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Chacune de ces larmes est tombée sanglante sur tna poitrine y ma poitrine glaciale et écrasée de douleur I -^ Mais nous boirons encore ensemble la liqueur des délices quoique nous ayons perdu toute joie et tout bien i oui^ que nul n*entonne uû chant de deuil, quoiqu'il voie sur ma poitrine des blessures béantes ! Des femmes sont maintenant cachées chez nous, des femmes de roi chez oous^ les morts I s Bigrune prépara un lit dans la colline : «Voici un lit de repos et exempt de soucis, que j'ai préparé pour toi, 6 Helgi, fils de Volsungl Je veux dormir dans tes bras, 6 roi^ comme Je l'ai fait de ton vivant I » Helgi dit : « A présent je soutiens que rien n'est incroyable, ni tôt ni tard dans Sevafiœll, depuis que toi, saperbe fille d'Hogen, de race h)yale, reposes dans mes bras inanimés, toi qui es pourtant vivante I •— Hais il est temps de reprendre mon chemin lumiiieux> et de fidre marcher mon pAle coursier dans son sentier aérien, que l'aurore commence déjà à rougfar; car il faut que Je sois àTouest du pont de Vindhiabn (rarc-en*ciel), avant que 8algofuir (le coq), réveille le peuple des vainqueurs. » — Helgi et son escorte partirent sur leurs eoursiersi et les femmes retournèrent à leuir demeure. Le lendemain, vers le soir, Bigrune fit faire à sa servante la garde près du tertre* Mais au coucher du soleil, quand Bigrune vint à la colline, elle dit : a A cette heure le fils de Siegmund serait venu des salles d'Odin , s'il pensait venir aujourd'hui. Mon espoir s'éteint de voir encore paridtre le héros, car les aigles se perchent déjà sur les
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branches du frêne , et tout ie monde se hftte d'entrer dans rassemblée des songes. » La servante dit : < Ne sois pas si téméraire, ô fille des Skioldund, de te rendra seule aux habitations des esprits; dans la nuit les morts sont beaucoup plus puissants qu'à la clarté du jour. > — Sigrune ne vécut pas longtemps dans la souffianee et le chagrin.
La légende finit là, mds le narrateur ajoute ces mots pour son propre compte :
C'était une croyance dans les anciens temps qoe les honmies renaissaient; mais de nos jours cela s'appdk un conte de vieHIes femmes. On rapporte d*Helgt et de Sigrune qu'ils vécurent une seconde fois; lui 8*appdt alors Helgi, hàx>s d'Haddiugia, et Sigrune s'appela Kara, fille de Halfdan ; et c'était une walkyre.
Je donne encore le commencement d'une autre tradition Scandinave, appelée le chant de Vodundur, parce qu'il semble en résulter une preuve assez distincte de l'affinité ou même de l'identité des Walkyres, des trois fiieuses et des femmes cygnes dont j'ai parlé précédemment. Il y est dit :
Nidhudur fut le nom d'un roi en Svithiod (la Suède); il était père de deux fils et d'une fille nonmiée Baudvild(ir. — Et il y eut en Finlande trois frères, fils du roi de ce pays, dont Tainé s'appelait Slagfidr, le second Ëgil et le troisième Vœlundur; ils s'en allèrent pour faite pattre leurs troupeaux, et ils vinrent dans Ulfdalir (te vallée des loups), où ils se bâtirent des maisons. Là il y
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a un lae appelé UIffiar ( le lac des loups ), et au bord de cette eau les fils du roi trouvèrent un matins de trèsbonne heure, trois femmes assises à filer du chanvre» et ayant leurs chemises de cygne posées à terre à côté d'elles. C'étaient des walkyres, et deux d'entre elles étaient filles du roi Laudver : elles s*appelaient l'une Hladgur Svanhvit (blanche comme le cygne)^ et Tautre Hervoer Alvitr ( celle qui sait tout ) ; mais la troisième était Aulrun, fille de Kiar, de Valland. Les trois frères les ramenèrent chez eux, et Égill prit pour femme Autnm, Slagfidur Svanhvit et Vœlundur Alvitr. Ils demeurèrent ensemble pendant sept hivers, mais dans la huitième année^ les femmes s'envolèrent, pour se trouver aux combats, et elles ne revinrent point. Égill partit à la recherche d'Auhrun, et Slagfidur chercha sa Svanhvit, mais Voelundur resta dans Ulfdalir. Il était, au dire d'anciennes traditions, Thomme le plus habile dans son art. Il enchâssait dans de l'or rouge des perles précieuses, et il enfilait toutes ses bagues sur une corde d*écorce. C'est ainsi quMl attendait le retour de sa femme brillante. — Lorsque Nidhudur^ le roi de Svithiod, apprit que Voelundur était seul dans Ulfdalir, il partit nuitamment avec ses hommes; leurs armures étaient solidement rivées, et leurs boucliers reluisaient au clair de lune. Arrivés à la demeure de Voelundur, ils surprirent le fils du roi et le garrottèrent pendant son sommeil ; et Nidhudur l'emmena avec lui. Etc., etc.
Je n'ai fait^ dans ces pages, que toucher légèrement