LA CRYOLITE ET SON EMPLOI
La cryolile est, en effet, un fluorure double d’aluminium, dont la formule
AL FL, 3 Na Fl
qui donne :
Fluor 54,5
Aluminium.... i3,o Sodium 32,5
était parfaitement connue et que j’ai vérifiée par quelques analyses.
Cfyoïite strtificÂeile. — On peut reproduire artificiellement la cryolite en versant de l’acide fluorhydrique pur en excès sur de l’alumine calcinée et du carbonate de soude en quantités telles, que le sodium et l’aluminium s’y trouvent dans les proportions où ils existent dans la cryolite. En desséchant et fondant le mélange, on a une matière limpide et homogène qui présente tous les caractères extérieurs de la cryolite fondue. Je n’en ai pas encore fait l’analyse, mais le poids de la substance ainsi produite est tel, qu’on doit nécessairement supposer que l’alumine et la soude ont perdu tout leur oxygène pour se transformer en fluorure. Cette cryolite, comme la cryolite naturelle, donne de l’aluminium lorsqu’on la réduit par le sodium; elle en donne encore sous l’influence d’un courant électrique, ce que ne ferait pas un mélange d’alumine et de fluorure de sodium fondus ensemble. En effet, on s’aperçoit facilement que l’alumine se dissout en petite quantité dans le fluorure de sodium, mais y reste à l’état d’alumine; car un courant électrique qui traverse le mélange d’alumine et de fluorure de sodium bien fondu, donne du sodium et du fluor. Cette expérience, qui réussit encore mieux lorsqu'on emploie un mélange de fluorure de sodium et de fluorure de potassium , prouve encore que l’alumine
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n’est, à la température rouge, décomposée ni par le
sodium ni par le potassium.
Si l’on chauffe du chlorure d’aluminium avec du lluorure de potassium en excès, on obtient un liquide limpide, d’une fluidité remarquable, et qui, sous ce rapport, ressemble à la cryolite. Quand, après le refroidissement, on reprend par l’eau, on dissout du chlorure et du fluorure de potassium, mais la liqueur ne contient pas traces d’une combinaison soluble de l’aluminium. Le résidu est évidemment ou de la cryolite potassique, ou du fluorure d’aluminium.
Il en est de même quand on remplace le fluorure de potassium par le fluorure de sodium ; seulement, le fluorure de sodium est si peu soluble, qu’on a grand’ peine à en débarrasser, par le lavage, le fluorure double de sodium et d’aluminium.
Enfin on obtient quelque chose d’analogue quand on fond ensemble du chlorure double d’aluminium et de sodium et du fluorure de calcium. En reprenant par l’eau, on dissout des quantités considérables de chlorure de calcium et très-petites de chlorure d’aluminium, si l’on n’a pas mis un excès de celui-ci ; ce qu’il faut faire néanmoins pour avoir un résultat net. Le résidu insoluble se compose presque exclusivement de fluorure d’aluminium qu’on peut en extraire par la volatilisation, et d’un peu de fluorure de calcium dont la quantité dépend des proportions de chlorure double et de spath fluor mis en présence.
Je n’ai jamais fait d’expériences sur une grande échelle pour étudier la réduction de la cryolite par le sodium. M. H. Rose a publié, sur ce sujet, un article qui a été reproduit dans les Annales de Chimie et de Physique, et dans lequel la question est parfaitement traitée. J’en extrairai les détails qui vont suivre.