DE LA FORMATION OU SANG
Dans les siècles passés, on pressentait et l'on avançait presi^ue instincUvemeiit t^uc iu coips» iiumaîu change sa substance et ses propriétés dans un temps déterminé; cette assertion est devenue, par lesdécou* vertes de notre siècle, une vérité démoiilrée. Sans pouvoir affirmer si, comme on le croit généralement, le corps est renouvelé eu sepi ans, ou si, comme la science cherche à le prouver, ce changement s'opère en un espace de temps beaucoup plus court, on sait que tous les aliments ne font que passer par notre corps. Ce n'est pas que les choses prises par la bouche soient iniiiit'dialemeut et complètement expulsées par les excrétions. Les dili'érentes matières qui composent nos aliments deviennent la sub-
s DE l'alimentation ET DU BiGIME.
stance essentielle du corps lui-même. Les excrétions
sont pour ainsi dire les scories des différents organes, devenues peu à peu inutiles pour les fonctions de la vie.
Les subblaueesalimeuUires passent du canal digestif dans le sang, et se changent en sang. Du sang elles passent dans h s ui gaues du corps. Là elles subissent de nouveaux changements, pour revenir dans le sang comme matière excrémentitielle. Puis elles sont sécrétées par des organes particuliers du corps et enfin expulsées.
Le premier changement que subissent les alimeuts, c'est la sanguificatîon. L'ensemble de toutes les opérations qui eonduiseiil les aliments et les boissons jusqu'à la formation du sang s'appelle la digestion. Tous les organes du rorpsqui cuneuuit iii iuiniédiatenieut à ces changements, la science les appelle orgaires digestifs.
De la bouche, dans laquelle des organes particuliers, nommés glandes, répandent la salive par plusieurs canaux, les aliinenl> ai rivent dans l'eslomac. Là, pendant le temps de la digestion, un liquide acide, nommé suc gastrique, est sécrété par les glandes des parois de Teslomac qui sont plus petites et plus simples, mais plus nombreuses que les glandes salivaires.
Après l'estomac vient l'intestin gréie, dans lequel
UVRE I. — DE L'iSGHA2fG£ DE LÀ MATliRE. !l
de grands organes glanduleux, le foie et le pancréas,
versent leurs sécrétions, Tiiii, la bile, et raiitre, un liquide qui a beaucoup d'analogie avec' la salive. Les parois de l'intestin sont tapissées d'une infinité lie petites glandes qui produisent ie sue intestinal. La dernière partie de l'intestin s'appelle le gros intestin, dont le dernier dixième, l intestin reelum, se termine par Tauus.
Outre les sécrétions déjà énumérées, se trouve dans tout le canal digestii une quantité considérable de mucus. Ce mucus reçoit, dans diverses parties du canal, d'autres substances qui, en plusieurs endroits, modiiieut la sienne propre.
La salive, le suc gastrique, la bile, le fluide pancréatique, le suc intestinal et le niueus mêlé à ces liquides sont eux-mêmes des produits du sang. Après en avoir été extraits ou préparés par divers appareils glanduleux, ils passent dans le canal digestii. Et ces mélanges liquides, qui sont eux-mêmes les produits du sang, apportent à leur tour aux aliments tous les changements nécessaires à la formation du sang.
Deti principes alimentaires.
Pour comprendre ces cliangements, nous, devons étudier les aliments dans leur composition.
Imaginons un aliment composé de telle manière . qu'à lui seul il puisse soutenir la vie. Dans la nature,
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le lait nous offre un exemple de ce genre. U contient des sels, du sucre, de la graisse et une matière qui ressemble beaucoup au blaiic d'œuf, cl qui forme la partie substantielle du fromage, la caséine.
Les quatre substances ei-dessus désignées sont autant de types qui sont représentés dans la composition du plus grand nombre des aliments. Je dis : le pius grand nombre, et non : tous. Car, de la graisse ou du sucre^ Tun des deux peut manquer, mais non tous deux k la fois. Les sels, la graisse et le blanc d'œuf, ou les sels, le sucre et le blanc d'oeuf, sont une combinaison de trois substances ndispensable à la nutrition du corps, lis sont des exemples empruntés à trois classes de principes alimèntaires qui consti- • tuent Tessenc t tle toute nourriture.
Si nous désignons ces classes par des noms généraux, nous aurons:
I* Les substances inorganiques;
Les substances organiques privées d azote; 3^ Les substances organiques azotées.
Or, ces trois classes diffèrent d'abord dans leur
composition.
Le chimiste appelle matières primitives ou éléments, toutes les substances qu'il ne peut décomposer, et dont les qualités, hors la forme et la couleur, offrent des différences essentielles.
Les plus uiiportauts éléments des prineipes alimentaires sont:
LITRE 1. DE l'Échange de la matiîere. m
Le chlore,
tous noms sous lesquels le lecteur ne doit se représenter qu'autant de corps simples, t^ue la science a dû désigner par des noms différents à cause de leurs diverses propriétés.
Les matières premières, depuis la potasse jusqu'au chlore, appartiennent principalement au règne minéral. Elles composent les principes alimentaires « inorganiques, c'est-à-dire, ceux qui exvtent sans le secours médiat ou immédiat d'êtres vivants, comme, par exemple, le sel de cuisine. Les appareils des êtres vivants sont seuls nommés organes, et, à cause de cela, on nomme organiques toutes les matières qui ont besoin de l'activité médiate ou immédiate des plantes ou des animaux pour se former, comme le suere et l'albumine.
L'azote, le carbone et Thydrogène reviennent tous trois dans tous les èires viv«ails, lundis qu'ils manquent dans beaucoup de minéraux. C'est pour cela qu'on peut spécialement les désigner sous le nom d'éléments organiques. Cependant, ils se retrouvent
Le potassium.
Le sodium, Le calcium^ Le nitiguesium, Le fer.
Le fluor,
Le phosphore.
Le soufre.
L'oxygène , L'hydrogène, Le carbone , L'azote,
\t DE l'alimentation ET JJL' RÉGIME.
dans le monde inorganique, aussi bien que les élé-
meuls moi'gauiques se retrouvent daus le moude organique.
Les mitoyens, qui revinuit'iil aussi souvent dans l'un et Tautre règne, sont l'oxygène, le phosphore et le soufre.
Les éléments inorganiques se trouvent dans nos
aliments en c'oiribiiiaisou.s diverses. La plus siuiple n'en comprend que deux. Le sel de cuisine, qui ne se compose que de sodium et de chlore , en oiTre un exemple. Une combinaison toute pareille à celle du sel de cuisine est celle qui se compose de chlo« et de potassium ; ce dernier corps constitue l'élément principal de k potasse.
Je réunirai sous lo nom de chlorures le sel de cuisine ou chlorure de sodium, et le chlorure de potassium qui lui ressemble. Tous deux sont remarquables par leur solubilité dans Teau.
A cette combinaison de deux éléments appartient aussi le iluorure de calcium qui se retrouve dans une proportion bien moindre dans les céréales, le lait et le sang, et qui est connu ordinairement sous le nom de spath iiuor. Il est composé, comme son nom l'indique, de fluor et de calcium. Il ne se dissout dans l'eau qu'à une lenipéraiiu e élevée et encore fort difficilement.