‹ De l'aluminiumChapitre 26 sur 47 · LA CRYOLITE ET SON EMPLOI · texte numérisé non relu

LA CRYOLITE ET SON EMPLOI

Rédiietioii de 1» cryolite. — Voici comment Oïl peut opérer pour réduire la cryolite : On la pulvérise et on la mélange avec la moitié de son poids de sel marin; on met cette poudre dans un creuset de porcelaine par couches, en alternant avec des plaques de sodium jusqu’à ce que le creuset soit plein à peu près. La dernière couche doit être composée de cryolite pure qu’on recouvre avec du sel marin. On chauffe rapidement jusqu’à fusion parfaite, et on laisse refroidir après avoir agité la matière avec une baguette de terre cuite ou un tuyau de pipe. En cassant le creuset, on trouve le plus souvent l’aluminium réuni en gros globules faciles à séparer. Il contient presque toujours du silicium, ce qui augmente encore la teinte bleuâtre du métal et s’oppose à son blanchiment par l’acide nitrique, à cause de l’insolubilité du silicium dans l’acide.

M. H. Rose opère également dans un creuset de fer et obtient quelquefois de l’aluminium pur, auquel il a trouvé les propriétés que j’ai assignées à ce métal; mais quelquefois aussi le métal est très-ferrugineux.

La cryolite, étant un fluorure double d’aluminium et de sodium, est décomposée par le sodium, qui remplace en totalité ou en partie le métal terreux, en donnant naissance à du fluorure de sodium.

J’ai vérifié toutes les observations de M. Rose, et je suis bien d’accord avec lui sur tout ce qui concerne le rendement de la cryolite, soit naturelle, soit artificielle, que j’ai toujours trouvé très-faible, surtout pour la dernière de ces substances. Il se produit toujours dans ces opérations des flammes brillantes qu’on observe dans le bain ou scorie qui surnage l’aluminium, et qui sont dues à des gaz dont la présence est démontrée par le soulèvement des croûtes salines qui couvrent la matière au moment où

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elle se solidifie : ces gaz vieimenl brûler a la siiriace, en exhalant une odeur de phosphore très-prononcée. 11 existe, en effet, du phosphore, ou plutôt de l’acide phosphorique dans la cryolite, comme on peut le voir en traitant une dissolution de ce minéral dans l’acide sulfurique, par le réactif deM. H. Rose, le molyhdate d’ammoniaque. Ces gaz combustibles ont été même souvent observés pendant la fusion du fluorure de potassium pur dans un creuset de platine ; ce qui doit faire croire que le fluor et non l’aluminium est indispensable pour déterminer leur production.

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— La facilité avec laquelle l’aluminium se réunit dans les Iluorures tient sans doute a la propriété que possèdent ceux-ci de dissoudre l’alumine que l’humidité adhérente au chlorure d’aluminium dépose à la surface des globules, au moment de leur formation, et que le sodium est impuissant à réduire.

J’avais éprouvé de très-grandes difficultés a obtenir de petites quantités d’aluminium mal réuni en faisant réagir du sodium sur le chlorure double d’aluminium et de sodium ; M. Rammelsberg, qui m’a dit avoir fait souvent la même tentative, a échoué comme moi. Mais je me suis assuré par une analyse scrupuleuse que la quantité d’aluminium produite par le sodium est exactement celle que la théorie indique, quoiqu’il soit impossible de trouver comme résultat dans la plupart des opérations autre chose qu’une poudre grise, se résolvant au microscope en une myriade de petits globules métalliques. C’est tout simplement que le chlorure double d’aluminium et de sodium est un très-mauvais fondant de l’aluminium. MM. Morin, Debray et moi, nous avons entrepris de corriger ce mauvais effet par l’introduction d’un dissolvant de l’alumine

LA CÜYOLITE LT SOIN LMl'LOl.

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dans les scories salines qui accompagnent l’aluinininin au moment de sa formation.

D’abord nous avons trouvé un grand avantage à condenser directement dans le sel marin, placé à cet effet dans un creuset chauffé au rouge sombre, les vapeurs de chlorure d’aluminium préalablement purifié par le fer. Nous avons produit ainsi, avec des matières premières très-colorées, un chlorure double très-blanc et qui nous a toujours fourni a la réduction un métal de très-belle apparence.

Nous avons ensuite introduit du fluorure de calcium dans la composition des mélanges a réduire, et nous avons toujours obtenu de bons résultats avec les proportions suivantes :

Chlorure double d’aluminium el de sodium . f\oo grammes.

Sel marin 200 »

Fluorure de calcium . . 200 »

Sodium de 75 à 80 ))

Le chlorure double doit être fondu et chauffé presque au rouge sombre au moment où on l’emploie, le sel marin calciné au rouge ou fondu, et le fluorure de calcium pulvérisé et fortement desséché. On mélange à l’avance le chlorure double et le sel marin grossièrement pilés et le fluorure de calcium, et on alterne couches par couches les morceaux de sodium et la matière saline dans un creuset. Bien entendu, on termine par une couche de mélange et on recouvre le tout de sel marin pulvérisé.

On chauffe doucement d’abord jusqu’à ce que la réaction soit terminée, et ensuite a une chaleur voisine de la fusion de l’argent, mais sans l’atteindre. Le creuset, ou du moins toute la partie qui contient le mélange, doit avoir une teinte rougii uniforme el la matière doit être parfaiteuKuil liquide. On l:i brasse alors jiendant long-

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