‹ De l'alimentation et du régimeChapitre 58 sur 61 · S8S CONCLUSION · texte numérisé non relu

S8S CONCLUSION

pas précisémeul quand notre organisme s'écarte , dans ses fonctions, de l'état moyen de santé, qu'un bon choix des aliments a le plus d'iniportance? Et cependant ce livre ne contiendra aucun enseignement qui rapporte.

Autant je suis convaincu qu'un Traité du régime pour rhorame sain peut être utile au peuple, autant j'ai la certitude que je ne ferais que nuire, si je voulais ajouter ici des régies pour le choix des aliments dans Tétat de maladie. La seule règle que Ton puisse poser utilement pour la vie journalière, c'est que rintétnpérance peut être la source des maladies les plus diverses. Ce précepte a sa valeur dans la généralité la plus large pour tous les aliments possibles. \ii cette généralité rae dispense d'expliquer ici pourquoi, par exemple, Tabus du fruit, en automne, peut amener la dyssenterie, un usage immodéré de viande, laformalion de la pierre, un excès de ijoissons alcooliques, la goutte ou le cancer de l'estomac. En pratique, cette tentative ne sérail d'aucune utilité réelle^ et devant la science , elle ne saurait se défendre. Car il est absolument impossible , au point où ia science en est arrivée, de représenter dans un livre destiné à tous le rapport étroit de l'excès, comme cause, avec les maladies les plus diftérentes, comme effet. Un semblable travail exigerait que Ton entrât profondément dans tous les détails et qu'on se livrât à une appréciation si étendue de toutes les conditions de notre corps, que, trop superftcielle , elle perdrait toute sa valeui', ou trop appro-

OONGLUStON. sas

fondie , sa clarté. La doctrine des causes de maladies suppose une coonaissanee complète des lualadies elles-mêmes y et celle-ci exige que l'on soit fiamiliarisé avec les lois les plus importantes de toutes les sciences naturelles.

Si Ton peut dire ceci de la connaissance des causes de maladie, on peut bien mieux encore le dire de la direction du régime pendant la maladie elle-même. Il faut avoir consacré toute sa vie et toute sa force observatrice eL médiLative à l'étude des conditions de l'homme en santé et en maladie, pour unir au savoir nécessaire le disceruemenl critique qui fait choisir les aliments appropriés à tel ou tel état de maladie chez chaque individu. Car ici encore il s'agit d'apprécier exactement le pays et les mœurs, Tair et le temps, l'âge et le sexe, les habitudes et les occupations, la famille et les relations. Et de même qu'un ne demandera pas au médecin qu'à la connaissance des lois qui règlent les influences auxquelles notre corps est soumis, il ajoute la jurisprudence ou un métier; de même ceux qui, par les devoirs de leur profession, sont délourné> de l'étude de ces lois, devront sentir que Tapplication arbitraire de quelque expérience isolée, nécessairt^ment incomplète, ne peut valoir la certitude éc^lairée d'un médecin agissant d'après les règles qu'il emprunte à la connaissance des lois de la nature. Qui voudrait confier sa santé au hasard, s'il réfléchit que chaque détermination a des suites nécessaires et que l'expérience la plus large, aidée d'un jugement éclairé, peut seule

CONlXl .SU)N.

espérer, avec quelque ccriilude, d'oblenir l'effet que l'on désire pour le cas particulier V Qu on laisse donc au médecin ce qui appartient au médecin, sans négliger iuulefois d'étudier et de comprendre pour Tétat sain les règles dévie raisonnables que la science nous donne ; car on n'obéit volontiers' qu'à la loi qu'on a comprise.

Si le manger et le boire fournissent la matière qui, en nous, se décompose et se meut, qui , en nous, sent et pense , d'un autre côté, la nature et les hommes produisent sur nos sens une impression si continue que la matière de notre corps n'a pas une seconde de stabilité. Dans un mouvement perpétuel se pressent les sensations et les pensées, le vouloir et l'action , et si rien ne se manileste que dans la ma*tière, si tout effet ne se communique que de matière à matière , l'impression de la parole et des sens, que nous ne saurions saisir, de lalumière et des couleurs, que notre main ne saurait tourher, s*étend aussi loin, el souvent même plus lum, que les changements inévitables que la nourrituré produit en nous. Il appartient au sage de recoiinailre cette dépendance, et la vraie piété consiste à conserver avec amour les sentiments de l'étroite union qm relie l'individu an monde entier. Schleiermacher a dit avec raison que le sentiment de cette dépendance de l'individu est la véritable hase de toute religion.

Page 1