‹ De l'Allemagne (volume 3)Chapitre 3 sur 36 · DB LA PRBMIÈRB EDITION · texte numérisé non relu

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fn prochaine de leur souveraineté romantique ? C'est ce que f ignore, ftton but principal, en parlant de cet événement dans h littératuFe française, est seulemenl de déclarer que je n^ai pas eateildu la frondef directement ni indirectement, quand j'ii patlé, dans ce livre, en termes un peu durs, d*un fait' semblabie qtli s^est pâsBé en Allemagne. Les écrivains alleminds qtli relevèr^ilt le moyen âge se proposaient un autre but, comme on le verra dans ces pages, et Teifet qifils purent prodoim 9Uf la grande iha&se compromit la liberté et le bonhdor de ma patrie. Les écrivains français n'eurent en tout ceci que dee intérêts Artistiques, et le public français ne voulut que SÉtiMhire sa coriosité. Le plus grand nombre n'alla regarder dans lé dépulcfe du passé qu'à dessein d'y chercher un eostume intéfc^sdant pour ie carnaval. Là mode du gothique n'était efi France qu'une mode, et ne servait qu'à rehausser la joie des temps présents. On laisse flotter ses cheveux en longues bouded de moyen âge; mais il suffit d*lihe observation distraite dii coiffeur qui vous dit que cela va mal, pour qu'on se fosse abattre du même coup de ciseaux la chevelure moyen ftge et les idées qui S'y rattachent. Hélas 1 c'est toute autt^ chose en Allemagne. La raison eh eàt qiie le moyen âge n'y est pas entièrement mort et décomposé comme chez vous. Le moyen âge allemand ne git point pourri dans son tombeau ; il est souvent animé par un méchant fantôme ; il apparaît au milieu de nous à là pleine darté du jour, et suce la vie la plus colorée de notre éœur.

Béias 1 âe voyez-vou^ pas comme l'Allemagne est pâle et triste, et avec elle la jeunesse allemande, naguère encore si joyeusement enthousiaste ¥ Ne voyez-vous pas le sang à la bouche An vampire plénipotentiaire qui réside à Francfort, et y suce avec une si horrible et ennuyeuse patience le cœur du peuple allemand ?

Ce que j'ai dit du moyen âge s'applique encore tout parti-

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cuLièrement à la religion de cette époque. La loyauté exige que je distingue de la manière la plus nette le parti qu'on appelle ici catholique, de ces drôles qui portent le même nom en Allemagne. C*est de ces derniers seulement que j'ai parlé dans ce livre, et en termes qui m'ont paru , il est vrai, beaucoup trop doux encore. Ce sont les ennemis de ma pairie, reptiles d'une hypocrisie insolente et d'une invincible !&• cheté. Cela siffle à Berlin, cela siffle à Munich; et, pendant que vous vous promenez tranquillement sur le boulevard Montmartre, vous sentez soudain la morsure au talon. Maiâ nous lui écrasons la tète au vieux serpent. C'est la milice du mensonge, ce sont les familliers de la sainte^lliance, les restaurateurs de toutes les misères, de toutes les horreurs, de toutes les folies du passé. A quelle immense distance d'eux se placent les hommes du parti catholique d'id, dont les chefs appartiennent aux écfivains les plus remarquables de la France l Quoiqu'ils ne soient pas nos frères d'armes, ils combattent pourtant pour les mêmes intérêts que nous, pour les intérêts de l'humanité. C'est dans cet amour commun que nous sommes unis : nous ne nous séparons que sur la question de ce qui doit le mieux servir l'humanité. Ils croient, eux, qu'elle n'a besoin que de consolation spirituelle ; et nous pensons, au contraire, nous, que la satisfaction corporelle lui est avant tout nécessaire. Quand le parti catholique français , méconnaissant sa véritable mission, s'annonce comme le parti du passé, comme les restaurateurs de la foi du vieux temps, nous devons le protéger contre ses propres assertions. Le xviii* siècle a si complètement vaincu le catholicisme en France qu'il Ta presque laissé sans signe de vie, et que celui qui veut rétablir chez vous le catholicisme, a l'air d'un homme qui prêche une religion toute nouvelle. Par U France, j'entends Paris et non pas la province; car ce que pense la province importe aussi peu que ce que nos jambes pensent. C'est

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