DB LA PREMIERE EDITION
la tètë qui est le siège de nos pensées. On m*a dit que les Français provinciaux étaient bons catholiques : je ne puis faf* finner ni le nier. Les gens que j'ai trouvés en province me fusaient l'effet des bomos miiliaires qui portent inscrit sur leur front leur éloignement, plus ou moins grand, de la capitale. Les femmes y cherchent peut-être dans le catholicisme Dne consolation au chagrin de ne pouvoir vivre à Paris.  Paris même, le catholicisme n'a plus existé de fait depuis la révolution, et, longtemps auparavant, il y avait perdu toute importance réelle. 11 se tenait aux aguets dans les recoins des églises, tapi comme une araignée, et bondissait précipitamment bore de sa retraite quand il pouvait saisir un enfant au berceau ou un vieillard au cercueil. C'était seulement à ces deux périodes de la vie, quand il arrivait au monde et quand il le quittait, que le Français tombait sous la main du prêtre chrétien. Pendant tout l'espace intermédiaire , il appartenait à la raison et riait de Teau bénite et des saintes huiles. Est-ce donc là ditesmoi, le règne du catholicisme ? C'est parce qu'il était complètement éteint en France, qu'il a pu, sous Louis XVIII et Charles X, attirer à soi par l'attrait de la nouveauté quelques esprits désintéressés. Le catholicisme était alors quelque chose si inouï, si neuf, si inattendu ! La religion qui régnait avant œ temps en France était la mythologie classique , et cette belle religion avait été prèchée avec un tel succès au peuple français, par ses écrivains , ses poètes et ses artistes , qu'à la fin du siècle précédent, la vie extérieure et la vie intellectuelle en France portaient tout à fait le costume païen. Pendant la révolution, la religion classique fleurit dans sa plus énergique magnificence. Ce n'était pas là une singerie à la manière des Grecs-Âlexandrins Paris apparaissait comme la continuation naturelle d'Athènes et de Rome. Sous l'empire , cet esprit antique s'éteignit insensiblement ; les dieux de la Grèce ne régnèrent plus que ur le Uiéàtre, et la vertu romaine ne posséda plus que les