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26 ŒUTRK8 DB BBRRI HBIHB.
La terre ne reste pas immobile ; elle tourne dans nn cercle étemel , mais sans avancer. Autrefois , qaaod j'étais jeune et sans expérience, je croyais que dans le combat pour la délivrance de l'humanité , quand même les combattants succomberaient ^ la grande cause D*en sortirait pas moins victorieuse , et je savourais avec délices ces beaux vers de Byron : c Les ondes se succèdent, elles se brisent une à une sur la plage et s'envolent en poussière; mais la mer marche toujours, b Hélas! lorsqu'on reste plus longtemps témoin de ce phénomène^ on peut observer que la mer, après avoir dépassé ses limites naturelles^ retourne quelque temps après dans son ancien lit, puis s'échappe de nouveau, cherche avec la même violence à regagner le terrain perdu ; enfin, manquant de courage, elle prend honteusement la fuite; elle recommence encore, mais elle n'avance jamais. L'humanité se meut aussi d'après les lois fin flux et du reflux ; et peut-être la lune exerce->t-elle aussi sur le monde spirituel son influence sidérale.
C'est aujourd'hui nouvelle lune , et malgré le scepticisme mélancolique auquel mon âme est en proie , je me sens pénétré d^tranges pressentiments. A cette heure il se passe quelque chose d'extraordinaire dans le monde. La mer a une odeur de gâteaux de fête, et la nuit dernière les moines blancs que je voyais dans les nuages paraissaient si mornes...
C'était à la chute du jour; je me promenais solitaire sur le rivage. Quel calme solennel 1 le ciel avec sa voûte
DB l'allimaghi. 27
immen^ ressemblait à la coupole d'une église gothique. Les astres y étaient suspendus comme des lampes iooombrablesy mais ils jetaient une lueur nombre et tremblante. Les vagues mugissaient comme les tuyaux d'un orgue. C'était comme des mélodies orageuses, plaintives, désespérées, mais quelquefois aussi triomphantes. Sur ma tète flottaient des groupes aériens de blanches nuées qui ressemblaient à des moines. La tête baissée ^ le regard soucieux y ils défilaient devant moi — triste procession 1... on eût dit qu*il8 suivaient un convoi mortuaire... Quiest-c6 que l'on enterre? qui eniHie qui est mortt me disais'je à moi-même. Seiiait-ce le grand Pan?
H«lfolaa4»U •aoAt^aïa.
Pendant que son armée combattait avec les Lomhards, le roi des Hérules était assis tranquillement dans sa tente et jouait aux échecs. U avait menacé de mort quiconque lui apporterait la nouvelle d'une défaite. Son guetteur, monté sur un arbre,, regardait le combat et criait toujours : a Nous sommes vainqueurs I p Jusqu'à ce qu'en soupirant il laissât échapper ces paroles t < Malheureux roi ! malheureux Hérules 1 » Alors seule* ment le roi s'aperçut que la bataille était perdue — mais il était trop tard ! A l'instant même les Lombards pénd« trèrent dans sa tente et le percèrent de coups..«
28 ŒUVRES DB HRNRl UBINE.
Je Usais précisément ce passage dans Paul Varnefried , lorsque arriva un gros paquet de journaux do continenr. Mes yeux y rencoutrèrent des rayons de soleil dont ils furent éblouis et qui allumèrent dans mon âme un enthousiasme sauvage , une joie délirante. Je sais maintenant pourquoi la mer avait cette "odeur de gâteaux. La Seine avait avec ses eaux porté -cette boone
* noavelle à la mer, et dans leur palais de cristal les belles ondines, de tout temps amies de rhéroismey s'étaient empressées de donner un thé dansant. Je courus
' par toute la maison conune un fou , J*embrassai d'abord la grosse hôtesse et son bon loup marin , j^enabrassai aussi le conseiller prussien , sur les lèvres duquel émit toujours le froid 'sourire de l'incrédulité ; et même le
Hollandais y je le pressai sur mon cœur Mais cfite
large face insignifiante resta tranquille et froide , et je crois que si le soleil de juillet en personne était vena l'embrasser, mynheer en au*ait tout an plus ressenti une légère sueur, mais il n'en aurait pas été enflammé. Cette quiétude, au milieu.de renthousiasaie géoérsl, n'est-elle^^pas révoltante? Les Spartiates préservaient leurs enfants de l'ivrognerie, en letœ montrant un ilole ivre. Nous devrions à leur exemple nourrir un Holian-
' dais dans nos maisons d*éducation , pour.inspirer à nos
enfants Thorreur de cette sobriété morale , de cette
impassibilité néerlandaise qui vraiment est plus hideuse
que l'ivresse d*un ilote. J'étais tenté de battre mynhter*
Mais non l Pas d'excès ! LesParisiens nous ont donné
DE l'allbmagnb. 29
on si bel exemple de modération. Oui, vous méritez d'être libres^ Français; car c'est dans votre coeur que vous portez la liberté. G*est par là que vous vous dietin* gnez de vos malheureux pères qui^ tout en brisant les chahes d'une antique servitude, souillèrent leurs exploits de forfaits exécrables,, durant lesquels le génie de Thumanité se voila la face. Mais cette fois la main du peuple n'est devenue sanglante que pour la juste défense de ses droits, et non pas après la victoire. Le peuple pansa luHnéme les blessures de ses ennemis, et la grande œuvre finie, il s'en retourna à son occupation journa- Gère, sans demander même un pour-boire après cet inuttense labeur.
