‹ De l'allotropie des corps simplesChapitre 10 sur 29 · TELLURE · texte numérisé non relu

TELLURE

Tellure en vapeur. — La densité de vapeur du tellure décroît, comme celles du soufreet du sélénium, jusque vers 1400°, température à laquelle elle devient constante et égale à 9.

Tellure solide. — Le tellure solide, bien qu’offrant les caractères physiques des métaux, est très analogue au soufre et au sélénium. Comme eux il paraît exister au moins sous deux états allotropiques.

Tellure cristallin. — Il cristallise par fusion ou par sublimation dans le système rhomboédrique. Sa densité est égale à 6, 25 . Sa chaleur spécifique, entre too° et 180 0 , est égale à 0,047 (Régnault).

Il se forme du tellure amorphe qui se comporte exactement comme le tellure cristallin au point de vue thermique, dans la précipitation par l’oxygène de l’air ou par les agents oxydants du tellure dissous dans les solutions alcalines ou les cyanures ou bien du tellure contenu dans l'acide tellurhydrique.

Tellure amorphe. — En revanche, le tellure amorphe précipité des solutions chlorhydriques d’acide tellureux par l’acide sulfureux absorbe en se transformant en tellure cristallin 24°2 (pour Te = 128) (Berthelot et Fabre) (1).

Lorsqu’on trempe le tellure en le fondant et en le projetant brusquement dans l’eau froide, on obtient un mélange de tellure amorphe et de tellure cristallin, associés en proportions qui

(1) Ann. dcchim. et pliys. (6), XIV.

varient avec la rapidité du refroidissement. On sait que c’est ce qui arrive pour le soufre.

On peut pousser plus loin la comparaison du tellure et du soufre. Le tellure précipité soit en présence d’une liqueur alcaline, soit en présence d'un excès d’acide tellurhydrique, répond à l’état du tellure cristallin ; tandis que le tellure précipité par l’acide sulfureux ou obtenu parla trempe est du tellure amorphe (en tout ou en grande partie) : c’est précisément la relation caractéristique observée par M. Berthelot pour le soufre.

En effet, le soufre précipité soit dans une liqueur alcaline, soit en présence de l’acide sulfhydrique, répond à l’état cristallin, tandis que l’état amorphe et insoluble prend naissance sous l’influence de l’acide sulfureux ou d’un refroidissement brusque.

D’après MM. Thomson et Threlfall, l’azote, à la pression de 20 millim., éprouverait sous l’influence des décharges électriques une contraction qui pourrait aller à S ou io p. ioo. La chaleur détruirait cette variété allotropique comme elle détruit l’ozone; à ioo° l’azote reprendrait son volume primitif.

Toutefois des observations ultérieures n’ont pas confirmé ces indications; elles tendent à établir au contraire que l’azote ne se condense pas sous l’influence électrique. Il n’acquiert pas non plus par là des propriétés plus actives et ne devient pas apte, par exemple, à s’unir directement à l’oxygène ou à l’hydrogène ; bien que le mélange de l’azote avec ces gaz s’y combine en effet sous l’influence de l’effluve. Mais cette propriété ne persiste pas dans l’azote pur, au sortir des appareils soumis à l’action électrique (Berthelot).

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