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peuple qai avait dû souffrir de la chaleur pendant le combat. Même à Hambourg, où la haine des Français a poussé de si profondes racines, il règne maintenant im indicible enthousiasme pour la France. On atout oublié: Pavoust^labanquevolée^lesbourgeoisfusillés^le costume
germanique, les mauvais vers patriotiques, le père Blacher, toutes les niaiseries de iSii— tout est oublié. Pa^ tout flotte le drapeau tricolore, partout résonne la Ha^ seillaise, et même les dames paraissent au théfttre avec des rubans tricolores sur la poitrine. Les riches banquiers eux-mêmes, qui à la suite du mouvement révolutiounaire perdent beaucoup d'argent dans les spéculations de la bourse « partagent généreusement la joie générale, et toutes les fois que le courtier vient leur annoncer que la baisse ne fait qu'augmenter, ils n'en paraissent que plus satisfaits et se contentent de dire : Cest bien, c'est bienl cela ne fait rien du tout«
Oui, dans tous les pays, les hommes comprendronl facilement l'importance des trois jours de Juillet, et les célébreront en y voyant le triomphe de leurs propres intérêts. La grande œuvre des Français parle si clairement à tous les peuples et à toutes les intelligences, ao plus fort comme au plus faible, que dans les steppes des Baskires les âmes en seront aussi profondément remuées que dans les montagnes de l'Andalousie. J^ vois déjà le macaroni s'arrêter dans la bouche du Napolitain, comme la pomme de terre dans celle de Tlrlendals, quand cette bonne nouvelle leur parviendra.
DB i*ALL1SlCAGNB, 39
Polichinelle est capable de s'armer d'un glaive, e( Paddy fera peut-être un bull qui n'amusera guère les Anglais,
Et FAllemagne que fera-t-elle Y Je ne sais. CommeO'* cerons-nous enfin à utiliser nos forêts de chênes, c'està-dire à en faire des barricades pour la délivrance du monde? Commencerons-nous enfin, nous à qui la nature a départi tant d'intelligence, tant de force et tant de cou* rage, commencerons-nous à profiter de ces dons de Dieu et à comprendre, à proclamer et à exécuter les préceptes du grand maître, la doctrine des droits de rhomme?
0 y a maintenant six ans qu'en parcourant à pied la patrie allemande, j'arrivai à Wartbourg. J'y visitai la cellule qu'avait occupée Luther, brave homme s'il en fut, et dont je ne permettrai à personne de médire. Il a accompli un^ OBUvre gigantesque, pour laquelle notre gra« titude lui est acquise à jamais. Ne lui en veuillons pas d'avoir brusqué un peu nos amis, lorsque dans l'exégàse de la parole divine, ils voulurent le dépasser en proposant d'établir ici-bas même l'égalité des hommes, n est vrai qu'une pareille proposition était alors quelque peu prématurée, et maître Hemling qui fit tomber ta tête, pauvre Thomas Munzer, était à plusieurs égards autorisé à une pareille action; car ii avait le glaive en main, et son bras était fort.
AWartboui^, je visitai aussi l'arsenal, où sont suspendues les cuirasses, les morions, les rondaches, les hallebardes, les flamberges, toute cette garde-robe de
M ŒUVRES DB HBNRI HEINB.
fer du moyen flge. Je me promenais tout pensif dans h salle^ accompagné d'un jeune noble, un de mes camarades d'université, et dont le père était dans notre province un des principicules les plus puissants, qui faisait trembler le petit coin de terre soumis à sa domination. Ses ancêtres aussi furent de puissants barons, et le jeune homme plongeait avec déliées dans ses sonvenin héraldiques à Taspect de quelques-unes de ces armes et de ces cuirasses qui, comme le disait l'étiquette, avaient appartenu à un guerrier de sa race. Il détacha du mcx la longue épée de son aïeul, et, ayant par curiosité essayé de la manier, il se vit forcé d*avouer qu^elIe était un peu trop lourde, après quoi il laissa tomber scnq bras. Le brave petit-fils était trop faible pour agiter l'épée de ses pères. Je le vis, et je me pris à penser au fond de okni cœur : L'Allemagne aussi pourrait être libre.