Ne tremMes pas devant l'homme libre.
Tremblez devant l'esclave qui biise ses fers!
Tu vois combien je suis enivré, hors de moi... Je cite le vers le plus banal de Schiller.
Et ce vieil enfant, dont l'incorrigible folie a coûté le sang de tant de citoyens , les Parisiens Font traité avec nne modération qui m'a profondément touché. II jouait i^ement aux échecs, comme le roi des Hérules lorsque les vainqueurs pénétrèrent dans sa tente. D'une main tremblante il signa Tacte d'abdication. Il avait fermé ses oreilles à la vérité, et il ne voulait entendre que les mensonges des courtisans qui criaient toujours : «Nous sommes vainqueurs ! » L'aveuglement de ce fou loyal est vraiment inconcevable I Plein de surprise il
leva les yeux, alors seulement que le Journal des DéhaU comme le guetteur après la bataille des Lombards, s*écria tout à coup : a Malheureux roi ! malheureuse France I »
Avec Charles X finit le royaume de Charlemagne, comme le royaume de Romulus finit par Romulus Augustulus. Là commence une nouvelle Rome^ m commence une nouvelle France.
Tout cela est encore comme un rêve pour moi; ssr* tout le nom de Lafayette résonne à mes oreilles comme une tradition de ma première enfance. Il serait donc Vrai que le voilà de nouveau à cheval^ commandant li garde nationale Y Je crains presque que ce ne soit on inensonge ; car enfin, c*est imprimé. Je veux aller moimême à Paris pour m'en convaincre de mes propres yeux... Que cela doit être beau de voir chevauchera travers les rues le citoyen des Deux Honde9« le noble vieillard !é.. De son regard accoutumé il salue les petitsfils doiit les pères combattaient jadis avec lui pour h liberté et Pégalité. Voilà déjà soixante ans que, reveno de PAmériquey il a rapporté la déclaration des droits de l^homme^ ces dix commandements de la nouvelle té' gion, qui s'y étaient révélés à lui au milieu des éclairs et du tonnerre des canons... Sur les tours de Paris flotte de nouveau l'étendard tricolore... Partout retentit ta Marseillaise !...
Lafayette... le drapeau tricolore... la Marseillaise.. i Je suis comme enivré. Des espérances audacieuses sur^
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gissent dans mon cœur, pareilles à ces arbres nier- Teilleux, dont les branches sauvages se perdent dans les nues... Mais les nues dans leur course rapide déracinent ces arbres gigantesques^ et s'envolent avec eux... J^entends des sons de violons, et moi aussi je commence à m*apercevoir que la mer apporte une odeur de gâteaux. Là-haut 9 dans ces joyeuses régions, c*est une musique continuelle, et les ondes de la mer bruissent comme une causerie de jeunes filles. Biais sous mes pieds la terre craque et s^entr^ouvre, et les vieilles divi« Dites sortent leurs têtes séculaires , et pleines d'éton- Bement ettetf s'écrient : € Pourquoi donc cette allégresse qui pénètre jusqu'aux entrailles du globe? Qu'y a-t-il de nouveau? Pourrons-nous revenir sur la terre ? »— Non, TOUS resterez dans votre demeure ténébreuse,' où bientAt la mort vous amènera un nouveau compagnon. —Quel est son nom) —Vous le connaissez bieUi vous que jadis 3 précipita dans la nuit étemelle,*.
Paneslmortl
B«ltolaad,l«40M»*t4IM.
