zeitschrift fur Psychiatrie , de Damerow, Flemming, Roller et Laehr, le Medicinische Ccrrespondenz- Blatt, d'Erlenmeyer, VJrrenfreund, de Brosius, et enfin le Schweizerisch Zeitschrift fur Medizin, Chir., etc., édité à Zurich. D'autres travaux, enfin, rapports ou mémoires, ont été publiés séparément, notamment par les docteurs Binswanger, Brenner, Coindet, Eblin, Ellinger, Gosse, Giider, Guggenbûhl, Meyer-Ahrens, Wille et Zschokke ; je les ai presque tous cités dans le cours de mon travail.

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