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III. - RÉDUGTION DE L’ALUMINIUM

Le traitement du chlorure double d’aluminium et de sodium par le sodium présente des difficultés d’un genre tout particulier, que nous avons abordées dans nos expériences à la Glacière par bien des côtés différents et longtemps sans réussir.

G’est surtout la nature des vases a employer dans cette réaction qui crée des obstacles qu’on aurait pu croire insurmontables. Les creusets de terre ont été d’abord essayés, puis rejetés à cause de l’action destructive qu’exercent sur eux le sodium, l’aluminium et la seorie elle-même, pour peu qu’elle contienne des matières fluorées. Des creusets de fonte de grande dimension, munis d’ouverture a la partie inférieure pour pouvoir couler les substances qu’on y renfermait et cbauffés à la flamme, n’ont pas mieux réussi. L’aluminium se combinant au fer en sortait impur, et les vapeurs acides qui s’exhalent du bain de scorie attaquant la fonte rendaient la scorie ellemême dangereuse pour la pureté du métal.

G’est alors que nous avons songé a faire la réduction simplement sur la sole d’un four a réverbère, comptant sur la réaction immédiate du sodium sur le chlorure pour

faire disparaître tout de suite ces deux matières éminemment altérables au contact des gaz de la combustion. Cette prévision a été réalisée dans la pratique avec un succès inespéré.

On fait aujourd’hui cette opération sur une échelle relativement considérable à l’usine de Nanterre, et jamais, depuis le commencement de ces opérations, une réduction n’a manqué, et les résultats qu’elle donne sont toujours identiques. Le four dont nous nous servons a toutes les dimensions relatives d’un four à soude. C’est en effet à peu près la chaleur produite dans ces appareils qu’il faut développer pour que l’opération réussisse. Les dimensions absolues sont d’ailleurs variables avec la quantité d’aluminium qu’on veut obtenir dans chaque opération et ne sont pas limitées. Avec une sole de i mètre carré de surface, on peut réduire de 6 a lo kilogrammes d’aluminium. Comme chaque opération dure environ quatre heures et qu’on peut recharger le four immédiatement après l’évacuation des matières qu’on y a traitées, on voit qu’avec une sole aussi petite on fabriquerait, en vingt-quatre heures, 6o à loo kilogrammes d’aluminium sans la moindre difficulté. Sous ce rapport, je crois le problème industriel parfaitement résolu.

Les proportions que nous employons sont celles-ci :

Chlorure double d’aluminium et de

sodium concassé lo parties.

Fluorure de calcium 5 »

Sodium en lingots . 2 »

Comme l’aluminium est encore très-cher, il faut diriger toute son attention sur le rendement des matières employées, et sur ce point il y a encore bien des progrès à faire. Nous avons constaté maintes fois que le ïamdemeni

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était toujours un peu meilleur, et la réunion du métal en un seul culot un peu plus facile quand on substituait au iluorure de calcium la cryolite, dont le prix, après avoir été considérable, s’est abaissé dans ces derniers temps jusqu’à 35 francs les loo kilogrammes. C’est pourquoi nous nous servons aujourd’hui de cryolite au lieu de Iluorure de calcium dans les mêmes proportions.

Chlorure double lo parties.

Cryolite 5 »

Sodium 2 »

Nous retrouvons du reste l’alumine de cette cryolite dans les scories.

Le chlorure double et la cryolite pulvérisés sont mélangés avec le sodium coulé en petits lingots, et le tout est jeté sur la sole du four que l’on a chauffé à l’avance.

Les registres du four sont alors fermés pour empêcher autant que possible l’accès de l’air.

Bientôt une réaction très-vive se manifeste avec production d’une quantité de chaleur telle, que les parois du four et la matière elle-même sont portées au rouge vif. La fusion du mélange s’opère'presque complètement sous cette influence. Cependant il faut ouvrir les registres, rendre la flamme sur la sole de manière à échauffer également toute la masse des scories et à réunir l’aluminium. Quand on juge l’opération finie, on coule par une ouverture faite à la face postérieure du four et on reçoit la scorie dans des bâches de fonte. A la fin de la coulée arrive l’aluminium en un seul jet qui vient se réunir à la partie inférieure de la scorie encore liquide qui s’est écoulée avant lui. L’aluminium ainsi formé se réunit en une seule masse qui souvent, dans nos opérations, pèse de 6 à 8 kilogrammes. Cependant on doit pulvériser la scorie

MODE DE PRÉPARATION SUIVI A NANTERRE. 10:5 grise qui est venue la dernière et la passer au tamis pour en retirer quelquefois 2 à 3oo grammes de globules répartis dans une centaine de kilogrammes de scories. Cette pulvérisation est en tout cas indispensable dans le traitement subséquent de ces matières pour en obtenir l’alumine. La scorie est de deux sortes : l’une fluide et légère qui recouvre le bain; elle est très -riche en sel marin; l’autre, moins fusible et pâteuse, de couleur grise, qui est plus dense et qui est au contact de l’aluminium. La matière colorante est du charbon provenant soit du sodium, soit de l’huile dont il est imprégné, soit enflu des fumées de la bouille. J’attribue l’état un peu pâteux de cette scorie à de l’alumine que les fluorures dissolvent bien, mais en perdant leur fluidité.

On sait déjà que cette scorie est en grande partie coin-' posée de sel marin et de fluorure d’aluminium dans les proportions suivantes :

Sel marin 60

Fluorure d'aluminium /^o

Quand on lave cette scorie, le sel se dissout, et il reste du fluorure d’aluminium, un peu de cryolite et de l’alumine. C’est l’alumine qui a été dissoute ou retenue par le bain de fluorure.

On remarquera que le bain de scories ne contient pas d’autre fluorure que le fluorure d’aluminium, qui n’attaque les creusets de terre et les matières siliceuses en général qu’a une température très-élevée. C’est pour cela que la sole et les différentes parties de notre four résistent avec une facilité extrême â une scorie fluorée uniquement composée de fluorure d’aluminium, leijuel n’a pas la propriété de se

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