••. Lafayette, le drapeau tricolore, la Marseillaise. »• C'en est fait, je n'aspire plus au repos... Maintenant, je sais de nouveau ce que je veux, ce que je dois faire.. • Uoi aussi, je suis fils de la révolutioui et de nouveau je
3â ŒUVRRS DE HENRI HEINE.
tends les mains vers les armes sacrées , sur lesquelles ma mère a prononcé les paroles magiques de sa bénédiction... a Des fleurs, des fleurs ! je veux en couronner ma tête pour le combat. La lyre aussi, donnez-moi là lyre, pour que j^entonne un chant de guerre... Des paroles comme des étcnles flamboyantes, qui en tombaDt incendient les palais et éclairent les cabanes... Des paroles comme des dards brillants, qui pénètrent jusqu*aa septième ciel, et frappent Timposture qui s'est glissée dans le sanctuaire des sanctuaires... Je suis tout joie, tout enthousiasme, je suis Tépée, je suis la flamme !... Peut-être aussi je suis fou... C'est qu'un de ces rayons de soleil que m'apportèrent les journaux de ce matio, a frappé mon cerveau, et toutes mes pensées en soDt embrasées. En vain je plonge ma tête dans la nier,nulle onde ne peut éteindre ce feu grégeois. Les autres baigneurs éprouvent la même influence. Ce coup de soleil parisien les a tous frappés — surtout les Berlinois, qui, cette saison, se trouvent ici en grand nombre. Même les pauvres pêcheurs de Helgoland poussent des cris àe joie, bien qu'ils ne comprennent que par instinct les éré* nements qui se passent. Le batelier qui m*a conduit hier à la petite île de Sable où l'on prend les bains, m'a dit en souriant : « Oui, les pauvres gens sont vainqueursl Avec son instinct, le peuple comprend peut-être mieux les événements que vous avec votre science. » Un jour M. de Vamhagen m'a raconté que lorsqu'on ne connais- %aît pas encore l'issue de la bataille de Leiprig, sa ser-
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Tante était subitement entrée dans la chambre avec ce cri d'eflfroi : « La noblesse a vaincu. »
Cette fois les pauvras gens sont vainqueurs. « Hais à quoi boDf s'ils ne l'emportent pas sur le droit de succession ? j» Ces panries furent prononcées par le conseiller possien d*un ton qui m'a beaucoup frappé. Sans les comprendre, je ne sais pourquoi elles se sont gravées dans ma mémoire et m'inquiètent sans cesse. Qu^entend* il par lè|y cet homme sec et froid?
Ce matin encore nous avons reçu un paquet de jouN Baux. Je les dévore comme la manne. Enfant que je SW8, je m^occupe des détails touchants bien plus encore que de l'enseoible du drame parisien. Si je pouvais seulement voir le chien Médor i Celui-^là m'intéresse bien aotrement que les autres qui ont fait des bonds énormes pour ^porter la couronne à Philippe d'Orléans. Médor apporta à son maître un fusil et des cartouches, et lorsque celui-ci tomba et fut enterré comme ses compagnons ^gloire, dans la cour du Louvre, le pauvre chien resta jonret nuit aurla tombe, immobile comme une statue de la Fidélité.
Je ne puis plus dormir, et pendant la nuit les visions les plus bizarres tourmentent mon esprit; rêves de mahde, qui se chassent les uns les autres, et dans lesquels les images qui passent devant mol, se mêlent étrangement; et comme dans les ombres chinoises, tantôt elles se raccourcissent comme des nains, et tantôt elles grandissent comme des géants; c'est à en devenir fou. Dans
cet état, il me semble quelquefois que mes membres s'allongent: comme ceux d*un colosse, et que tour à tour je passe de France en Allemagne et d'Allemagne en France. Je me rappelle même, que la nuit dernière, je parcourais
ainsi tous les pays allemands, frappant à la porte de mes amis, et réveillant tout le monde. Ils fixèrent sur moi des yeux si hagards que j*en fus effrayé, et que dans le premier moment j'oubliais pourquoi j'étais venu les éveiller. Je poussai assez rudement plus d'un gtos bou^ geois qui ronflait par trop; tout en bâillant, ils me demandèrent : 0 Quelle heure est-il donc?» — «A Paris, mes amis, le coq a chanté 3 c'est tout ce que je sais. > Derrière Ai]gsI)ourg, sur la route de Munich^ je vis une foule de dômes gothiques qui semblaient fuir et chancelaient sur leur base d'une manière effrayante. Moî^mèmey las de cette course vagabonde, je me mis à voler et je m'élançai d'une étoile à Taulre. Mais ce ne sont pas des mondes peuplés, comme le ré vent bien d'autres; ce sont de brillants globes de marbre, déserts et stériles, et qui ne s'avisent pas de tomber, parce qu'ils seraient fort embarrassés de savoir sur quoi tomber. J'entrai dans le del, les portes en étaient ouvertes tout au large. C'était une longue suite de salles hautes et sonores, ornées de dorures surannées. Tout eût été désert sans queFques vieitt domestiques poudrés, qui vêtus d'une livrée rouge fanée sommeillaient doucement dans des fauteuils de veloun râpé. Dans plusieurs salons les portes étaient enlevées de leurs sonds; dans d'autres, de larges scellés rouges
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étaient apposés aux portes, ainsi que cela se voit dans les maisons dû vient d'arriver une banqueroute ou un décès. J*entrai enfin dans une chanibre où était assis à Dfl secrétaire un vieillard sec et maigre qui feuilletait des liisses de papier. Il était vêtu en noir, avait des cheveux blancs et un vis^e ridé d'homme d'affaires. D*une voix très-basse il me demanda ce que je voulais^ le prenant, dans ma naïveté, pour le bon Dieu, je lui dis hardiment: t Âb, mon bon Dieu, je voudrais bien savoir tonner, je sais déjà lancer^des éclairs; ah, je vous bu prie, apprenez-moi à tonner, d — « Ne parlez pas si haut I reprit hrosquement le sec vieillard, d et me tournant le dos, il retourna à ses affaires. — a C'est monsieur le registrateur, » me dit un des laquais rouges en se levant de son lauteuil , et en se frottant les yeux avec force bâillements.
