PHOSPHORE
Phosphore en vapeur. — A l’état gazeux, le phosphore offre une densité double de celle qui répondrait à son poids atomique, mais cette densité persiste jusqu’aux températures les plus élevées, telles que 1400°. On ne connaîtrait donc le phosphore gazeux qu’à l’état de polymère, d’après les théories actuelles.
Phosphore solide. — A l’état solide, le phosphore se présente sous plusieurs états allotropiques, dont les caractères sont nettement tranchés.
Sous sa forme la plus commune, la première qui ait été connue, c’est un corps solide, incolore, flexible comme la cire à la température ordinaire.
Mais on ne tarda pas à remarquer que ce corps abandonné à lui-même dans l’eau se colore peu à peu et que la teinte devient plus vive si le flacon est exposé directement aux rayons solaires. On constata également la production de cette substance rouge dans la combustion imparfaite du phosphore et on le regarda comme un oxyde inférieur du phosphore. C’était notamment l’opinion de Gmelin. Cependant Bœckmann observa dès l’année 1800 que la variété rouge se forme dans le vide barométrique.
Berzelius l’attribua à une modification allotropique et cita à l’appui de son opinion les découvertes relatives à l’existence de deux séries allotropiques de sulfures de phosphore.
Ce fut Schrœtter qui, en 1845,dans un travail très rigoureux, prouva l’identité chimique du phosphore blanc et du phosphore 3 ' , ■:
rouge (i). Il montra que le phosphore rouge est une modification allotropique engendrée par la lumière ou la chaleur. Prenant un poids déterminé de phosphore et le soumettant à une température de 3 oo°dans le vide, dans l’azote, dans l’hydrogène, c’est-à-dire à l’abri de toute influence oxydante, il reconnut que la transformation s’opère complètement.
Il existe peu de corps dont les variétés allotropiques offrent des contrastes aussi nets; on peut le voir par le tableau suivant.