‹ De l'allotropie des corps simplesChapitre 14 sur 29 · TEMPÉRATURE TENSION MAXIMA TENSION DE TRANSFORMATION · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE TENSION MAXIMA TENSION DE TRANSFORMATION

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Une question importante a été soulevée à propos du phos-

phore : c’est celle de savoir si ses deux états allotropiques subsistent dans ses composés. Berzelius le premier a poséle problème. D’après lui, les deux sulfures inférieurs P^S et P 3 S offriraient deux états isomériques distincts, contenant l’un du phosphore blanc, l’autre du phosphore rouge. Les chimistes qui ont repris cette étude, et notamment M. Lemoine, contestent, il est vrai, l’existence de ces états isomériques, mais sans rejeter absolument la théorie de Berzelius. Voici, par exemple, comment M. Lemoine envisage les faits (i).

Dans la plupart de ses composés, le phosphore existe à l'état de phosphore rouge ou phosphore insoluble. Quand le phosphore ordinaire entre en combinaison, il se dégage une quantité de chaleur très considérable dont une partie semble répondre à la transformation du phosphore ordinaire en phosphore rouge, à la perte de cet excès de chaleur latente que contient le phosphore ordinaire et qui lui communique un excès d'activité chimique.

Dans certains composés pourtant, le phosphore existe à l’état de phosphore blanc.

Envisageons, par exemple, les sulfures de phosphore. C’est le phosphore ordinaire qui semble exister dans les sulfures inférieurs liquides P-*S et P 2 S. Ils n’ont jamais été obtenus qu’au moyen du phosphore ordinaire ; l'union de celui-ci avec le soufre donne un dégagement de chaleur si peu marqué qu’il ne peut guère avoir changé d’état. Ces sulfures offrent de grandes analogies physiques avec le phosphore, ordinaire. Ils s’altèrent facilement par l’air ou l’eau. Enfin, quand on les chauffe, ils se transforment en d’autres sulfures avec un violent dégagement de chaleur qui rappelle celui du changement allotropique de phosphore.

(i) Encyclopédie chimique, article Phosphore.

Au contraire, dans les sulfures supérieurs P 4 S 3 , P 2 S 3 et P 4 S 5 , c’est le phosphore rouge qui semble exister. On n’obtient ces corps par voie directe qu’en partant du phosphore rouge. Ils sont peu altérables par l’air ou par l’eau.

Cette question se retrouve dans l’examen des autres composés du phosphore. L’iodure de phosphore PI 2 , en se volatilisant à la pression ordinaire, se décompose et donne des vapeurs d’iode et du phosphore rouge (Troost) (i). Quand on fait réagir à froid du mercure sur la dissolution d’iodure dans le sulfure de carbone, c’est du phosphore rouge qui se dépose (Wurtz) (2). O11 a vu plus haut enfin qu’une petite quantité d’iode transforme en phosphore rouge une grande quantité'de phosphore ordinaire, ce qui s’explique, d’après M. Brodie, par la formation d’uniodure contenant le phosphore à l’état du phosphore rouge et se décomposant immédiatement.

M. Gautier, en étudiant les composés ternaires de phosphore, d’hydrogène et d’oxygène, a été .amené à admettre que le phosphore s’y trouve à l’état de phosphore rouge. Il cite à l’appui de son opinion l’analogie des propriétés physiques et chimiques de ces corps avec le phosphore rouge; leur facilité à se produire sous l’influence des corps riches en iode; la facilité avec laquelle la chaleur leur enlève le phosphore ; la richesse de ces composés en phosphore, qui semble indiquer que les atomes de phosphore doivent se saturer eux-mêmes et s’unir en un ou plusieurs groupes comme cela a lieu, d’après l’auteur, dans la molécule du phosphore rouge.

(1) Ann. dechim. et phys. ( 3 ), XLI 1 .

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