LIVRE TROISIÈME
DU HÉGIME
CHAPIÏRË PREMIER
La véritable égalité de Thomme gtt dans la diifé-
rence. Nous sommes tous égaux par cela seulement que la plus petite diilérence de rapports produit uue différence dans la composition et l'activité de notre corps. Une autre manière de vivre et de nuui nr, un autre climat et un autre sol nécessitent un autre sang et un .lulre cerveau.
£t en ell'et, lorsque des zones glacées du ^ord au ciel brûlant des tropiques, on suit les nuances nombreuses dans lesquelles la chaleur et le froid, les monts et les vallées, la mer et la terre, les forêts et les steppes, lesaiiiiiiuuxetles plantes liuiiiiiient riiomine parleurs contrastes abruptes et par leurs transitions toujours changeantes, on ne s'étonne plus si la forme et la couleur, l'esprit et les mœurs font succéder les différences aux différences avec une telle
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prodigîililé, que l'on se refuse à reconnaître comme enfants d'une même souche les races humaines si mobiles et si multiples.
Les innombrables degrés de forme et de combinaison des productions de la terre et de l'eau exercent leur influence sur la nourriture de Thomme. Je ne crains plus de choquer le lecteur si je désigne la .
nourriture niOme eonime une des sources les plus importantes des variétés du genre humain. Mais je dois appuyer d'autant plus fortement sur ce point, qu'aucune influence ne se présente isolée dans noire vie qui se renouvelle incessamment,
A propos de la (lièse pleine de profondeur émise par Haman, — tout ce qui est isolé est récusable Gœthe dit ces paroles si vraies et si consolantes pour les lacunes que préseule la science humaine : « Dans chaque communication orale, à moins qu'elle ne soit poétique, se trouve une grande difficulté, car le mot doit se détacher et s'isoler pour dire et signifier (^m Ique chose. L%omme, au moment où il parle, ne peut présenter qu'un côté : il n'y a point de communication, poiiit d'enseignement sans séparation. » Qu'on me paKhjniie donc si, à cause de cette séparation nécessaire, j'ai rejeté au dernier plan les puissantes influences de Tair et de la terre, de la natm e qui nous entoure dans la solitude des forêts, sur les flancs onduleux des montagnes, dans la fatiganle uniformité des vastes plaines, < omme au sein de l'imposante immensité des mers : si je me^uis tu sur Tunion intime des relations des plantes