IL - SODIUM
La méthode adoptée pour la fabrication du sodium est exactement celle que j’ai décrite déjà. Les appareils seuls ont été changés.
Les expériences de Javel pour la fabrication continue du sodium, celles que nous avons tentées à la Glacière, nous ont démontré de la manière la plus nette la nécessité absolue d’une protection efficace pour les cylindres de fer, car sans cette protection la méthode est impraticable avec économie. Or les études relatives à cette question sont très-coûteuses, parce qu’un accident partiel suffit pour arrêter la marche d’un four contenant un grand nombre de cylindres et pour compromettre l’existence du four lui-même.
Nous avons donc pensé que, dans une fabrication restreinte à ïoo ou même 200 kilogrammes d’aluminium par mois, il valait mieux employer des appareils plus petits, indépendants les uns des autres et plus faciles à remplacer.
Aussi le mode actuel de production est-il provisoirement fondé sur l’emploi de tubes de fer d’une faible épaisseur et d’une fabrication tellement facile, qu’elle peut s’exécuter à peu de frais dans l’usine même.
On prend une feuille de tôle qu’on recourbe sur une machine à cintrer et dont on rive les bords pour en faire
MODE DE PRÉPARATION SUIVI A NANTERRE. I2l
un cylindre. Cet appareil, fermé à ses deux extrémités par des tampons de fonte dont l’un est percé d’un trou pour laisser passer un tube de fer, est assez exactement représenté par le cylindre PO de la fig. 8, à la dimension près, qui est ordinairement plus petite. On peut chauffer ce tube plein du mélange à sodium dans un fourneau de la forme représentée dans la fig. i; seulement il faut avoir soin de pratiquer une ouverture aux parois opposées du four pour que les tampons de fonte qui forment les cylindres soient a l’extérieur du fourneau. On comprendra facilement cette nécessité, la température a laquelle les cylindres eux-mêmes sont soumis étant supérieure à la température de fusion de la fonte.
Nous chauffions d’abord ces cylindres dans un four à vent alimenté par du coke; mais, au moyen d’une disposition fort simple, M. Paul Morin a appliqué le chauffage à la flamme et par rayonnement du combustible à ces nouveaux appareils.
On peut se faire une idée complète de ce four au moyen de la fig. 7, qui représente deux cylindres T, T placés à une assez grande distance du foyer, lequel est disposé de telle sorte, qu’on peut introduire le combustible sur la grille au moyen d’une ouverture latérale K. Des carneaux placés convenablement à droite et à gauche des cylindres mènent les gaz de la combustion dans la cheminée. Le four de M. Morin contient deux cylindres.
En général les cylindres servent a deux ou trois opérations.
Tout ce que j’ai dit relativement à la fabrication en bouteilles à mercure est immédiatement applicable à la fabrication en cylindres de cette espèce, dont les capacités peuvent varier depuis 2 litres juscju’à 6 et 8 litres, sans que rien soit changé à la manière de les employer. Je
122 ^ CHAPITRE ClJNQUlÈiME.
renverrai donc le lecteur a la partie de cet ouvrage où la
question est déjà longuement traitée.
Dans cette fabrication, nous avons adopté des récipients en fonte dont je me servais a Javel et qui sont d’un excellent usage. La tête de ces récipients est cylindrique et tient uniquement à une des valves A de l’appareil, 2). La valve A' est taillée en biseau du côté de l’extrémité G, de manière a venir s’appuyer sur la tête en fonte de A. Par conséquent la gorge G est supprimée dans la valve D'A' G.