Panestmortl
Caihaf eo , le 9 août 4850.
Tai fait une traversée fort désagréable, au milieu du 'ent et de Torage, dans une barque de pécheur. Comme I m'arrive toujours en pareil cas, je fus pris du mal de Der. Elle aussi, la mer, comme bien d'autres personnes, le répond à mon amour que par des peines et des tour- Beuta. D'abord tout va bien, et je me plais à me laisser
36 ŒUVRES DE EBKEI HEIHE,
balanoor mollement; mais peu à peu les vertiges me saisissent, et je suis assiégé de toutes sortes de visioas chimériques. Du fond des abîmes de la mer sortent de vieux démons, hideusement nus jusqu'aux hanches. Je les entends hurler des vers faux et inintelligibles, et je les vois me lancer à la figure la blanche écume deï vagues. Les nues grincent plus affreu^ment encore; descendues si bas qu'elles touchent jusqu*à ma t^f; elles me chantent à roireille, d'une voix douce et flùtée, les folies 1^ plus amères. Ce mal de mer, sans être diiK gereuxy vous jette dans des sensations tellement inn|Hi portables que Ton touche au délire. A la fin il me seflH blait que j*avais avalé la Bible, FAncien Testament avee le Nouveau, et voilà que les saints personnages se mirent à s'agiter et à gesticuler en moi, de sorte que tout se tournait péW-méle dans mon ventre. Le roi David joo» de la harpe, mais hélas! les cordes de rinstrumeo^l c'étaient mes propres entrailles. Toute la ménagerie de l'Apocalypse hurlait, et les prophètes chantaient, N quatre grands d'une voix de basse-taille et les donjj ' petits d'une voix de fausset. Tout cela grognait et roon coulait confusément, mais ce choeur de voix était donûfll par celle du prophète Jonas, qui criait : 0 Ninive, Ninif^ tu périras I Des mendiants avec leur vermine s'établiroil^ dans tes palais, et les cuirassiers de Babylone nourrirov leurs cavales dans tes temples. Mais vous , prêtres (k Baal, et vous, Netorods assyriens, nobles chasseurs et gentiemen^riders f et vous aussi, bourgeois grossies,
DB LâLLBMAGNI. 37
roos recevrez des coups de bâton, des coups de verges, des coups de pied, et même des soufSets ; je puis vous le prédire, car d'abord je ferai mon possible pour que vous ne les évitiez pas, et puis je suis le prophète Jonas, le prophète Jonas, fils d'Amithal. 0 Nioive, Ninive, tu périras!
C'est à peu près ainsi que prêchait le prophète, lorsque je fus subitement soulagé et que j'entendis à côté de moi la voix du conseiller prussien, qui me dit : A la bonne heure ! Bien vous prend d'avoir enfin rendu toute celte folle lecture que vous aviez dévorée à Helgoland tvec ce gros homard, — nous touchons maintenant au port, et une tasse de thé nous rétablira tout à fait. Je suivis son conseil et me trouvai parfaitement bien de la lasse de thé que je me fis donner aussitôt après nolro Privée dans Thôtel de Cuxhaven,
Les Hambourgeois et leurs épouses légitimes fournilleDtici,d6 même que des capitaines de vaisseau de tous les pays, qui attendent un vent favorable. On les voit partout, et quand ils ne sont pas à se promener sur ks hautes falaises, ils sont attablés dans les cabarets où ils txûvent du grog passablement fort, en poussant des ^ d'allégresse à Toccasion des trois journées de Juillet. Dans tous les idiomes on porte des toasts aux Français. I^ Anglais laconiques leur donnent des louanges avec autant de loquacité que ce Portugais bavard qui regrettait devant moi de ne pouvoir conduire directement à Paris sa cargaison d'oranges, pour rafiratchir le